FLASH INFO – Quel impact a l’altitude sur la santé des enfants? Telle est la question à laquelle veut répondre l’étude que mène, depuis le 1er octobre 2023, Expédition 5300. Un projet porté par la chaire Mas (Montagne, altitude et santé) de la Fondation Université Grenoble-Alpes, avec le concours du CHU Grenoble-Alpes, du laboratoire HP2, de l’Inserm, ou encore des universités de Lyon et de Poitiers.
Le Pérou, pays de hauts sommets s’il en est, accueille une étude sur l’impact de l’altitude sur la santé des enfants. Au programme? Une série de missions qui « auront pour objectif d’évaluer, du point de vue hématologique, cardiorespiratoire et cognitif, les enfants de différentes altitudes au Pérou (Régions de Puno, Cusco et La Rinconada)« , explique Expédition 5300. Ceci avec « une attention particulière […] à l’identification des risques liés à l’anémie, à la déficience en fer, ainsi qu’aux signes du mal chronique des montagnes« .
Les missions entendent ainsi « établir le risque d’anémie chez les enfants en haute altitude« , « évaluer le statut martial de ces enfants« , « analyser le métabolisme du fer chez les enfants en fonction de leur altitude de résidence » et « établir un lien entre le développement des enfants en haute altitude et leur statut cardiovasculaire et neurocognitif« .
Autant d’études « au service d’une population unique au monde« , à savoir les habitants de La Rinconada, ville la plus haute du monde, dont 25 % des habitants souffrent du mal chronique des montagnes.

L’étude sur l’impact de l’altitude sur la santé des enfants porte sur la population de La Rinconada, ville la plus haute du monde, située au Pérou. © Axel Pittet
Des premières études, menées en 2019, avaient permis « de mesurer des valeurs physiologiques hors normes […], par exemple du point de vue hématologique, avec des masses d’hémoglobine (jusqu’à plus de 2 kg) ou des niveaux d’hématocrite (jusqu’à plus de 80 %) records chez les habitants de La Rinconada« , précisent les chercheurs.
Des valeurs supérieures à celles observées dans des populations andines ou himalayennes, qui ne vivent “qu’à” une altitude 4000 mètres maximum, quand La Rinconada se situe entre 4750 et 5300 mètres.
Autres résultats des premières études: celles-ci « ont également permis d’objectiver qu’avec de telles quantités de globules rouges, le sang devient excessivement visqueux. Ceci a pour conséquence d’augmenter fortement le travail du coeur et des vaisseaux pour arriver à faire circuler un tel sang vers les différents organes« . D’où le syndrome du mal chronique des montages, qui « peut handicaper sévèrement ces habitants et se transformer en problèmes de santé sévères« .







