FLASH INFO – « Identifier des voies alternatives pour préserver et restaurer la biodiversité, par de nouvelles pratiques et grilles de lecture« . Tel est l’objectif revendiqué du dialogue engagé entre « experts occidentaux » et membres du peuple autochtone de Colombie Kogi. Un dialogue engagé en 2018 et qui connaîtra une nouvelle étape à Grenoble, lundi 9 octobre, à l’occasion d’une rencontre ouverte au public… mais d’ores et déjà complète.
« Si les peuples autochtones ne représentent que 5 % de la population mondiale, ils gèrent au moins 25% de la surface terrestre où se concentrent 80 % de la biodiversité« , rappelle l’association Tchendukua – Ici et Ailleurs, à l’initiative de la rencontre. Parmi eux, le peuple Kogi « joue un rôle essentiel dans la protection de la biodiversité et des écosystèmes de la Sierra Nevada de Santa Marta« , ajoute-t-elle. À tel point que son savoir ancestral a été classé au « patrimoine culturel immatériel de l’humanité » en 20221Aux côtés de trois autres peuples autochtones: les Arhuacos, les Kankuamos et les Wiwas..
Depuis le 25 septembre et jusqu’au 17 octobre, cinq représentants du peuple Kogi et une cinquantaine de scientifiques européens sont en France pour « partager leurs connaissances et mener ensemble un diagnostic de la santé de territoires fragilisés« . Outre la Corse et l’Île-de-France, la vallée du Rhône est concernée par le projet. Avec une halte à Grenoble le 9 octobre, où les Kogis échangeront avec des lycéens et collégiens ainsi qu’avec les jeunes du projet Émergences, avant de participer à la rencontre prévue le soir.

Trois hommes Kogis. Une délégation du peuple autochtone colombien est attendue à Grenoble lundi 9 octobre. DR
La délégation Kogi, menée par le gouverneur Arregocés Conchacala Zarabata, ne sera pas seule présente. Sont également annoncés le géographe Éric Julien, les naturalistes Béatrice Kremer-Cochet et Gilbert Cochet, l’anthropologue et écrivaine Nastassja Martin, la physicienne Nastassja Martin, l’ingénieur cartographe Mauricio Montaña, et le mathématicien (et ancien député) Cédric Villani.
Le diagnostic réalisé sur le Bassin du Rhône mène les scientifiques et les Kogis de la source du fleuve à son embouchure, de Lyon à Lausanne en passant par Grenoble ou Genève, avec cette même volonté d’aller à la rencontre des populations, et particulièrement des jeunes. Ce tout en menant une expertise de terrain. Un premier déplacement dans la Drôme aurait en effet démontré que cette expertise est « véritablement opérative [et que les Kogis] disposent de connaissances complémentaires à celles des scientifiques« .









