FLASH INFO – Le réquisitoire du représentant du ministère public avait été pour le moins sévère… mais les juges en ont décidé autrement dans leur avis rendu le mercredi 9 août 2023. Attaqués par diffamation par Hervé Vouaillat, chirurgien grenoblois lui-même accusé d’opérations injustifiées, Jean-Marc Morandini, Guillaume Périer et les sociétés de production Ne zappez pas et Carson prod ont été purement et simplement relaxés.
L’affaire remonte au 5 octobre 2020, quand un reportage diffusé sur NRJ 12, dans le cadre de l’émission Crimes et faits divers animée par Jean-Marc Morandini, avait présenté le témoignage d’une victime d’un « chirurgien de l’horreur » grenoblois, désigné comme le « docteur V« . Si le chirurgien s’était trompé de hanche, NRJ 12 se trompait… de chirurgien. Le témoignage en question, initialement diffusé sur France 3 en 2018, concernait en effet un praticien de la clinique Belledonne, et pas le docteur Hervé Vouaillat.
Si c’est en tant qu’animateur de l’émission Crimes et faits divers que Jean-Marc Morandini était attaqué pour diffamation, Guillaume Périer l’était pour sa part en tant que directeur de NRJ 12 au moment des faits. Lors de l’audience du mercredi 14 juin 2023, le procureur de la République adjoint, François Touret de Coucy, avait estimé la plainte « justifiée » et avait requis 10 000 euros d’amende pour les deux mis en cause, plus 50 000 euros pour les deux sociétés de production.

Sabrina Goldman et Richard Malka, défenseurs de Jean-Marc Morandini et Guillaume Périer, lors de l’audience du 14 juin 2023. Les avocats n’étaient pas présents pour l’exposé de la décision des juges. © Manuel Pavard – Place Gre’net
Les avocats de Jean-Marc Morandini et Guillaume Périer, respectivement Sabrina Goldman et Richard Malka, avaient pour leur part rappelé que le docteur Vouaillat était mis en cause pour des faits graves, et fait valoir leur refus de lui octroyer le statut de victime. Richard Malka, connu pour être le défenseur de Charlie Hebdo, avait également souligné la sévérité du réquisitoire du ministère public, évoquant « le record de France de la condamnation pour diffamation« .
Un record de France qui ne sera pas homologué… Dans leur décision, les juges ont considéré que la plainte du docteur Hervé Vouaillat n’entrait pas dans le cadre de la (fameuse) loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Une décision rendue sur la forme et non sur le fond, puisque c’est une question de délai de dépôt de plainte qui provoque la nullité de la requête. Jean-Marc Morandini et Guillaume Périer, de même que les deux sociétés de production, sont donc de facto relaxés.








