FLASH INFO – Mardi 11 juillet 2023, le Sénat a a approuvé le texte des députés sur une refonte du RSA… en allant plus loin que l’Assemblée nationale. Alors que le projet de loi prévoit un contrat d’engagement entre l’allocataire et Pôle Emploi, assorti de possibles sanctions en cas de non-respect, les sénateurs ont rajouté 15 heures d’activité hebdomadaires obligatoires. De quoi susciter la colère d’Alain Guézou, président de l’association RSA 38.
Le militant de longue date de la cause des précaires n’hésite pas à comparer le vote des sénateurs du 11 juillet 2023… à celui des parlementaires qui, le 10 juillet 1940, accordaient les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Aux yeux d’Alain Guézou, président de RSA 38, les sénateurs « s’illustrent de nouveau en actant dans la loi française ces trois lettres infamantes que [sic] l’ensemble des travailleurs se souviennent encore, à savoir STO pour service du travail obligatoire« .
Alain Guézou reproche à Catherine Deroche, présidente de la commission des affaires sociales du Sénat et membre des Républicains, de ne « pas avoir pris la peine de consulter les premiers intéressés, c’est-à-dire nous, les travailleurs pauvres« . « Votre nom sera lié à ce qu’il y a de pire comme injustice sociale, à savoir la méconnaissance de la réalité quotidienne des allocataires du RSA et donc le mépris inacceptable de classe à notre égard« , ajoute-t-il.

Sur l’impulsion des sénateurs de droite et sans les voix de la gauche, le Sénat a adopté des heures d’activité hebdomadaires obligatoires pour les allocataires du RSA, suscitant la colère d’Alain Guézou, président de RSA 38. © Public Sénat
Le ministre du Travail Olivier Dussopt n’est pas épargné, accusé par Alain Guézou de « privilégier la logique comptable« . Et ce dernier de renvoyer au ministre l’expression des « sans dents« , prêtée à François Hollande. Si le ministre du Travail est favorable à des heures d’activité obligatoires, en les considérant comme un objectif individuel, il indiquait toutefois en mai 2023 (notamment cité par Le Figaro) qu’elles ne seraient pas présentes dans la loi. Sans que le gouvernement ne s’oppose aux modifications apportées par les sénateurs.
« Les temps changent et maintenant que vous avez semé la graine de la colère sociale, ne vous étonnez pas si nous vous demanderons prochainement des comptes devant la nation« , conclut Alain Guézou. En 2013, le président de RSA 38 avait porté la voix des allocataires lors d’une marche de Grenoble à l’Élysée, puis en 2016 de Grenoble à la Commission européenne à Bruxelles. Peu avant, il s’était opposé au principe de « réciprocité« pour les allocataires, mis en place par le Département de l’Isère, dont la vice-présidente Frédérique Puissat est aujourd’hui sénatrice LR.








Une réflexion sur « Alain Guézou, président de RSA 38, dénonce avec force les heures d’activité obligatoires pour les allocataires du RSA votées par le Sénat »
Ah ben oui, 15h de boulot par semaine c’est Pétain. 16h c’est Hitler ?