FOCUS – Un entretien du directeur de la MC2 Grenoble publié dans L’Obs en mai 2023 a mis le feu aux poudres. Le problème ? Arnaud Meunier s’y vante d’être attentif à la « qualité de vie au travail » et d’incarner une « révolution dans le secteur de la culture » en matière de management. Ce qui n’est manifestement pas l’avis de quarante salariés – soit les deux tiers du personnel – de la scène nationale, qui ont décidé de donner leur version sous forme de lettre ouverte. Ils y dénoncent un « management autoritaire« , responsable d’un « mal-être physique et mental subi par les équipes » atteignant un « niveau alarmant ».
Dans une lettre ouverte adressée au conseil d’administration ainsi qu’à la présidente de la MC2 Grenoble, à savoir la conseillère métropolitaine Laëtitia Rabih, quarante salariés de l’établissement culturel, classé scène nationale, dénoncent « une technique de management autoritaire et infantilisante instaurant un climat de peur« .
Le courrier, en date du lundi 5 juin 2023, se veut une réponse à l’entretien accordé au directeur Arnaud Meunier dans les colonnes de L’Obs, publié mi-mai. Le même qui, une semaine après son arrivée effective à la tête de la MC2 début 2021, avait “remercié” quatre cadres recrutés par l’ex-directeur Jean-Paul Angot, dont deux l’ont attaqué aux Prud’hommes et dont les affaires sont en cours. Une affaire qu’avait relatée Place Gre’net, ce qui lui avait valu des représailles1 Arnaud Meunier, n’ayant pas apprécié que l’on relate ces licenciements, s’était en effet assis sur les engagements de son prédécesseur concernant une campagne de communication prévue sur Place Gre’net.
Dans son interview accordée à L’Obs, Arnaud Meunier explique « modestement » incarner « une triple révolution dans le secteur de la culture« . Outre une ouverture aux « nouvelles valeurs de la société« , le directeur met en avant le besoin de « développer une vraie politique de ressources humaines, comme dans toute entreprise« , et de « faire évoluer [le] modèle économique » de la MC2.
Un nouveau mode de management dans le secteur de la culture?
« Il est loin le temps où, à la fin des années 1990, je me défonçais comme un fou dans des stages et où je ne songeais pas à demander à être rémunéré« , juge Arnaud Meunier. Le directeur de la MC2 décrit des salariés qui, désormais, « se montrent très [attentifs] à la qualité de vie au travail, réclament des horaires décents, des possibilités de télétravail, sont [vigilants] sur la manière dont on s’adresse à [eux]« .
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