REPORTAGE VIDÉO – À l’occasion de la quatorzième journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, mardi 6 juin 2023, quelque quarante activistes d’Alternatiba / ANV-Cop21 et d’Attac ont occupé l’agence BNP Paribas de la place Victor-Hugo, à Grenoble. Objectif : dénoncer l’évasion fiscale pratiquée par la banque, ainsi que ses investissements dans les énergies fossiles.
Déguisés aux couleurs du Panama, du Luxembourg, de la Suisse ou de l’Irlande, ils sont entrés un par un dans l’agence BNP Paribas de Victor-Hugo, à Grenoble, accueillis par la haie d’honneur de leurs camarades « fêtant » bruyamment et ironiquement les profits réalisés dans ces paradis fiscaux. Près de quarante activistes d’Alternatiba / ANV-Cop21 et d’Attac Isère ont participé, ce mardi 6 juin 2023, à cette action festive et revendicative destinée à dénoncer l’évasion fiscale pratiquée par la banque.
Les deux organisations avaient délibérément placé cette occupation dans le cadre de la journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites. En effet, « le gouvernement utilise le prétexte du manque de moyens pour faire passer une réforme des retraites et nous faire travailler deux ans de plus alors qu’il suffirait d’aller chercher l’argent où il est, c’est-à-dire dans la poche des plus riches et dans les paradis fiscaux« , souligne Adrien, porte-parole d’ANV-Cop21, lors de son intervention au micro.
Un manque à gagner annuel de 80 à 100 milliards d’euros
De fait, selon Solidaires Finances publiques, ce sont 80 à 100 milliards d’euros qui échappent chaque année à l’impôt à cause de banques comme BNP Paribas. Un manque à gagner qui « représente 10 % du budget de l’État en 2022 ou encore le budget de l’Éducation nationale« , précise Cyril, membre d’Attac Isère.

Cyril, militant d’Attac Isère, a présenté au micro les conséquences de l’évasion fiscale que pratique notamment BNP Paribas. © Manuel Pavard – Place Gre’net
« On veut nous faire croire qu’on ne peut pas lutter contre l’évasion fiscale« , poursuit-il, évoquant les propos « d’Emmanuel Macron [qui] la justifie par rapport à la concurrence avec les autres pays du monde« . Mais pour Cyril, « l’optimisation fiscale, c’est moins de redistribution des richesses, des moyens en moins pour notre système social et pour une bifurcation écologique qui, pour être sociale, a besoin de moyens financiers« .
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