FLASH INFO – « Ce n’est pas parce qu’un panel de 185 citoyens, pour l’immense majorité en bonne santé, estime que le suicide assisté ou l’euthanasie peuvent être la bonne solution que nous devons baisser les bras! » Ainsi s’exprimait Augustin Cathignol, porte-parole du collectif Soulager mais pas tuer Isère, à l’occasion d’un rassemblement organisé place Grenette à Grenoble le mardi 4 avril 2023.
Les 185 citoyens en question? Ceux qui composaient la Convention citoyenne sur la fin de vie, dont les conclusions ont été rendues récemment, amenant le président de la République à annoncer un projet de loi. Pour le collectif Soulager mais pas tuer, une telle perspective est incompatible avec « une société qui protège les plus vulnérables de ses membres« . Ce qu’il a symbolisé en formant un cercle humain, avant de scander le slogan « Je vis, donc je suis« .
Des actions similaires ont eu lieu dans plusieurs villes de France, dans le but de faire entendre la voix de ceux qui s’opposent à « l’aide active à mourir« , formule que le collectif dénonce comme trompeuse. « Nous sommes ici pour affirmer haut et fort que personne n’est indigne de vivre. Personne ne devrait se sentir trop coûteux pour la société. Personne ne devrait jamais se sentir comme inutile« , lance encore son porte-parole.

Augustin Cathignol, porte-parole du collectif Soulager mais pas tuer, a pris la parole pour dénoncer l’idée d’une « aide active à mourir ». © Florent Mathieu – Place Gre’net
Le collectif est-il porté par des motivations idéologiques ou spirituelles? « C’est une question qui concerne tout un chacun. Ce n’est pas religieux, pas politique, pas spécialement médical, c’est vraiment civique et humain« , assure à Place Gre’net Augustin Cathignol. Lui-même, en 2021, militait activement contre la PMA, et tenait déjà le rôle de porte-parole pour l’association Alliance Vita, opposée à l’avortement comme à l’euthanasie, en 2019.
Pour Augustin Cathignol et le collectif qu’il représente, poser dans la loi la question de l’aide active à mourir consiste à mettre les plus faibles face à la question de leur propre mort. « Toute personne éligible, en fin de vie et pas très bien portante, va être obligée de se poser la question: “Est-ce que je deviens un poids?” » De quoi « pousser vers une forme d’auto-exclusion toutes les personnes vulnérables de notre société« , ajoute le militant.
L’opinion publique semble pourtant favorable à une évolution de la législation. Mais Augustin Cathignol juge les enquêtes biaisées par des questions orientées, mettant en avant des situations de souffrance qui ne pourraient pas être soulagées. « Alors que c’est faux, dans l’immense majorité des cas!« , estime-t-il, en prônant « l’accompagnement » pour les « 0,3 % de patients en fin de vie qui demandent de façon répétée l’euthanasie ou le suicide assisté« .









