Pierre Bonnard, Trouville, la sortie du port, entre 1938 et 1945. Huile sur toile. Paris, Musée d’Orsay. Dépôt au Centre Pompidou - Musée national d’art moderne, Paris Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / image RMN-GP

Pierre Bonnard, peintre de la lumière, au Musée de Grenoble jus­qu’à fin jan­vier 2022

Pierre Bonnard, peintre de la lumière, au Musée de Grenoble jus­qu’à fin jan­vier 2022

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FOCUS – Besoin de lumière en cette période hiver­nale ? L’exposition Bonnard, Les Couleurs de la lumière reste visible jus­qu’au 30 jan­vier 2022 au Musée de Grenoble. Une riche expo­si­tion qui per­met de plon­ger dans le pro­ces­sus créa­tif et l’u­ni­vers de l’ar­tiste de son enfance au Grand-Lemps au cré­pus­cule de sa vie.

« Nous avons com­mencé à tra­vailler sur ce pro­jet juste avant le pre­mier confi­ne­ment. On ima­gi­nait vrai­ment cette expo­si­tion comme une sorte de cadeau que l’on ferait aux visi­teurs, une fois sorti de cette sale affaire », se sou­vient Guy Tosatto. Le direc­teur du Musée de Grenoble évoque ainsi l’ex­po­si­tion dédiée à Pierre Bonnard, Les Couleurs de la lumière, réa­li­sée en par­te­na­riat avec le Musée d’Orsay et encore visible jus­qu’au 30 jan­vier 2022.

De gauche à droite, Isabelle Cahn, Guy Tosatto et Sophie Bernard. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Isabelle Cahn, Guy Tosatto et Sophie Bernard. © Florent Mathieu – Place Gre’net

« Sorti de cette salle affaire », nous ne le sommes fina­le­ment pas encore. Mais contrai­re­ment à ses pré­cé­dentes expo­si­tions, notam­ment celle consa­crée à Morandi, le Musée de Grenoble n’est pas contraint de fer­mer ses portes. Et peut accueillir ses visi­teurs dans des condi­tions (presque) nor­males, à condi­tion de pré­sen­ter un pass sani­taire et de res­pec­ter le port du masque et les gestes barrières.

Un par­cours thé­ma­tique autour des sensations

Pourquoi Pierre Bonnard ? « On l’as­so­cie au Midi de la France et au Canet, mais il a des racines dau­phi­noises par son père du côté du Grand-Lemps, une mai­son fami­liale qui a beau­coup compté dans sa vie, où il a com­mencé à peindre », rap­pelle Guy Tosatto. Pour qui cette expo­si­tion est aussi l’oc­ca­sion de faire décou­vrir un peintre majeur du XXe siècle, dont le nom reste pour­tant moins connu du grand public que d’autres.

Pierre Bonnard, La Place Clichy, 1912 Huile sur toile. Paris, Centre Pompidou, musée national d’Art moderne. Dépôt au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Besançon © Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie – Photographie C. Choffet

Pierre Bonnard, La Place Clichy, 1912
Huile sur toile. Paris, Centre Pompidou, musée natio­nal d’Art moderne.
Dépôt au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Besançon
© Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie – Photographie C. Choffet

Pour mieux appré­hen­der son œuvre, Sophie Bernard, au Musée de Grenoble et Isabelle Cahn, au Musée d’Orsay, ont ima­giné un par­cours thé­ma­tique plu­tôt que chro­no­lo­gique. Du Grand-Lemps à la lumière du Midi en pas­sant par la capi­tale. Mais aussi de la pein­ture aux des­sins… et à la pho­to­gra­phie, à laquelle Bonnard s’es­saya en ama­teur. En résultent des salles riches pour une expo­si­tion dense et pleine de surprises.

Le choix d’un par­cours thé­ma­tique répond au pro­ces­sus même de créa­tion de l’ar­tiste, explique Sophie Bernard. « Ça per­met de mieux com­prendre com­ment son œuvre fonc­tionne. C’est une accu­mu­la­tion de sen­sa­tions que Bonnard a vécues, notées, et a essayé de syn­thé­ti­ser dans cha­cun de ses tableaux. On voit que dix, quinze, vingt ans après, cer­tains élé­ments reviennent dans ses œuvres », décrypte-t-elle.

De la lumière de l’en­fance de Pierre Bonnard au cré­pus­cule de sa vie

Bonnard, peintre de la lumière, repré­sente aussi le vivant dans ses tableaux, avec un goût pour les com­po­si­tions auda­cieuses. Quand ses per­son­nages semblent quit­ter le champ de la toile, ou quand les corps se confondent à la matière ou aux cou­leurs. Guy Tosatto le confesse : il lui a fallu du temps pour dis­tin­guer l’hu­main dans le tableau Intérieur Blanc, un chef‑d’œuvre que le Musée de Grenoble pos­sède pour­tant… depuis 1933.

Pierre Bonnard, La Femme au chat, vers 1912. Huile sur toile. Paris, Musée d’Orsay Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Pierre Bonnard, La Femme au chat, vers 1912. Huile sur toile. Paris, Musée d’Orsay Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Le par­cours entre les salles repré­sente encore toute l’é­ten­due de créa­tion de l’ar­tiste, y com­pris au tra­vers de créa­tions de com­mandes. Pierre Bonnard ne manque alors pas de jouer la carte de l’i­ro­nie. Y com­pris lors­qu’il s’a­git de repré­sen­ter ses amis (voire bien­fai­teurs) Bernheim, deux frères gale­ristes qui n’ap­pré­cie­ront que moyen­ne­ment la façon dont l’ar­tiste joue à les dépeindre.

La lumière et l’ombre ne font qu’un, et les tableaux de Bonnard peuvent aussi prendre des teintes plus moroses. Quand il s’a­git de repré­sen­ter un couple qu’un paravent sépare, cha­cun dans sa morne nudité. Ou quand il s’a­git de se peindre lui-même, quitte à signer un auto­por­trait presque cruel, où l’ar­tiste au cré­pus­cule de sa vie se montre nu, chauve et malingre, dans l’en­ca­drure étroite de la glace d’un cabi­net de toilette.

Bonnard, Les Couleurs de la lumière

Au Musée de Grenoble jus­qu’au 30 jan­vier 2022.

Ouvert tous les jours de 10 heures à 18 h 30, sauf le mardi et jours fériés.

Entrée 8 euros tarif plein, 5 euros tarif réduit.

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Florent Mathieu

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