Grenoble : nouvelle mobilisation des travailleurs sociaux devant l’association familiale de l’Isère pour les personnes handicapées

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EN BREF – Une trentaine de manifestants se sont réunis, mercredi 7 avril, devant l’association familiale de l’Isère pour les personnes handicapées (Afiph). Les salariés du secteur médico-social souhaitent une revalorisation de leurs salaires, mais aussi de meilleures conditions de travail.

 

 

Manifestation devant l'AFIPH. © Tim Buisson – Place Gre’net

Une tren­taine de per­sonnes mani­fes­taient devant l’Afiph. © Tim Buisson – Place Gre’net

« Tout le monde se bat pour le social, et le social se bat pour tout le monde », enton­naient les mani­fes­tants devant le siège de l’Afiph, ce mer­credi 7 avril en début d’a­près-midi.

 

Sur le trot­toir en face du bâti­ment, ave­nue Marie-Reynoard au sud de Grenoble, quelques ban­de­roles étaient accro­chées sur les grilles d’un chan­tier, tan­dis que les dra­peaux syn­di­caux flot­taient au vent, accro­chés à la voi­ture sono.

 

Une tren­taine de per­sonnes avaient répondu à l’ap­pel des orga­ni­sa­tions syn­di­cales. Parmi elles, la CGT Santé Action sociale, Sud Santé Sociaux, Sud Collectivités ter­ri­to­riales et la CNT.

 

Depuis plu­sieurs mois, les tra­vailleurs du sec­teur médico-social mani­festent ainsi régu­liè­re­ment afin d’ob­te­nir plus de moyens et de recon­nais­sance. La mani­fes­ta­tion de ce mer­credi sera d’ailleurs sui­vie d’autres mobi­li­sa­tions, les 8 et 9 avril.

 

 

Le projet Serafin-PH inquiète les salariés du secteur médico-social

 

Le lieu de ras­sem­ble­ment de cette pre­mière jour­née n’a pas été choisi au hasard. Daria, édu­ca­trice spé­cia­li­sée au ser­vice d’ac­com­pa­gne­ment à la vie sociale de l’Afiph, a constaté une dégra­da­tion de ses condi­tions de tra­vail, notam­ment en rai­son d’une infor­ma­ti­sa­tion crois­sante de son métier. Le temps passé avec les per­sonnes qu’elle accom­pagne dimi­nue.

 

Mobilisation jeudi 7 avril 2021. © Tim Buisson – Place Gre’net

Mobilisation jeudi 7 avril 2021. © Tim Buisson – Place Gre’net

« De plus en plus, on est ame­nés à res­ter dans nos bureaux et à rem­plir des pro­jets per­son­na­li­sés ou des renou­vel­le­ments auprès de la mai­son de l’au­to­no­mie, constate Daria*. Et là, ils nous ont ajouté le dos­sier numé­rique de l’u­sa­ger que l’on est censé rem­plir après chaque entre­tien, appel ou mail ».

 

Elle s’in­quiète aussi de l’ins­tau­ra­tion du pro­jet Serafin-PH. Cette réforme va modi­fier les finan­ce­ments accor­dés aux éta­blis­se­ments et ser­vices qui s’oc­cupent des per­sonnes han­di­ca­pées.

 

« C’est la tari­fi­ca­tion à l’acte qui arrive dans le médico-social, après le fiasco qu’on lui connaît dans l’hô­pi­tal public avec la T2A [Ndlr : tari­fi­ca­tion à l’ac­ti­vité] et dont on paye les frais aujourd’­hui avec la crise sani­taire », s’in­surge-t-elle. Les moyens alloués aux éta­blis­se­ments médico-sociaux dépen­dront ainsi du nombre d’actes réa­li­sés.

 

Daria redoute l’ins­tau­ra­tion d’une logique de ren­ta­bi­lité. « Cette réforme se fera à moyens constants, explique-t-elle. On opti­mise les res­sources pour ne pas avoir à aug­men­ter les moyens alloués au médico-social ». Au final, la qua­lité de l’ac­com­pa­gne­ment des per­sonnes pour­rait se dégra­der, selon elle.

 

 

Des primes Covid inégales à l’Afiph

 

Les syn­di­cats pro­testent éga­le­ment contre le ver­se­ment inégal des 183 euros de prime, suite à la pre­mière vague de la Covid-19. En effet, seuls les sala­riés ayant tra­vaillé deux mois com­plets en mars et avril 2020 l’ont per­çue. Et non les inté­ri­maires et autres employés pré­caires.

 

Manifestants devant l'AFIPH. Les mobilisations du secteur médico-social s'échelonnent sur trois jours. © Tim Buisson – Place Gre’net

La mobi­li­sa­tion du sec­teur médico-social s’é­che­lonne sur trois jours. © Tim Buisson – Place Gre’net

« Cette prime sert à faire taire les sala­riés !, s’in­surge Sandrine Rollet, secré­taire dépar­te­men­tale de Sud Santé sociaux. Ils [ces sala­riés] contri­buent pour­tant au bon fonc­tion­ne­ment des struc­tures depuis le début de cette crise sani­taire pour faire face à l’in­com­pé­tence d’un gou­ver­ne­ment dont le dogme per­ma­nent reste l’é­co­no­mie de mar­ché au détri­ment de notre santé. »

 

Les syn­di­cats demandent donc l’ex­ten­sion de cette prime à tous les employés des sec­teurs médico-sociaux. Mais éga­le­ment une reva­lo­ri­sa­tion des salaires de 300 euros nets par mois.

 

 

Trois jours de mobilisation

 

Les sala­riés du sec­teur médico-social vont pour­suivre leur mobi­li­sa­tion jeudi 8 avril avec une mani­fes­ta­tion au départ de la place Doyen-Gosse en direc­tion des locaux du Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère. Mais aussi ven­dredi 9 avril, avec une action devant la direc­tion dépar­te­men­tale de la cohé­sion sociale (DDCS).

 

Afiph à Grenoble : les travailleurs sociaux mobilisés. Les syndicats souhaite que la prime de 183 euros soit versée à tous les salariés. © Tim Buisson – Place Gre’net

Les syn­di­cats sou­haitent que la prime de 183 euros soit ver­sée à tous les sala­riés. © Tim Buisson – Place Gre’net

Les syn­di­cats sou­haitent des embauches mas­sives de per­son­nels, la titu­la­ri­sa­tion des sala­riés qui le sou­haitent, et l’é­ga­lité sala­riale entre les femmes et les hommes. « La déva­lo­ri­sa­tion des métiers du médico-social com­mence à avoir des inci­dences sur l’ac­com­pa­gne­ment des per­sonnes accueillies », constate Vincent, de la CGT.

 

Les ser­vices fonc­tionnent en « mode dégradé » à cause de l’ab­sen­téisme, et l’at­trac­ti­vité de ce sec­teur dimi­nue. Les embauches deviennent donc plus dif­fi­ciles. Un cercle vicieux qui risque de dété­rio­rer encore plus les condi­tions de tra­vail.

 

Tim Buisson

 

  • Le pré­nom a été modi­fié à sa demande.
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