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Manifestation à Grenoble en soutien à deux enseignants handicapés du lycée Marie-Curie d’Échirolles

Manifestation à Grenoble en soutien à deux enseignants handicapés du lycée Marie-Curie d’Échirolles

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EN BREF – Quelques dizaines d’enseignants ont manifesté ce jeudi 2 juillet devant le rectorat de Grenoble en soutien à deux de leurs confrères tétraplégiques du lycée Marie-Curie d’Échirolles. En jeu : le refus de l’administration d’aménager leurs horaires, ce qui les oblige à choisir entre un emploi du temps intenable et un demi-salaire.

 

Des enseignants mobilisés pour leurs collègues handicapés.

Des dizaines de mani­fes­tants ont pro­testé pour le droit à leurs col­lègues han­di­ca­pés de béné­fi­cier d’un salaire com­plet avec un amé­na­ge­ment de leur temps de tra­vail. DR

 

Nouvelle mani­fes­ta­tion devant le rec­to­rat de l’académie de Grenoble, ce jeudi 2 juillet. Les pro­tes­ta­taires ? Plusieurs dizaines de mani­fes­tants, majo­ri­tai­re­ment issus de l’équipe édu­ca­tive du lycée Marie-Curie d’Échirolles, venus appor­ter leur sou­tien à deux col­lègues tétra­plé­giques. Ces der­niers réclament en effet un amé­na­ge­ment de leur temps plein que leur refuse caté­go­ri­que­ment le rec­to­rat. Avec, comme alter­na­tive, un temps par­tiel… avec salaire partiel.

 

Des élèves rentrent dans le lycée Marie Curie, situé dans le centre ville d'Echirolles. © Thomas Courtade - Place Gre'net

Lycée Marie-Curie, situé dans le centre-ville d’Échirolles. © Thomas Courtade – Place Gre’net

Olivier Morel, l’un des deux pro­fes­seurs concer­nés, ne com­prend pas cette posi­tion. « Pendant des années, j’ai béné­fi­cié d’un amé­na­ge­ment d’ho­raires et puis, subi­te­ment, ça a été refusé au motif que notre han­di­cap est chro­nique et défi­ni­tif. » Et pour cause, du point de vue de l’administration, l’allègement de ser­vice est une mesure excep­tion­nelle et sur­tout pro­vi­soire, après une inter­rup­tion tem­po­raire de tra­vail (ITT) ou lorsqu’un ensei­gnant est malade.

 

 

« Pour eux la seule solution, c’est que je fasse un temps partiel »

 

S’il conti­nue à ensei­gner l’anglais à Marie-Curie, son han­di­cap néces­site un amé­na­ge­ment de son emploi du temps, la pré­sence d’un assis­tant et de ne pas chan­ger de salles entre les cours. Cet amé­na­ge­ment n’est en aucun cas, selon ses col­lègues, « un dis­po­si­tif de confort ». La posi­tion du rec­to­rat a pour l’instant été inflexible : « Si je veux faire moins d’heures, pour eux la seule solu­tion, c’est que je fasse un temps par­tiel… », regrette le professeur.

 

Des enseignants mobilisés pour leurs collègues handicapés

Ils réclament l’ap­pli­ca­tion de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la par­ti­ci­pa­tion et la citoyen­neté des per­sonnes han­di­ca­pées. DR

Une situa­tion inac­cep­table selon les membres du per­son­nel ensei­gnant, pour qui leurs col­lègues ne devraient pas avoir à renon­cer à un salaire com­plet à cause de leur handicap.

 

« Tous les mois de juin depuis des années, on fait la demande au rec­to­rat. En décembre, on nous a dit que, cette fois, le pro­blème allait être réglé. Et fina­le­ment rien ne change. C’est la goutte d’eau qui fait débor­der le vase ! »’, s’a­gace Brice Gilardi, col­lègue des deux ensei­gnants han­di­ca­pés et élu Snes-FSU au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du lycée.

 

 

« Des motifs questionnables sur le plan juridique »

 

Pour le syn­di­ca­liste, les motifs invo­qués par l’administration « sont ques­tion­nables sur le plan juri­dique. Elle se met en défaut avec la loi du 11 février 2005 [pour l’égalité des droits et des chances, la par­ti­ci­pa­tion et la citoyen­neté des per­sonnes han­di­ca­pées, ndlr] en déniant le prin­cipe de com­pen­sa­tion qui y est inscrit. »

 

Dans les faits, ce prin­cipe doit per­mettre à la per­sonne han­di­ca­pée de vivre le plus nor­ma­le­ment pos­sible sans subir les consé­quences de son han­di­cap. Les mani­fes­tants ont ainsi réclamé l’aménagement du temps de tra­vail de leurs col­lègues han­di­ca­pés à hau­teur de douze heures heb­do­ma­daires avec un salaire com­plet. Une péti­tion a par ailleurs été lan­cée, ras­sem­blant jusqu’à pré­sent une cen­taine de signatures.

 

Contacté plu­sieurs fois lors de la rédac­tion de cet article, le rec­to­rat de Grenoble n’a pas répondu à nos sollicitations.

 

Thomas Imbert

 

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