Réouverture des bars et restaurants : Grenoble expérimente l’extension des terrasses et la piétonnisation

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EN BREF – Terrasses étendues à Grenoble, piétonnisation… Profitant de la réouverture des cafés et restaurants, la Ville adopte une série de mesures visant à relancer l’activité des cafetiers et restaurateurs et ainsi à soutenir l’économie locale.

 

 

Piétonisation et extension des terrasses©Léa Meyer - Place Gre'net

Grenoble décide d’un plan de pié­ton­ni­sa­tion les same­dis et de l’ex­ten­sion des ter­rasses. © Léa Meyer – Place Gre’net

À comp­ter de ce samedi 6 juin, Grenoble expé­ri­mente des pié­ton­ni­sa­tions tem­po­raires les same­dis de 8 heures à 23 heures quai Saint-Laurent, rue Lakanal et quar­tier des Halles Sainte-Claire. Des mesures qui pour­raient éga­le­ment concer­ner les quar­tiers Saint-Bruno et Strasbourg-Metz.

 

« Ces mesures visent à sou­te­nir l’économie de proxi­mité, [à] ins­tau­rer un cli­mat de convi­via­lité et per­mettre de faci­li­ter la dis­tan­cia­tion phy­sique », explique la muni­ci­pa­lité. « Nous sou­hai­tons sou­te­nir l’activité éco­no­mique des com­merces, bars et res­tau­rants dure­ment impac­tés par la crise. Ils font l’identité de notre ville. Nous vou­lons une ville ouverte à toutes et tous per­met­tant l’activité com­mer­ciale, mais aussi la cir­cu­la­tion et la coha­bi­ta­tion avec les rive­rains », explique le maire de Grenoble, Éric Piolle.

 

« D’où l’a­dop­tion d’un plan visant à pié­ton­ni­ser trois zones prio­ri­taires : les rues autour des halles, un deuxième sec­teur autour de Lakanal et Championnet et un troi­sième sur la rive droite de l’Isère. « Nous avons encore deux espaces en dis­cus­sion où il y a une forte den­sité de popu­la­tion : autour de la rue de Strasbourg et de la place de Metz et autour de l’arrêt de tram Saint-Bruno », ajoute-t-il. Un point d’étape aura lieu le 15 juin 2020 pour éva­luer ce dis­po­si­tif mis en place jusqu’à la deuxième quin­zaine de juillet.

 

 

Extension des terrasses

 

Eric Piolle explique l'extension des terrasses ©Léa Meyer - Place Gre'net

Eric Piolle pré­sen­tant le pro­jet d’ex­ten­sion des ter­rasses à Grenoble. © Léa Meyer – Place Gre’net

Afin de sou­te­nir la reprise d’activité, la muni­ci­pa­lité pro­pose aux cafe­tiers et res­tau­ra­teurs de béné­fi­cier d’une exten­sion de ter­rasses pen­dant l’été. Les bars et res­tau­rants peuvent ainsi en faire la demande depuis le 29 mai 2020.

 

Ces exten­sions vien­dront s’implanter sur les places de sta­tion­ne­ment, devant ou face aux éta­blis­se­ments. Pour ce faire, les com­mer­çants devront ins­tal­ler du mobi­lier de sécu­ri­sa­tion et de déli­mi­ta­tion des ter­rasses.

 

« La métro­pole a pro­posé d’agrandir les ter­rasses pour les com­munes qui le sou­hai­taient et la Ville de Grenoble a choisi de sai­sir la balle au bond en pro­po­sant aux cafe­tiers et res­tau­ra­teurs de s’agrandir, notam­ment sur les places de sta­tion­ne­ment », pré­cise Éric Piolle.

 

« Ces espaces réoc­cu­pés par les pié­tons et les ter­rasses per­met­tront une reprise de l’ac­ti­vité, tout en garan­tis­sant le res­pect des mesures de dis­tan­cia­tions phy­siques et sani­taires. » Un dis­po­si­tif qui per­du­rera jusqu’à fin octobre 2020.

 

 

Une concertation entre commerçants et municipalité

 

Ces pié­ton­ni­sa­tions tem­po­raires et exten­sions de ter­rasses ont fait l’objet d’une concer­ta­tion. Un tra­vail par­te­na­rial mené entre la fédé­ra­tion des unions com­mer­ciales de Grenoble Labelville, l’Union des métiers et des indus­tries de l’hô­tel­le­rie (UMIH 38) et la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie (CCI).

 

Cafés place Saint-Bruno à Grenoble. © Muriel Beaudoing - placegrenet.fr

Cafés place Saint-Bruno à Grenoble. © Muriel Beaudoing – placegrenet.fr

« Nous avons pensé ce plan dans l’ob­jec­tif de faire de la ville un espace de convi­via­lité, pré­cise Christian Hoffman, pré­sident de Labelville. L’espace public est par­fois un espace de conflic­tua­lité, parce que c’est un espace de ren­contres entre dif­fé­rentes per­sonnes et dif­fé­rents inté­rêts : les com­mer­çants, les cafe­tiers les res­tau­rants mais aussi les habi­tants. »

 

L’objectif est d’instaurer un dia­logue régu­lier à l’é­chelle de chaque quar­tier. « Le maire et le pré­sident de la métro­pole ont sou­haité que nous soyons près des com­mer­çants, mais aussi des habi­tants. Pour cela, nous allons nous ren­con­trer, une fois par mois, entre réfé­rents de com­merces et réfé­rents de quar­tiers », pour­suit-il. Les com­mer­çants béné­fi­ciant d’une exten­sion de ter­rasse signe­ront par ailleurs un enga­ge­ment sur l’honneur pour assu­rer leur bonne tenue et la réduc­tion des nui­sances.

 

Si la Ville de Grenoble assure avoir éga­le­ment asso­cié les unions de quar­tiers à la concer­ta­tion* concer­nant la mise en place de ces mesures, celles de Championnet Bonne Condorcet et Hoche, mais aussi des habi­tants du centre-ville et de Notre Dame assurent de leur côté ne pas avoir été consul­tées avant les déci­sions prises par la muni­ci­pa­lité. Des mesures jugées d’ailleurs « dis­cu­tables » à leurs yeux.

 

Ces unions de quar­tiers indiquent avoir été juste sol­li­ci­tées pour par­ti­ci­per à une com­mis­sion de contrôle afin de signa­ler tout non-res­pect des normes et nui­sances qui pour­raient être cau­sées par les exten­sions et pié­ton­ni­sa­tions. Elles tentent depuis de joindre sans suc­cès Pascal Clouaire, adjoint à la démo­cra­tie locale, et se disent « dans l’expectative sur le sujet ».

 

Léa Meyer

 

 

* Article modi­fié le 5 juin à 16 heures, suite à de nou­velles infor­ma­tions concer­nant la tenue de cette concer­ta­tion.

 

Retour en images sur l’ouverture très appréciée des cafés et restaurants dans le centre-ville de Grenoble le 2 juin 2020.

 

 

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Commentaires 11
  1. L’accès Nord est de Grenoble blo­qué par la fer­me­ture des quais rive droite, des embou­teillages à la clef en centre ville, rien ne néces­site leurs fer­me­tures compte tenu de leur confi­gu­ra­tion du par­tage de l’es­pace public équi­li­bré à cet endroit.👎

    Quand aux autres rues, on se demande les réels objec­tifs à part faire le buz !

    Des com­mer­çants mécon­tents, des rive­rains inter­dits de prendre leurs voi­tures en sta­tion­ne­ment dans ces rues, mais bon la com est là, il est vrai que l’é­co­no­mie va repar­tir grâce aux res­tau­rants et aux cafe­tiers aux bruyantes ter­rasses sur­bon­dées.

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  2. Comment ? Les unions de quar­tiers n’ont pas été concer­tées ? Mais com­ment dieu est-ce pos­sible dans la ville de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ??? Mdr 😀 😀 😀

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  3. sep article
  4. Si l exten­sion a lieu sur des places de sta­tion­ne­ment, je ne vois pas en quoi cela réduit les che­mi­ne­ments pié­tons, ces places étant occu­pées par des véhi­cules en temps nor­mal.

    sep article
  5. exten­sion des ter­rasses … et en consé­quence, réduc­tion des che­mi­ne­ments pié­ton, cela ne va sans doute pas faci­li­ter le res­pect de la dis­tan­cia­tion.

    sep article
  6. Donc on sait main­te­nant ce qu’est un com­merce pour le maire sor­tant : un lieu où on vend de la bière. On voyait bien que le com­merce meurt à Grenoble. Maintenant on sait pour­quoi.

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  7. Désolé mais les Unions de Quartiers dont CBCH, UHCV, et Notre Dame (peu de chance que d’autres l’aient été), donc les habi­tants, n’ont pas été consul­tées avant les déci­sions décrites dans l’ar­ticle et prises par la muni­ci­pa­lité ; des mesures qui sont d’ailleurs dis­cu­tables sur plu­sieurs aspects…

    Nous avons juste été sol­li­ci­tés pour cer­tains de par­ti­ci­per à une com­mis­sion de contrôle, nous sommes dans l’ex­pec­ta­tive sur le sujet.

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    • Les unions des quar­tiers concer­nés ont été consul­tées. A l’heure où près de la moi­tié des res­tau­rants et bars sont proches du dépôt de bilan, ces mesures vont aider a réduire l’hé­ca­tombe. Beaucoup vont quand même y lais­ser leurs vestes. Espérons que les aigris qui décident de s’ins­tal­ler dans un quar­tier animé, au des­sus de la ter­rasse d’un bar, com­pren­dront qu’ils ne sont pas le centre du monde et lais­se­ront ces pauvres gens tra­vailler pour sau­ver leurs emplois et ceux de leurs employés. Ou bien, démé­na­ge­ront à la cam­pagne (où ils exi­ge­ront qu’on égorge le coq illico).

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      • « Espérons que les aigris qui décident de s’installer dans un quar­tier animé, au des­sus de la ter­rasse d’un bar, com­pren­dront qu’ils ne sont pas le centre du monde »
        Le pom­pon pour ce mépris et cette incon­gruité.
        Les fêtards qui braillent en plein milieu de la nuit, répandent leurs déchets, mégots de ciga­rettes, urinent devant les portes d’en­trée des immeubles, fra­cassent leurs bou­teilles sur le sol, ils sont le centre du monde, eux ?
        Et les rive­rains n’ont pas droit à être res­pec­tés ?
        Riverains qui paient taxes et impôts et font vivre aussi la ville ? Riverains qui ne sou­haitent que le strict res­pect de la loi ?
        Qu’on encou­rage la réou­ver­ture des bars par telle ou telle mesure d’ac­com­pa­gne­ment, pour­quoi pas ? Il me semble juste d’ai­der à la relance de ces éta­blis­se­ments
        Mais pas à n’im­porte quel prix.
        En tout cas, pas avec ce dédain et cette désin­vol­ture dont vous vous faites l’interprète.

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        • Comme il est facile de réin­ter­pré­ter à sa sauce pour jeter le dis­cré­dit….
          D’une part, le terme « les aigris » ne désigne pas l’en­semble des habi­tants des centres villes mais les per­sonnes qui ne sup­portent rien ni per­sonne et qui s’a­charnent à vou­loir habi­ter en plein centre, zone à forte concen­tra­tion de popu­la­tion et donc, mathé­ma­ti­que­ment, à forte concen­tra­tion de nui­sances. Grenoble regorge de quar­tiers rési­den­tiels et tran­quilles à quelques pas du centre ville (20 minutes de marche, c’est bon pour la santé).
          D’autre part, il faut arrê­ter de rendre les bars res­pon­sables de tous les maux de la ville. En vrac, pour répondre à vos argu­ments :
          Les clients d’un bar urinent dans les toi­lettes dudit bar, mon­trez moi un patron de bar qui accep­tera qu’on urine à proxi­mité de son éta­blis­se­ment…
          Les clients d’un bar consomment dans le bar, ils ne sortent pas avec leurs bou­teilles pour les fra­cas­ser dans la rue.
          Des cen­driers sont mis à dis­po­si­tion et les ter­rasses net­toyées en fin de ser­vice.
          Traversez (d’expérience, je vous le décon­seille) le jar­din de ville un samedi en fin de soi­rée par beau temps et vous aurez un aperçu de ce que serait la ville sans bars. Ajoutez y les soi­rées qui seraient orga­ni­sées dans les appar­te­ments, sans inso­no­ri­sa­tion adé­quat et limi­ta­tion de volume sonore.
          Ha oui, elle serait vrai­ment plus agréable à vivre, la ville sans bars…
          Dans un bar les consom­ma­teurs sont enca­drés et si néces­saire reca­drés.
          Les éta­blis­se­ments qui ne res­pectent pas les règles, notam­ment concer­nant les nui­sances sonores, clients ou musique qui braillent, et qui dérangent le voi­si­nage sont rapi­de­ment sanc­tion­nés (fer­me­ture admi­nis­tra­tive).
          L’immense majo­rité des tenan­ciers de bar res­pecte la loi, paye des taxes et des impôts à double titre (per­son­nel et pro­fes­sion­nel).
          Toutes les nui­sances que vous men­tion­nez (on peut y ajou­ter les masques jetés à terre et mon voi­sin qui perce les murs à 8h un dimanche matin) sont dues à l’in­ci­visme, l’égoïsme et au manque d’éducation de la popu­la­tion, les bars n’y sont vrai­ment pas pour grand chose et n’y peuvent, en tous cas, rien.

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          • On ne s’est pas très bien com­pris.….
            Je main­tiens que le terme d” « aigris » pour dési­gner des rive­rains sou­hai­tant être res­pec­tés dans leurs droits témoigne d’un vrai mépris et d’une grande injus­tice.
            Reste que je ne fais abso­lu­ment pas de TOUS les bars, ni même des bars en géné­ral, les res­pon­sables des nui­sances dont sont vic­times les­dits rive­rains et je suis entiè­re­ment d’ac­cord avec la suite de vos pro­pos sur l’u­ti­lité sociale des bars, cafés et bras­se­ries qui res­pectent les règles du jeu ! (je disais que j’é­tais entiè­re­ment favo­rable à ce qu’on prenne des mesures pour encou­ra­ger leur relance)
            Enfin, « inci­visme, égoïsme, manque d’é­du­ca­tion », oui, mille fois oui !!!!!
            Tout le pro­blème est là (comme en matière de cir­cu­la­tion où l’on a tort d’op­po­ser auto­mo­bi­listes, cyclistes et pié­tons qui peuvent coha­bi­ter s’ils se res­pectent tous mutuel­le­ment et mani­festent un tant soit peu le « souci de l’autre »).
            Cordialement

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