Alors que l'épidémie de Covid-19 ralentit sa progression, l'heure est à la reprise de l'économie en Isère. Malgré les alertes des scientifiques.

Vers une reprise des activités économiques à marche forcée en Isère

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DÉCRYPTAGE – La suspension des activités jugées non essentielles, réclamée par des partis, élus et organisations syndicales de gauche, n’est pas à l’ordre du jour. Le préfet de l’Isère s’en tient aux consignes gouvernementales. Objectif : poursuivre, voire remettre sur les rails, l’activité économique. Et ce malgré l’avis contraire du conseil scientifique et les alertes d’inspecteurs du travail.

 

 

Pour Lionel Beffre, le préfet de l'Isère, le dispositif de police de sécurité du quotidien ne sera pas déployé à Grenoble avant 2020. « Grenoble n'est pas Chicago !» © Patricia Cerinsek

Pour Lionel Beffre, le pré­fet de l’Isère, impo­ser une fer­me­ture des entre­prises serait exces­sif. © Patricia Cerinsek

L’économie ne s’ar­rê­tera pas. Tout du moins pas contrainte et for­cée. En Isère, par­tis, élus et syn­di­cats de gauche avaient inter­pellé le pré­fet pour lui deman­der, à l’aulne de la crise sani­taire, la sus­pen­sion des acti­vi­tés éco­no­miques jugées non essentielles.

 

Dans le col­li­ma­teur ? STMicroelectronics, Schneider Electric, Soitec, Arkéma ou Vencorex.

 

En ques­tion notam­ment, un décret minis­té­riel signé le 23 mars. Dans son article 7, celui-ci pré­cise : « tout ras­sem­ble­ment, réunion ou acti­vité met­tant en pré­sence de manière simul­ta­née plus de 100 per­sonnes en milieu clos ou ouvert, est inter­dit jus­qu’au 15 avril 2020. »

 

Sollicités par Place Gre’net, les ser­vices du repré­sen­tant de l’État dans le dépar­te­ment ont une autre lec­ture du texte minis­té­riel. « L’article 7 du décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 ne vise pas les entre­prises, répond la pré­fec­ture de l’Isère. D’ailleurs, par cour­rier du 20 mars, les ministres de l’Économie, du Travail et de la Santé ont bien rap­pelé la néces­sité de main­te­nir l’ac­ti­vité éco­no­mique, indé­pen­dam­ment du carac­tère « essen­tiel » ou « non essen­tiel » à la ges­tion de la crise, en pre­nant les mesures sani­taires qui s’imposent. »

 

 

Pour le préfet de l’Isère, imposer une fermeture d’entreprises serait « excessif »

 

« Imposer une fer­me­ture d’en­tre­prises sur le carac­tère « non essen­tiel » serait donc à ce titre exces­sif au vu des consignes gou­ver­ne­men­tales », estime le pré­fet.

 

Deux ouvriers du bâtiment et des travaux publics BTP égalisent du béton à la truelle sur une dalle. © Fanny Chatchate

A l’ar­rêt, le BTP est prié de reprendre sous cou­vert de suivre les pré­co­ni­sa­tions édic­tées dans un guide. Economie ver­sus santé ?  © Fanny Chatchate

Fermez le ban ? À plu­sieurs reprises, le gou­ver­ne­ment a en effet appelé à ne pas arrê­ter, voire à reprendre le tra­vail, notam­ment dans le sec­teur du BTP. En Isère, la Ville de Grenoble puis le Département ont de leur côté mis un coup d’ar­rêt à leurs chan­tiers depuis un mois. Aujourd’hui, l’État, par la voix du pré­fet, entend reprendre la main.

 

Dans un com­mu­ni­qué publié ce ven­dredi 17 avril, la pré­fec­ture de l’Isère appelle ainsi à une « mobi­li­sa­tion en faveur de la conti­nuité des chan­tiers BTP ». Un guide des pré­co­ni­sa­tions de sécu­rité sani­taire, validé par les minis­tères du Travail et de la Santé, a même été édicté, enca­drant la reprise des acti­vi­tés. Ces pré­co­ni­sa­tions sont-elles suffisantes ?

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Patricia Cerinsek

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