Interdiction des marchés alimentaires : en Isère, les professionnels dénoncent un “imbroglio sans nom”

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TROIS QUESTIONS À – Un décret interdit, à compter de ce 24 mars, la tenue des marchés, qu’ils soient couverts ou à ciel ouvert. Alors que des villes comme Grenoble, Fontaine ou Eybens ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles allaient demander des dérogations, Marie Amore, la présidente du syndicat des marchés de l’Isère monte au créneau. Et dénonce un texte flou et ambigu, en totale contradiction avec les mesures prises jusque-là.

 

 

UNE Marché Hoche pendant le covid-19, samedi 21 mars 2020 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Marché Hoche à Grenoble pen­dant le Covid-19, samedi 21 mars 2020. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Ce que dit le décret

 

Le Premier ministre a annoncé, le lundi 23 mars, la fer­me­ture des mar­chés ali­men­taires à ciel ouvert. Une mesure appli­cable dès le len­de­main qui pourra être levée dans cer­taines com­munes, lorsque le mar­ché y est « le seul (moyen) par­fois » d’a­voir « accès à des pro­duits frais », a pré­cisé Édouard Philippe.

 

Sauf que, depuis, le son de cloche n’est plus tout à fait le même. Le décret publié dans la nuit du 23 au 24 mars met tous les mar­chés dans le même sac, qu’ils soient cou­verts ou non. Quant aux déro­ga­tions, elles seront accor­dées sous cou­vert de bonne orga­ni­sa­tion et de contrôles.

 

 

Le Premier ministre a annoncé que les marchés alimentaires étaient désormais interdits, sauf dérogation s’ils étaient la seule source d’approvisionnement. Comment réagissez-vous à cette annonce ?

 

Avec ce décret minis­té­riel, les maires doivent deman­der une déro­ga­tion au pré­fet pour que les mar­chés puissent res­ter ouverts pour appro­vi­sion­ner la popu­la­tion. Mais dans son article 8, il est bien pré­cisé que les pré­fets accordent une auto­ri­sa­tion non pas liée à un strict besoin d’ap­pro­vi­sion­ne­ment, mais aussi et sur­tout sous cou­vert de condi­tions d’or­ga­ni­sa­tion et de contrôles* !

 

Avec ce décret, vague et ambigu, on essaie de faire croire que c’est de la res­pon­sa­bi­lité du maire ! Mais c’est le pré­fet qui décide. C’est l’État qui, au final, doit dire quel mar­ché reste ouvert ou pas. Que l’État assume com­plè­te­ment en disant que les mar­chés sont fer­més et ne laissent pas croire qu’il en est de la res­pon­sa­bi­lité des maires qui, eux, n’y sont pour rien !

 

 

Ne faut-il pas, dans une telle situation, limiter le nombre de marchés ? À Grenoble, il en existe dix-neuf…

 

[…]
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