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Des épreuves com­munes de contrôle continu repor­tées et le lycée Aristide-Bergès fermé

Des épreuves com­munes de contrôle continu repor­tées et le lycée Aristide-Bergès fermé

FOCUS – Les pro­fes­seurs et élèves du lycée Aristide-Bergès de Seyssinet-Pariset se sont mobi­li­sés, ce lundi 27 jan­vier, pour pro­tes­ter contre la réforme du bac. Résultat : les épreuves sont repous­sées et le lycée fermé pour la journée.

Le lycée Aristide-Bergès à Seyssinet-Pariset a été fermé et les épreuves du bac reportées à la suite d'un rassemblement contre la réforme Blanquer.Le rassemblement s'est déroulé sous la surveillance des gendarmes. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Le ras­sem­ble­ment s’est déroulé sous la sur­veillance des gen­darmes. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

« Personne n’en veut de cette réforme. Ni profs, ni élèves. » Alix est en pre­mière STMG au lycée Aristide-Bergès et aurait dû pas­ser un exa­men d’italien pour son épreuve com­mune de contrôle continu (E3C), ce lundi matin. Enseignants et lycéens s’étaient ras­sem­blés tôt devant les grilles de l’é­ta­blis­se­ment pour pro­tes­ter contre la réforme du bac.

Après l’irruption d’élèves dans les classes où devaient se tenir les épreuves et le déclen­che­ment d’une alarme incen­die, le lycée a été éva­cué par les forces de l’ordre.

Les épreuves de langues pré­vues dans la mati­née ont été annu­lées et l’é­ta­blis­se­ment, fermé pour la jour­née – pour « des rai­sons de sécu­rité », indique le rectorat.

« Les gamins sont hyper stressés »

Ce genre de mobi­li­sa­tion, mêlant pro­fes­seurs et élèves, est devenu mon­naie cou­rante depuis le début des E3C. « Le contrôle continu mis en place par la réforme devait soit-disant enle­ver du stress aux élèves, mais clai­re­ment, les gamins sont hyper stres­sés, constate Guillaume Verhooste, pro­fes­seur de sciences éco­no­miques et sociales au lycée.

Tous déplorent, d’une manière géné­rale, une mise en place « scan­da­leuse ». « En maths, on nous a pré­ve­nus il y a deux semaines qu’on allait pas­ser ces épreuves », témoigne Alix.

« Le pro­gramme a été publié fin jan­vier, raconte Kasia, qui enseigne le fran­çais aux classes de seconde et pre­mière. On a des manuels qui ne cor­res­pondent pas, mais qu’on a été contraints de prendre parce qu’on était mena­cés par le Conseil régio­nal de ne pas en avoir l’année pro­chaine si on ne les pre­nait pas cette année. Ça a englouti un argent fou. C’est une catas­trophe ! » À cela, s’est ajouté la fuite des sujets sur Internet…

Inégalités et sur­charge de travail

« Il y a une très forte inéga­lité de trai­te­ments, indique Guillaume Verhooste. Avec la cor­rec­tion au niveau local, le même sujet sera noté dif­fé­rem­ment. Ça don­nera aussi lieu à des stra­té­gies d’établissements, où on va noter très large pour être bien classé l’année sui­vante. Sauf qu’ensuite, ces diplômes n’auront plus aucune valeur, puisqu’on se dira : “Ah, mais non, c’est le lycée X de telle année”. »

Enseignants comme élèves font bloc contre la réforme. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

Enseignants comme élèves font bloc contre la réforme. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

Le tout s’accompagnant d’une sur­charge de tra­vail énorme pour les pro­fes­seurs. « Nous n’avons pas eu de temps pour nous coor­don­ner, et nous n’en aurons pas plus pour cor­ri­ger les copies, contrai­re­ment au bac tra­di­tion­nel où nous cor­ri­geons à une époque où nous n’avons plus de cours à assu­mer. Certains éta­blis­se­ments ont libéré les pro­fes­seurs pour les cor­rec­tions de copies, mais c’est bien ça le pro­blème : tout se fait et se décide éta­blis­se­ment par éta­blis­se­ment. »

Le lycée Aristide-Bergès pâtira d’une manière par­ti­cu­lière de la réforme. « C’est un lycée avec une popu­la­tion mixte, explique Guillaume Verhooste, qui mélange les milieux popu­laire de Fontaine et plus aisé de Seyssinet-Pariset. C’est une mixité qui fonc­tionne bien. Ce qui risque d’arriver avec le nou­veau bac, c’est la fuite des élèves favo­ri­sés vers d’autres éta­blis­se­ments. »

D’autres actions à prévoir

Le lycée Aristide-Bergès à Seyssinet-Pariset a été fermé et les épreuves du bac reportées à la suite d'un rassemblement contre la réforme Blanquer.A part quelques fumigènes, le rassemblement et l'évacuation du lycée se sont déroulés dans le calme. © Raphaëlle Denis - Place Gre'net

A part quelques fumi­gènes, le ras­sem­ble­ment et l’é­va­cua­tion du lycée se sont dérou­lés dans le calme. © Raphaëlle Denis – Place Gre’net

Un ras­sem­ble­ment avait déjà eu lieu devant le lycée Aristide-Bergès ven­dredi dernier.

« On est allés dans les salles et on a fait sor­tir beau­coup d’élèves de cours, pour pro­tes­ter contre la réforme, déclare Jordany, un élève du lycée. On a fait ça dans les règles, cal­me­ment. »

Le lycée de Vaucanson avait, lui, été blo­qué ven­dredi, ce qui avait donné lieu à un face-à-face tendu avec la police. D’autres lycées devraient conti­nuer de se mobi­li­ser dans la semaine et pen­dant toute la tenue des E3C.

Raphaëlle Denis

RD

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