Secteur Foch-Alliés-Libération à Grenoble : les habitants réclament des nouvelles pistes cyclables bidirectionnelles

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FOCUS – Tandis que les belles pistes « chronovélos » sont progressivement déployées, les habitants du secteur Foch-Alliés-Libération demandent d’améliorer le réseau existant. Ils viennent ainsi de pointer toute une série de conflits d’usages entre cyclistes, piétons et automobilistes. Dont certains résultent de l’aménagement de pistes cyclables monodirectionnelles. À charge de la Métropole désormais de résorber l’ensemble de ces points noirs.

 

 

Femme à vélo. © Elodie.Rummelhard - placegrenet.fr

Femme à vélo. © Elodie.Rummelhard – placegrenet.fr

Quel pié­ton n’a pas pesté un jour contre un deux-roues venant de le frô­ler sur un trot­toir ? Et quel cycliste n’a pas eu une peur bleue en se voyant dou­bler à toute allure par une voi­ture sans res­pec­ter la dis­tance de sécu­rité ?

 

C’est pour évi­ter à l’a­ve­nir ce type de désa­gré­ment aux dif­fé­rents usa­gers de la ville que « le plan vélos-pié­tons du quar­tier Foch-Alliés-Libération » a été remis en juin à la Métropole de Grenoble.

 

 

Un document qui fera référence

 

Ce docu­ment éta­blit le diag­nos­tic des conflits d’usages obser­vés entre les cyclistes, les pié­tons et auto­mo­bi­listes dans toutes les rues du quar­tier. Et pro­pose des pré­co­ni­sa­tions en matière d’aménagement pour remé­dier aux prin­ci­paux pro­blèmes.

 

Le groupe d'habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Placegrenet.fr

Le groupe d’ha­bi­tants du quar­tier Foch-Aigle-Libération qui a plan­ché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019. © Séverine Cattiaux – Placegrenet.fr

« C’est un docu­ment qui fera réfé­rence, sur lequel tant la Métropole que les habi­tants pour­ront s’ap­puyer », sou­tiennent Jacques Wiart, conseiller muni­ci­pal en charge des dépla­ce­ments, et René de Ceglié, élu du sec­teur 4.

 

Les deux élus ont par­ti­cipé au groupe de tra­vail, avec des béné­voles de l’Union de quar­tier Foch-Aigle-Libération et des parents d’élèves du sec­teur. « Tous les quar­tiers de Grenoble vont pro­gres­si­ve­ment dis­po­ser d’un tel docu­ment », pré­cisent-ils.

 

 

Séances de travail en salle et sur le terrain

 

Il a fallu plu­sieurs longues séances sur le ter­rain et autour d’une table, pen­chés sur des cartes, pour venir à bout de ce tra­vail tout en den­telle, sur un sec­teur bien fourni en voies de cir­cu­la­tion de toutes natures.

 

Le groupe d'habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Placegrenet.fr

Membres du groupe de tra­vail du quar­tier Foch-Aigle-Libération qui a plan­ché sur le plan vélos-pié­tons, juillet 2019. © Séverine Cattiaux – Placegrenet.fr

« Ce quar­tier est à che­val sur quatre sec­teurs de la ville, pré­cise Renaud-Vernet, pré­sident de l’union de quar­tier Foch-Aigle-Libération. 

 

« Il est tra­versé par les trams C et E, pour­suit le pré­sident. Il compte 13 000 habi­tants, dont un nombre tou­jours plus élevé de per­sonnes âgées et beau­coup de jeunes enfants. Car nous avons sur ce ter­ri­toire les groupes sco­laires Élysée-Chatin, Sidi-Brahim et le lycée des Eaux claires »

 

 

Des pistes monodirectionnelles utilisées… dans les deux sens

 

Force est de consta­ter, à entendre les habi­tants, que nombre de dys­fonc­tion­ne­ments obser­vés ici datent du réamé­na­ge­ment des grands bou­le­vards Foch-Vallier et de l’axe Jean-Jaurès-Libération, au moment de l’arrivée du tram­way. Le choix a en effet été fait, à l’époque, de tra­cer des pistes cyclables mono­di­rec­tion­nelles (allant dans un seul sens) sur le trot­toir, de part et d’autre, de la chaus­sée

 

Le groupe d'habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Placegrenet.fr

Un vélo rou­lant sur le trot­toir ? « C’est mon­naie cou­rante » déplore le groupe d’ha­bi­tants du quar­tier Foch-Aigle-Libération qui a plan­ché sur le plan vélos-pié­tons, juillet 2019. © Séverine Cattiaux – Placegrenet.fr

Or, en pra­tique, les usages ne sont pas ceux que les déci­deurs ima­gi­naient. Les cyclistes cir­culent très sou­vent sur les trot­toirs et les pié­tons inat­ten­tifs coupent régu­liè­re­ment les pistes cyclables. Une coha­bi­ta­tion véri­ta­ble­ment pro­blé­ma­tique.

 

Les risques de col­li­sion sont d’autant plus éle­vés que cha­cune des pistes cyclables mono­di­rec­tion­nelles est impu­né­ment uti­li­sée par les vélos dans les deux sens.

 

Pour rec­ti­fier le tir, les habi­tants demandent à la Métropole d’aménager une piste bidi­rec­tion­nelle, au moins sur le côté impair du bou­le­vard Foch. De même qu’ils pré­co­nisent une piste bidi­rec­tion­nelle « sanc­tua­ri­sée » rue Commandant de Reynies, afin que les vélos cessent d’y déva­ler le trot­toir en pente, qui plus est à proxi­mité de l’é­cole Élisée Chatin.

 

 

Pour « une vraie piste cyclable » sur le cours de la Libération

 

Sur l’axe Libération, les conflits d’usages sont éga­le­ment pré­gnants. Là aussi, les vélos cir­culent sou­vent sur les trot­toirs, man­quant à tout ins­tant de ren­ver­ser les pié­tons, en par­ti­cu­lier ceux qui sortent des com­merces, observent sévè­re­ment les habi­tants.

 

Marquage au sol, cours de la Libération, pour inciter les vélos à rouler sur la chaussée, quartier Foch-Aigle-Libération, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Marquage au sol, cours de la Libération, pour inci­ter les vélos à rou­ler sur la chaus­sée, quar­tier Foch-Aigle-Libération. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Quant aux contre-allées, elles sont uti­li­sées pour de mau­vaises rai­sons : les auto­mo­bi­listes pres­sés les empruntent pour court-cir­cui­ter le flux de voi­tures. La vitesse exces­sive de ces véhi­cules insé­cu­rise les vélos… qui pré­fèrent donc rou­ler sur le trot­toir.

 

Il faut agir, alertent les habi­tants, soit en réser­vant les contre-allées aux seuls vélos, soit en créant « une vraie piste cyclable » sur le cours de la Libération. Ce qui entraî­nera, de fait, la sup­pres­sion de quelques places de sta­tion­ne­ment.

 

 

Certains carrefours, particulièrement problématiques

 

Le car­re­four Alliés-Libération-bou­le­vard Salengro mérite, lui aussi, un toi­let­tage com­plet. « Dans cet ensemble essen­tiel­le­ment rou­tier, cyclistes et pié­tons trouvent dif­fi­ci­le­ment leur place », pointent les habi­tants. Qui sug­gèrent, entre autres, de ral­lon­ger la durée du feu vert pour les pié­tons et de gui­der davan­tage les cyclistes dans la tra­ver­sée de ce car­re­four par des mar­quages au sol.

 

Synthèse du diagnostic du plan vélos-piétons du quartier Foch-Alliés-Libération

Synthèse du diag­nos­tic du plan vélos-pié­tons du quar­tier Foch-Alliés-Libération

 

Les car­re­fours de la rue Stalingrad consti­tuent la cin­quième et der­nière grande pro­blé­ma­tique du quar­tier mise en exergue par le groupe de tra­vail. Les vélos ne sont pas à la fête dans ce sec­teur, très rou­tier. Il serait éga­le­ment judi­cieux, ana­lyse le groupe, d’aménager une piste bidi­rec­tion­nelle sur la rue Honoré de Balzac pour relier le quar­tier Mistral – Eaux Claires à la Chronovélo 2.

 

 

Réponse de la Métropole aux habitants… dans le courant de l’automne

 

Pour par­faire leur plan « vélos-pié­tons », deux groupes de tra­vail pilo­tés par les res­pon­sables des écoles Élisée-Chatin et Sidi-Brahim ont passé au peigne fin les abords des éta­blis­se­ments sco­laires.

 

Travail de l'école Elisée Chatin sur les conflits cycles piétons voitures, carte extraite du plan Vélos-Piétons du quartier Foch-Aigle-Libération

Carte extraite du plan vélos-pié­tons du quar­tier Foch-Aigle-Libération

Outre un ensemble de remarques sur les pro­blèmes ren­con­trés par les parents et les enfants lors de leurs dépla­ce­ments vers l’école, ils font un cer­tain nombre de pro­po­si­tions.

 

Quid du deve­nir de ce tra­vail béné­vole dont « la qua­lité et la métho­do­lo­gie » ont été saluées par les élus gre­no­blois ? Il est désor­mais entre les mains de la Métropole.

 

« La col­lec­ti­vité devrait, d’ici la fin de l’année, reve­nir vers les habi­tants pour leur pré­sen­ter un calen­drier de mise en œuvre des pre­miers tra­vaux », annonce Jacques Wiart… pru­dem­ment tou­te­fois, car les ser­vices de la Métropole « sont très très sol­li­ci­tés ».

 

Séverine Cattiaux 

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 9
  1. Des habi­tants ? Qui sont ces per­sonnes, on peut savoir ? N9n parce qu’a chaque ate­liers pseudo par­ti­ci­pa­tifs, ce sont tou­jours des mili­tants pro Piolle qui res­sortent?!

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  2. parce qu’à Grenoble on est allé trop loin. La pro­chaine muni­ci­pa­lité aura du tra­vail pour équi­li­brer les modes du trans­port : for­cer le par­tage plus équi­li­bré des espaces publics entre le tram, le vélo et la voi­ture. Bien évi­dem­ment, ça sera au béné­fice des voi­tures et au détri­ment des autres trans­ports. Souffrez, Monsieur, c’est inevi­table 🙂

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    • Aller trop loin dans la réduc­tion de la place du tra­fic moto­risé dans Grenoble. C’est une blague ?
      Il suf­fit de prendre la moindre rue pour avoir une confi­gu­ra­tion typique sur 12 à 14 m de large de 2 files de sta­tion­ne­ment + 2 files de cir­cu­la­tion + 2 trot­toirs de moins d’1m50 de large. Je vous évite le cal­cul on vous annon­çant que plus de 75% de l’es­pace est consa­cré au tra­fic moto­risé alors que celui-ci repré­sente, dans Grenoble, moins de 50% (ver­sion opti­miste de la der­nière EMD) des dépla­ce­ments.
      Donc, ça va être à vous de souf­frir encore davan­tage avec une dimi­nu­tion inexo­rable de l’es­pace consa­cré au tra­fic moto­risé au pro­fit de la marche à pied, des per­sonnes qui se déplacent à vélo et des TC. A l’i­mage de ce que *toutes* les grandes villes font.
      Et puis, avec l’é­lar­gis­se­ment de l’A480 pour lequel les pro­mo­teurs, quels qu’ils soient, ont annoncé que cela allait drai­ner le tra­fic de tran­sit, cette dimi­nu­tion va pou­voir s’ac­cé­lé­rer puisque le tra­fic va virer sur l’A480 ! Donc une fois ce tra­fic dis­paru, l’es­pace consa­cré au tra­fic moto­risé pourra encore dimi­nuer. C’est chouette non ?

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      • Votre fré­né­sie anti-voi­ture vous dis­sert, car elle tra­hit une obses­sion mala­dive. Et l’o­pi­nion des obsé­dés n’est pas pris en compte (sauf par les autres obsé­dés, comme c’est le cas avec la muni­ci­pa­lité actuelle). Une fois on chan­gera en 2020 cette muni­ci­pa­lité, on va rééqui­li­brer les espaces publics au pro­fit de la voi­ture (+de voies pour la cir­cu­la­tion, + par­kings + de places de sta­tion­ne­ment en centre ville).
        Perso, je ne suis pas trop concerné (pas besoin de me garer à Grenoble, je la tra­verse seule­ment) et je roule sans pro­blèmes dans mon 4×4 aujourdh’ui et je conti­nue­rai de le faire après 2020, mais pour ceux qui habitent à Grenoble même, ça sera une bonne nou­velle.
        Souffrez, Monsieur. On vous a eu avec l’A480, on va vous avoir avec la cir­cu­la­tion à Grenoble.

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        • Merci donc pour votre pré­cieux témoi­gnage qui illustre par­fai­te­ment les pro­pos de gens comme vous qui sont contre la réduc­tion de la place de la voi­ture en ville et que je résume en quelques mots : « je veux pou­voir conti­nuer à tra­ver­ser la ville avec ma voi­ture sans contrainte sans me sou­cier des autres ».

          C’est jus­te­ment ce genre de tra­jet de tran­sit comme vous le faites qu’il faut virer du centre des villes (pas seule­ment Grenoble) pour le bien-être des habitant(e)s (dont vous vous fou­tez appa­rem­ment) et la sécu­rité des pié­tons et des per­sonnes à vélo. Et en plus, avec un 4×4, le sum­mum de la conne­rie en matière de dépla­ce­ment urbain, c’est vrai que l’ag­glo a un réseau rou­tier digne d’une jungle ! Vous repré­sen­tez une cari­ca­ture égoïste de votre propre petite per­sonne et dont vous vous gar­ga­ri­sez. Je vous laisse devi­ner l’i­mage que vous lais­sez, à hau­teur (ou plu­tôt peti­tesse) de vos écrits qui ne pro­posent *jamais* aucune solu­tion pour lut­ter contre la pol­lu­tion et la conges­tion.

          Pour cla­ri­fier les choses et espé­rant que vous puis­siez en faire l’a­na­lyse intel­lec­tuelle, non, je ne suis pas anti-voi­ture. La voi­ture fait par­tie de la pano­plie des dépla­ce­ments, tout comme la marche à pied, le vélo, les TC, le covoi­tu­rage, d’un point à un autre ou en mul­ti­mo­dal. Par contre, oui, je suis contre le trop-plein de voi­tures en centre-ville, contre l’u­ti­li­sa­tion irrai­sonné de la voi­ture, contre les dépla­ce­ments faits en voi­ture et qui pour­raient être réa­li­sés autre­ment. Contrairement à ce que vous affir­mez, ce n’est pas être anti-voi­ture. Mais c’est peut-être un peu dur à com­prendre pour des gens comme vous qui voient le monde de façon binaire ou mani­chéenne.

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  3. Résumé de l’ article : 7 (sept) retrai­tés, qui n’ ont pas grand chose à faire, sauf pour­rir la vie aux autres habi­tants de Grenoble et ban­lieue, ont réclamé plus de pistes cyclables (très pro­ba­ble­ment sur l’incitation de Piolle)

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    • En quoi deman­der de vrais amé­na­ge­ments cyclables et des trot­toirs exclu­si­ve­ment pour les pié­tons consistent à pour­rir la vie aux autres habi­tants de Grenoble et ban­lieue ? Bien au contraire, je trouve cette démarche par­ti­cu­liè­re­ment sen­sée.

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  5. Non seule­ment, les habi­tants de ce quar­tier sont déjà assez gâtés par la col­lec­ti­vité sans qu’il soit néces­saire de dépen­ser encore plus d’argent pour eux (ils ont déjà deux lignes de tram comme expli­qué dans l’ar­ticle). Mais aussi, ce n’est pas avec des pistes flam­bant neuves qu’on va empê­cher les cyclistes gre­no­blois de se com­por­ter comme des ados attar­dés et pseudo-rebelles. Ces der­niers méritent juste des amendes salées jus­qu’à ce qu’ils se com­portent mieux avec les pié­tons, et cela vaut aussi pour les auto­mo­bi­listes (donc pas la peine de faire du wha­ta­bou­tisme).

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