Secteur Foch-Alliés-Libération à Grenoble : les habitants réclament des nouvelles pistes cyclables bidirectionnelles

sep article

Festival oenologique et musical Le Millésime à Grenoble du 5 au 20 octobre 2019

 

FOCUS – Tandis que les belles pistes « chronovélos » sont progressivement déployées, les habitants du secteur Foch-Alliés-Libération demandent d’améliorer le réseau existant. Ils viennent ainsi de pointer toute une série de conflits d’usages entre cyclistes, piétons et automobilistes. Dont certains résultent de l’aménagement de pistes cyclables monodirectionnelles. À charge de la Métropole désormais de résorber l’ensemble de ces points noirs.

 

 

Femme à vélo. © Elodie.Rummelhard - placegrenet.fr

Femme à vélo. © Elodie.Rummelhard – placegrenet.fr

Quel piéton n’a pas pesté un jour contre un deux-roues venant de le frôler sur un trottoir ? Et quel cycliste n’a pas eu une peur bleue en se voyant doubler à toute allure par une voiture sans respecter la distance de sécurité ?

 

C’est pour éviter à l’avenir ce type de désagrément aux différents usagers de la ville que « le plan vélos-piétons du quartier Foch-Alliés-Libération » a été remis en juin à la Métropole de Grenoble.

 

 

Un document qui fera référence

 

Ce document établit le diagnostic des conflits d’usages observés entre les cyclistes, les piétons et automobilistes dans toutes les rues du quartier. Et propose des préconisations en matière d’aménagement pour remédier aux principaux problèmes.

 

Le groupe d'habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Placegrenet.fr

Le groupe d’habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019. © Séverine Cattiaux – Placegrenet.fr

« C’est un document qui fera référence, sur lequel tant la Métropole que les habitants pourront s’appuyer », soutiennent Jacques Wiart, conseiller municipal en charge des déplacements, et René de Ceglié, élu du secteur 4.

 

Les deux élus ont participé au groupe de travail, avec des bénévoles de l’Union de quartier Foch-Aigle-Libération et des parents d’élèves du secteur. « Tous les quartiers de Grenoble vont progressivement disposer d’un tel document », précisent-ils.

 

 

Séances de travail en salle et sur le terrain

 

Il a fallu plusieurs longues séances sur le terrain et autour d’une table, penchés sur des cartes, pour venir à bout de ce travail tout en dentelle, sur un secteur bien fourni en voies de circulation de toutes natures.

 

Le groupe d'habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Placegrenet.fr

Membres du groupe de travail du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan vélos-piétons, juillet 2019. © Séverine Cattiaux – Placegrenet.fr

« Ce quartier est à cheval sur quatre secteurs de la ville, précise Renaud-Vernet, président de l’union de quartier Foch-Aigle-Libération. 

 

« Il est traversé par les trams C et E, poursuit le président. Il compte 13 000 habitants, dont un nombre toujours plus élevé de personnes âgées et beaucoup de jeunes enfants. Car nous avons sur ce territoire les groupes scolaires Élysée-Chatin, Sidi-Brahim et le lycée des Eaux claires »

 

 

Des pistes monodirectionnelles utilisées… dans les deux sens

 

Force est de constater, à entendre les habitants, que nombre de dysfonctionnements observés ici datent du réaménagement des grands boulevards Foch-Vallier et de l’axe Jean-Jaurès-Libération, au moment de l’arrivée du tramway. Le choix a en effet été fait, à l’époque, de tracer des pistes cyclables monodirectionnelles (allant dans un seul sens) sur le trottoir, de part et d’autre, de la chaussée

 

Le groupe d'habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan Vélos-Piétons, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Placegrenet.fr

Un vélo roulant sur le trottoir ? « C’est monnaie courante » déplore le groupe d’habitants du quartier Foch-Aigle-Libération qui a planché sur le plan vélos-piétons, juillet 2019. © Séverine Cattiaux – Placegrenet.fr

Or, en pratique, les usages ne sont pas ceux que les décideurs imaginaient. Les cyclistes circulent très souvent sur les trottoirs et les piétons inattentifs coupent régulièrement les pistes cyclables. Une cohabitation véritablement problématique.

 

Les risques de collision sont d’autant plus élevés que chacune des pistes cyclables monodirectionnelles est impunément utilisée par les vélos dans les deux sens.

 

Pour rectifier le tir, les habitants demandent à la Métropole d’aménager une piste bidirectionnelle, au moins sur le côté impair du boulevard Foch. De même qu’ils préconisent une piste bidirectionnelle « sanctuarisée » rue Commandant de Reynies, afin que les vélos cessent d’y dévaler le trottoir en pente, qui plus est à proximité de l’école Élisée Chatin.

 

 

Pour « une vraie piste cyclable » sur le cours de la Libération

 

Sur l’axe Libération, les conflits d’usages sont également prégnants. Là aussi, les vélos circulent souvent sur les trottoirs, manquant à tout instant de renverser les piétons, en particulier ceux qui sortent des commerces, observent sévèrement les habitants.

 

Marquage au sol, cours de la Libération, pour inciter les vélos à rouler sur la chaussée, quartier Foch-Aigle-Libération, jeudi 11 juillet 2019 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Marquage au sol, cours de la Libération, pour inciter les vélos à rouler sur la chaussée, quartier Foch-Aigle-Libération. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Quant aux contre-allées, elles sont utilisées pour de mauvaises raisons : les automobilistes pressés les empruntent pour court-circuiter le flux de voitures. La vitesse excessive de ces véhicules insécurise les vélos… qui préfèrent donc rouler sur le trottoir.

 

Il faut agir, alertent les habitants, soit en réservant les contre-allées aux seuls vélos, soit en créant « une vraie piste cyclable » sur le cours de la Libération. Ce qui entraînera, de fait, la suppression de quelques places de stationnement.

 

 

Certains carrefours, particulièrement problématiques

 

Le carrefour Alliés-Libération-boulevard Salengro mérite, lui aussi, un toilettage complet. « Dans cet ensemble essentiellement routier, cyclistes et piétons trouvent difficilement leur place », pointent les habitants. Qui suggèrent, entre autres, de rallonger la durée du feu vert pour les piétons et de guider davantage les cyclistes dans la traversée de ce carrefour par des marquages au sol.

 

Synthèse du diagnostic du plan vélos-piétons du quartier Foch-Alliés-Libération

Synthèse du diagnostic du plan vélos-piétons du quartier Foch-Alliés-Libération

 

Les carrefours de la rue Stalingrad constituent la cinquième et dernière grande problématique du quartier mise en exergue par le groupe de travail. Les vélos ne sont pas à la fête dans ce secteur, très routier. Il serait également judicieux, analyse le groupe, d’aménager une piste bidirectionnelle sur la rue Honoré de Balzac pour relier le quartier Mistral – Eaux Claires à la Chronovélo 2.

 

 

Réponse de la Métropole aux habitants… dans le courant de l’automne

 

Pour parfaire leur plan « vélos-piétons », deux groupes de travail pilotés par les responsables des écoles Élisée-Chatin et Sidi-Brahim ont passé au peigne fin les abords des établissements scolaires.

 

Travail de l'école Elisée Chatin sur les conflits cycles piétons voitures, carte extraite du plan Vélos-Piétons du quartier Foch-Aigle-Libération

Carte extraite du plan vélos-piétons du quartier Foch-Aigle-Libération

Outre un ensemble de remarques sur les problèmes rencontrés par les parents et les enfants lors de leurs déplacements vers l’école, ils font un certain nombre de propositions.

 

Quid du devenir de ce travail bénévole dont « la qualité et la méthodologie » ont été saluées par les élus grenoblois ? Il est désormais entre les mains de la Métropole.

 

« La collectivité devrait, d’ici la fin de l’année, revenir vers les habitants pour leur présenter un calendrier de mise en œuvre des premiers travaux », annonce Jacques Wiart… prudemment toutefois, car les services de la Métropole « sont très très sollicités ».

 

Séverine Cattiaux 

 

commentez lire les commentaires
9320 visites | 9 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 9
  1. Des habitants? Qui sont ces personnes, on peut savoir? N9n parce qu’a chaque ateliers pseudo participatifs, ce sont toujours des militants pro Piolle qui ressortent?!

    sep article
  2. parce qu’à Grenoble on est allé trop loin. La prochaine municipalité aura du travail pour équilibrer les modes du transport: forcer le partage plus équilibré des espaces publics entre le tram, le vélo et la voiture. Bien évidemment, ça sera au bénéfice des voitures et au détriment des autres transports. Souffrez, Monsieur, c’est inevitable 🙂

    sep article
    • Aller trop loin dans la réduction de la place du trafic motorisé dans Grenoble. C’est une blague ?
      Il suffit de prendre la moindre rue pour avoir une configuration typique sur 12 à 14 m de large de 2 files de stationnement + 2 files de circulation + 2 trottoirs de moins d’1m50 de large. Je vous évite le calcul on vous annonçant que plus de 75% de l’espace est consacré au trafic motorisé alors que celui-ci représente, dans Grenoble, moins de 50% (version optimiste de la dernière EMD) des déplacements.
      Donc, ça va être à vous de souffrir encore davantage avec une diminution inexorable de l’espace consacré au trafic motorisé au profit de la marche à pied, des personnes qui se déplacent à vélo et des TC. A l’image de ce que *toutes* les grandes villes font.
      Et puis, avec l’élargissement de l’A480 pour lequel les promoteurs, quels qu’ils soient, ont annoncé que cela allait drainer le trafic de transit, cette diminution va pouvoir s’accélérer puisque le trafic va virer sur l’A480 ! Donc une fois ce trafic disparu, l’espace consacré au trafic motorisé pourra encore diminuer. C’est chouette non ?

      sep article
      • Votre frénésie anti-voiture vous dissert, car elle trahit une obsession maladive. Et l’opinion des obsédés n’est pas pris en compte (sauf par les autres obsédés, comme c’est le cas avec la municipalité actuelle). Une fois on changera en 2020 cette municipalité, on va rééquilibrer les espaces publics au profit de la voiture (+de voies pour la circulation, + parkings + de places de stationnement en centre ville).
        Perso, je ne suis pas trop concerné (pas besoin de me garer à Grenoble, je la traverse seulement) et je roule sans problèmes dans mon 4×4 aujourdh’ui et je continuerai de le faire après 2020, mais pour ceux qui habitent à Grenoble même, ça sera une bonne nouvelle.
        Souffrez, Monsieur. On vous a eu avec l’A480, on va vous avoir avec la circulation à Grenoble.

        sep article
        • Merci donc pour votre précieux témoignage qui illustre parfaitement les propos de gens comme vous qui sont contre la réduction de la place de la voiture en ville et que je résume en quelques mots : « je veux pouvoir continuer à traverser la ville avec ma voiture sans contrainte sans me soucier des autres ».

          C’est justement ce genre de trajet de transit comme vous le faites qu’il faut virer du centre des villes (pas seulement Grenoble) pour le bien-être des habitant(e)s (dont vous vous foutez apparemment) et la sécurité des piétons et des personnes à vélo. Et en plus, avec un 4×4, le summum de la connerie en matière de déplacement urbain, c’est vrai que l’agglo a un réseau routier digne d’une jungle ! Vous représentez une caricature égoïste de votre propre petite personne et dont vous vous gargarisez. Je vous laisse deviner l’image que vous laissez, à hauteur (ou plutôt petitesse) de vos écrits qui ne proposent *jamais* aucune solution pour lutter contre la pollution et la congestion.

          Pour clarifier les choses et espérant que vous puissiez en faire l’analyse intellectuelle, non, je ne suis pas anti-voiture. La voiture fait partie de la panoplie des déplacements, tout comme la marche à pied, le vélo, les TC, le covoiturage, d’un point à un autre ou en multimodal. Par contre, oui, je suis contre le trop-plein de voitures en centre-ville, contre l’utilisation irraisonné de la voiture, contre les déplacements faits en voiture et qui pourraient être réalisés autrement. Contrairement à ce que vous affirmez, ce n’est pas être anti-voiture. Mais c’est peut-être un peu dur à comprendre pour des gens comme vous qui voient le monde de façon binaire ou manichéenne.

          sep article
  3. Résumé de l’ article : 7 (sept) retraités, qui n’ ont pas grand chose à faire, sauf pourrir la vie aux autres habitants de Grenoble et banlieue, ont réclamé plus de pistes cyclables (très probablement sur l’incitation de Piolle)

    sep article
    • En quoi demander de vrais aménagements cyclables et des trottoirs exclusivement pour les piétons consistent à pourrir la vie aux autres habitants de Grenoble et banlieue ? Bien au contraire, je trouve cette démarche particulièrement sensée.

      sep article
  4. sep article
  5. Non seulement, les habitants de ce quartier sont déjà assez gâtés par la collectivité sans qu’il soit nécessaire de dépenser encore plus d’argent pour eux (ils ont déjà deux lignes de tram comme expliqué dans l’article). Mais aussi, ce n’est pas avec des pistes flambant neuves qu’on va empêcher les cyclistes grenoblois de se comporter comme des ados attardés et pseudo-rebelles. Ces derniers méritent juste des amendes salées jusqu’à ce qu’ils se comportent mieux avec les piétons, et cela vaut aussi pour les automobilistes (donc pas la peine de faire du whataboutisme).

    sep article