Des « fantômes terrifiés » peints sur les pierres qui ont remplacé les tentes du campement de Saint-Bruno

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FIL INFO – Deux semaines après l’évacuation du campement de Roms installé entre Saint-Bruno et la gare de Grenoble, des citoyens solidaires ont peint des fantômes sur les pierres ayant remplacé les tentes. Que représentent-ils ? « Des fantômes terrifiés des pauvres que l’on pourchasse. »

 

 

Déjà deux semaines que le campement de Saint-Bruno a été évacué et remplacé par de grosses pierres grises. Pour soutenir les personnes expulsées et dénoncer la prise en charge jugée insuffisante de celles qui vivent à la rue, des citoyens ont peint, ce dimanche 14 juillet, des fantômes criant sur les rochers.

 

Dessins de fantôme sur les pierres installées à Saint Bruno /DR

Dessins de fantômes sur les pierres installées à Saint-Bruno. DR

 

À la suite de l’évacuation du campement, les demandeurs d’asile ont été provisoirement hébergés dans un hôtel de Voreppe. Tandis que la Ville accueille temporairement les autres dans le gymnase de la Houille blanche.

 

Plusieurs dizaines de personnes se sont mobilisées à proximité de la gare ce vendredi 28 juin au matin, cours Berriat, pour "exiger" une "immédiate mise à l'abri"

Campement de Roms près de la gare, vendredi 28 juin, avant leur évacuation. © Nina Soudre

Et, à la place du campement de la cinquantaine de personnes, se trouvent désormais 19 blocs de pierre, d’un poids de 15 tonnes. Un aménagement destiné à mettre à mal « les passeurs et les locataires d’emplacement », selon la mairie, qui n’a toutefois pas voulu donner plus de détails à ce sujet malgré notre demande. La situation en a, en tout cas, offusqué plus d’un et a motivé des associations* à réaliser ces peintures.

 

 

Des affiches placardées pour « dénoncer la chasse aux pauvres »

 

Les militants ont également collé des affiches pour dénoncer ce qu’ils appellent une « chasse aux pauvres ». Un message clair ainsi envoyé à la « Police française », au préfet, au « Chef de Grenoble et sa cour » et bien d’autres encore.

 

Affiche collée à l'ancien emplacement du campement de réfugiés /DR

Affiche collée sur l’ancien emplacement du camp. DR

D’autres associations comme Réseau éducation sans frontières (RESF), le Centre d’informations inter peuples (CIIP) et la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (Cisem) ont été reçues par la métropole, mais attendent toujours un entretien avec le personnel exécutif.

 

Du reste, une partie des anciens habitants du campement dorment toujours au gymnase de la Houille blanche. Tandis que, d’après la préfecture, des places se sont libérées dans des Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada).

 

Nina Soudre

 

 

* Romeurope.org, federationsolidarité.org, inégalités.fr

 

 

Mise à jour le 16 juillet à 17 heures, suite à une réponse de la préfecture :

 

Le samedi 27 juin, 21 demandeurs d’asile ont été pris en charge par les services de l’État et hébergés à l’hôtel de Voreppe. Ils ont tous été orientés au cours des semaines 27 et 28 vers des hébergements pour demandeurs d’asile, à l’exception d’un homme seul en situation de demande d’asile qui a refusé l’orientation proposée.

 

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Commentaires 1
  1. C’est pas un tout petit peu gênant que leur affiche appelle à « aller raser les villas des coteaux chics » ?

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