Accord UE-Mercosur : le département de l’Isère n’échappe pas aux inquiétudes face au traité de libre-échange

sep article

 

EN BREF – Haro sur le Mercosur ? La signature d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays d’Amérique du Sud alliés dans le Mercado Común del Sur inquiète, en France comme en Isère. Alors que les Jeunes agriculteurs dénoncent le traité, l’opposition écologiste du Département appelle son président à se positionner clairement. Et les défenseurs du climat organisent, eux, une première réunion publique sur la question ce vendredi 12 juillet à Grenoble.

 

 

L’accord commercial passé entre l’Union européenne et le Mercosur s’invite dans les préoccupations agricoles iséroises. En juin 2019, l’Europe et les pays du Mercado Común del Sur (Marché commun du Sud), soit l’Argentine, de Brésil, le Paraguay et l’Uruguay ont signé un accord de libre-échange mettant fin à des négociations de près de vingt ans. Et qui ne manque pas d’inquiéter, entre autres, le monde agricole.

 

L'accord entre l'UE et le Mercosur inquiète les Jeunes agriculteurs de l'Isère.Terres Agricoles en Isère. © Grenoble Alpes Métropole

Terres agricoles en Isère. © Grenoble Alpes Métropole

 

« L’UE fonce dans le mur et accélère », dénoncent ainsi dans un communiqué les Jeunes agriculteurs (JA) de l’Isère. Pour l’organisation partenaire de la FDSEA au sein de la majorité de la Chambre d’agriculture de l’Isère, l’accord représente « clairement la remise en cause de notre agriculture, mais aussi de notre alimentation, de la santé des consommateurs et des engagements climatiques ».

 

 

Des agriculteurs européens non compétitifs face au Mercosur

 

Les raisons de la colère ? La différence entre le modèle agricole européen et sud-américain. « Les tailles de troupeau de milliers de têtes, des exploitations de plus de 2 000 hectares, l’usage de produits phytosanitaires ou de médicaments vétérinaires interdits en Europe sont monnaies courantes », décrivent les JA. Et ceux-ci de s’interroger sur leur capacité à se montrer « compétitifs » face à leurs collègues brésiliens ou argentins.

 

L'accord de libre échange entre l'UE et les pays du Mercosur inquiète les Jeunes agriculteurs de l'Isère.L’agriculture française (et iséroise) menacée par une agriculture sud-américaine émancipée des normes ? DR

L’agriculture française (et iséroise) menacée par une agriculture sud-américaine émancipée des normes ? DR

 

« Les exploitations agricoles françaises ne pourront pas survivre à l’empilement des contraintes sur les normes de production en France et en Europe et, en même temps, à l’importation de produits qui ne les respectent pas », jugent ainsi les Jeunes agriculteurs. Tout en considérant que l’accord passé avec le Mercosur revient à importer « l’agriculture dont nous ne voulons pas » et « l’alimentation que les Français ne veulent pas dans leur assiette ».

 

Du côté des élus d’opposition écologiste du Département, l’inquiétude domine également vis-à-vis de l’accord conclu avec le Mercosur. Le groupe RCSE le décrit ainsi comme « une catastrophe annoncée pour la préservation de la biodiversité, la lutte contre le réchauffement climatique, ainsi que pour les filières iséroises de qualité ». Et la politique n’étant jamais loin, les élus appellent le président du Département à se positionner sur cet accord.

 

 

Une rencontre publique à Grenoble vendredi 12 juillet

 

Quid des élus de la majorité ? La députée de la septième circonscription de l’Isère Monique Limon compte parmi les 72 parlementaires LREM à avoir interpellé le gouvernement sur l’accord entre l’UE et le Mercosur.

 

La député de l'Isère Monique Limon compte parmi les parlementaires LREM à interpeller, poliment, le gouvernement sur la question de l'accord avec le Mercosur. DR

La député de l’Isère Monique Limon compte parmi les parlementaires LREM à interpeller, poliment, le gouvernement sur la question de l’accord avec le Mercosur. DR

Les députés écrivent avoir demandé « des engagements clairs sur la procédure de ratification de l’accord, sur la protection des agriculteurs européens et sur les mesures de lutte contre le dérèglement climatique et en faveur de la préservation de la biodiversité ».

 

L’interpellation n’a rien d’une fronde et les parlementaires ont « accueilli avec satisfaction » la réponse du ministre des Affaires étrangères. Jean-Yves Le Drian a ainsi annoncé demeurer ferme sur les accords de Paris, et sur la protection des normes environnementales et des filières industrielles et agricoles. Avec, ajoute le ministre, la mise en place d’une « étude d’impact » que saluent les députés.

 

Le Collectif citoyen pour le climat de Grenoble compte, pour sa part, ouvrir le débat publiquement. Et organise une rencontre ce vendredi 12 Juillet à 18 heures à la Maison de la nature et de l’environnement de Grenoble. Pour y parler non seulement de l’accord avec le Mercosur, mais aussi du Ceta (Accord économique et commercial global). Et d’autres accords de libre-échange, facteurs selon le collectif, de risques « sur les aspects sociaux et environnementaux ».

 

Florent Mathieu

 

commentez lire les commentaires
3400 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.