Centrale nucléaire du Bugey : suite à un rapport, les élus écologistes de la Région Auvergne-Rhône-Alpes tirent la sonnette d’alarme

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FIL INFO – Alors qu’une récente étude de l’Institut Biosphère de Genève décrit la centrale du Bugey (Ain) comme vieillissante et mal sécurisée, les élus écologistes de la Région Auvergne-Rhône-Alpes tirent la sonnette d’alarme. Et demandent, comme ils l’ont déjà fait par le passé, la fermeture d’une centrale qui pourrait exposer 5 millions de Français à des radiations en cas d’accident.

 

 

Une centrale nucléaire technologiquement et physiquement vieillissante, avec des défauts de structure de réacteur et de systèmes de sécurité non corrigés ? C’est ainsi qu’un rapport (en anglais) de l‘Institut Biosphère de Genève décrit la centrale du Bugey, située dans le département de l’Ain. Un rapport qui vise à modéliser l’impact sur les populations d’un accident majeur dans plusieurs centrales, dont celle de la commune de Saint-Vulbas.

 

Les élu(e)s du groupe RCES de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. © RCES

Les élus du groupe RCES de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. © RCES

 

On l’aura compris : les scientifiques suisses ne sont pas très optimistes sur l’état de la centrale aindinoise, ou sur les conséquences d’un accident. De quoi inquiéter les élus d’opposition du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire (RCES) au Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. Des élus qui, s’ils ne se disent pas surpris, expliquent « [ressentir] l’impérieuse nécessité de faire connaître les résultats de cette étude au plus grand nombre ».

 

 

Cinq millions de Français seraient exposés en cas d’accident

 

« Le chiffre le plus élevé de personnes potentiellement impactées par une contamination d’ampleur est celui de la centrale du Bugey, la deuxième plus ancienne centrale de France », écrivent ainsi les conseillers régionaux écologistes. « Si un incident survenait, jusqu’à 5 millions de Français seraient exposés aux radiations », ajoutent-ils. Et même… 24 millions sur l’ensemble de l’Europe sur des doses de radiations plus faibles, précise l’étude.

 

Centrale nucléaire du Bugey. DR

Centrale nucléaire du Bugey. DR

 

« J’entends bien que nous n’avons pas tous les mêmes approches énergétiques, mais les chiffres sont là. Nul ne peut encore ignorer que le Bugey pose une question de sécurité publique », estime Corinne Morel-Darleux. Déjà porteuse d’un vœu demandant la fermeture de la centrale du Bugey, la conseillère régionale et son groupe RCES comptent bien s’appuyer sur la récente étude pour maintenir la pression sur les collectivités.

 

En 2017, la centrale du Bugey avait déjà fait parler d’elle. Le 20 juin, un feu se déclarait dans un bâtiment situé à proximité d’un réacteur, suite à des travaux de réfection de la toiture. Un accident classé zéro sur l’échelle de gravité de l’Autorité de sûreté du nucléaire. Suivi, à peine dix jours plus tard, d’une nouvelle activation du plan d’urgence, cette fois due à une surpression dans le circuit de refroidissement de l’un des réacteurs.

 

FM

 

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Commentaires 2
  1. Je ne partage pas: 38% du mix électrique allemand à base de charbon est-ce une bonne nouvelle pour vous ?
    Je ne suis pas non plus un pro nucléaire, mais attention à tirer des conclusions qui déguisent un lobby suisse qui toutes choses étant égal par ailleurs bénéficie d’une mine d’or avec ses barrages hydrauliques turbines pompes pour devenir la réserve du stockage ENR européen, ils ont donc tout intérêt de faire tourner leurs barrages pour gérer l’intermittence de l’eolien Allemand. En clair les suisse stockent quand l’éolien allemand n’est pas consommé par production par excès grâce aux barrages, et revendent au « bon moment » en faisant turbiner aux allemands pour absorber la pointe de consommation…une machine à cash…

    Enfin rappelons simplement que la plus vieille centrale nucléaire est monde est…suisse.

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  2. Et pendant ce temps-là, en Allemagne, les énergies renouvelables ont dépassé le charbon en 2018, avec plus de 40% (!) et une progression de plus de 4% en un an :

    https://www.connaissancedesenergies.org/allemagne-un-mix-electrique-plus-renouvelable-que-charbonne-en-2018-190107

    Ce n’est pas encore parfait, mais le choix stratégique fait par les Allemands de se passer de nucléaire suite à l’accident de Fukushima a permis de donner une forte impulsion en faveur des énergies renouvelables et tout ceci à prix HT maîtrisé! Pendant ce temps, nous, on traîne nos vieilles centrales comme un boulet! Le choix des Allemands sera payant à terme!

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