« Siffler n’est pas jouer » : du théâtre à la gare de Grenoble pour sensibiliser au harcèlement de rue

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REPORTAGE VIDÉO – La compagnie Ru’elles, soutenue par la Ville de Grenoble, organisait vendredi 12 avril plusieurs actions devant la gare, dans le cadre de la semaine de sensibilisation contre le harcèlement de rue. Notamment une scène où deux comédiens se mettaient dans la peau du harceleur et de la harcelée jusqu’à ce que les passants interviennent. Une réaction qui n’est pas automatique, ou en tout cas, pas immédiate…

 

Théâtre-forum à la gare de Grenoble sur le thème du harcèlement de rue afin de sensibiliser les passants.

Théâtre forum devant la gare de Grenoble pour sensibiliser contre le harcèlement de rue. DR

Et vous, seriez-vous intervenu devant une scène de harcèlement ? Toutes les femmes ont vécu cette mauvaise expérience au moins une fois dans leur vie. Le harcèlement de rue est bien présent au quotidien. Et sans intervention peut parfois, aller loin. C’est pourquoi la compagnie Ru’elles a choisi de sensibiliser chacun au problème.

 

 

« C’est la peur qui empêche d’intervenir »

 

Devant la gare de Grenoble vendredi après-midi, plusieurs actions étaient co-organisées avec le planning familial et La pagaille. Notamment, une scène où un comédien se montrait insistant avec une comédienne jusqu’à ce que les passants réagissent. Une après-midi de sensibilisation soutenue par la Ville de Grenoble. Le maire Eric Piolle et l’adjoint à l’égalité des droits et à la vie associative Emmanuel Carroz étaient d’ailleurs présents.

 

 

Reportage d’Élisa Montagnat

 

Théâtre invisible, situations inversées, zone d’expression temporaire… Tous les moyens sont bons pour faire réfléchir les passants. Beaucoup n’osent en effet pas intervenir dans la rue, « parce qu’on ne se sent jamais légitime », explique Julie Arménio, directrice artistique de la compagnie Ru’elles, « alors qu’on se doit de réagir dans un espace public. Ce qui revient souvent aussi : c’est la peur qui empêche d’intervenir. La peur de l’autre et de la violence, ce qui, en fait, n’arrive pas souvent. »

 

La compagnie Ru'elles organisait 12 avril 2019 un théâtre-forum à la gare de Grenoble sur le thème du harcèlement de rue, afin de sensibiliser les passants.

Après la scène de théâtre, Julie Arménio prend la parole pour demander aux passants pourquoi ils ont réagi ou pas devant ce cas de harcèlement de rue. © Élisa Montagnat

Si, lors du premier essai, un passant est intervenu après quelques minutes, la deuxième fois ce sont les agents de la SNCF qui s’en sont chargés. Un groupe d’hommes était là, mais ils n’ont « pas osé ». Un groupe de jeunes femmes étaient là également, mais elles ont pensé que « c’était aux hommes d’agir ».

 

Julie Arménio l’avoue : « On sait que c’est difficile. Après, nous ne sommes pas là pour culpabiliser les personnes. Le cœur de l’action, c’est de parler du consentement et de nos manières de dire non, que les hommes n’interprètent pas comme ça. Une fuite, une absence de réponse ou même un regard baissé est un non. C’est de ça qu’on parle avec les hommes. »

 

 

Depuis l’été dernier, la loi prévoit des amendes pour les harceleurs

 

Lors de l’intervention des agents de la SNCF, le comédien est passé à deux doigts de recevoir une amende… Car au mois d’août dernier, une loi contre les violences sexistes a été adoptée en France. Celle-ci prévoit notamment la verbalisation du harcèlement de rue. Faire des commentaires sur le physique d’une personne, avoir des propos sexistes ou la suivre dans la rue peuvent coûter cher : de 90 à 750 euros d’amende, voir 3 000 euros en cas de circonstances aggravantes.

 

Élisa Montagnat

 

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