Grand débat national : premier bilan en Isère à l’occasion de la remise de 375 cahiers citoyens

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FOCUS – La préfecture de l’Isère dresse « un bilan satisfaisant » de la participation citoyenne du Grand débat national. Si des réunions sont encore en préparation, 319 communes lui ont d’ores et déjà remis 375 cahiers citoyens. Ce qu’il en ressort surtout ? Des problèmes de pouvoir d’achat, le souhait d’une démocratie plus directe, l’importance de la transition écologique et, plus surprenant, un fort « sentiment d’isolement » des Français.

 

 

Remise sym­bo­lique des cahiers à la pré­fec­ture. © Charles Thiebaud – placegrenet.fr

Les cahiers citoyens rem­plis dans le cadre du Grand débat natio­nal sont actuel­le­ment en route vers Paris, où ils vont rejoindre la Bibliothèque natio­nale de France (BNF).

 

Ils ont été sym­bo­li­que­ment remis à Lionel Beffre, pré­fet de l’l­sère, ce lundi 25 février à 11 h 30, par Michel Champon, pré­sident de l’as­so­cia­tion des maires de com­munes rurales de l’Isère et maire de Saint-Geoirs, et par Christian Coigné, vice-pré­sident de l’as­so­cia­tion des maires de l’Isère et maire de Sassenage.

 

Le Grand débat natio­nal, lancé le 15 jan­vier 2019 par le pré­sident de la République, invite en effet le peuple fran­çais à débattre et à s’ex­pri­mer. Ceci à tra­vers des contri­bu­tions écrites, sur la pla­te­forme ou sur des cahiers citoyens com­mu­naux, et à tra­vers des réunions d’i­ni­tia­tive locale. La clô­ture des cahiers a quant à elle eu lieu le 20 février et les maires des com­munes ont pu les trans­mettre à la pré­fec­ture dès le 21 février. Mais des contri­bu­tions en ligne sont encore pos­sibles, de même que les réunions qui ne pren­dront fin que le 15 mars 2019.

 

 

Déjà 280 000 contributions

 

La préfecture de l'Isère dresse "un bilan satisfaisant" de la participation citoyenne au Grand débat national et fait état des premières tendances.

Envois de cahiers citoyens. © Charles Thiebaud – placegrenet.fr

La pré­fec­ture de l’Isère a reçu 375 cahiers pro­ve­nant de 319 com­munes sur les 512 que compte le dépar­te­ment. « Dans bien plus que la moi­tié [des com­munes, ndlr], des citoyens ont été en mai­rie pour expri­mer leurs avis, leurs sug­ges­tions, leurs pro­po­si­tions », se féli­cite le pré­fet, qui loue cette par­ti­ci­pa­tion citoyenne.

 

« Nous ne fai­sons pas de tra­vail de tri, de sélec­tion, tient-il à faire obser­ver. On ne pri­vi­lé­gie pas les cahiers de telle ou telle com­mune. La pré­fec­ture n’est qu’un lieu de pas­sage, avant la Bibliothèque natio­nale de France (BNF). »

 

« Aujourd’hui, nous en sommes au jour où nous allons envoyer tous les cahiers citoyens par La Poste au niveau natio­nal pour qu’ils puissent être ensuite exploi­tés au niveau cen­tral », annonce Lionel Beffre.

 

Mais au fait pour­quoi la BNF ? Parce que c’est elle qui va se char­ger de réfé­ren­cer, d’in­dexer, de numé­ri­ser et de retrans­crire les cahiers citoyens. Ensuite, tous les citoyens y auront accès sur le site du Grand débat. Et un consor­tium de spé­cia­listes s’emploiera à en reti­rer les prin­ci­pales idées et pro­po­si­tions grâce à un sys­tème d’in­tel­li­gence col­lec­tive et de trai­te­ment de don­nées de masse.

 

« C’est quand même un tra­vail par­ti­cu­lier que de recen­ser l’in­té­gra­lité des contri­bu­tions faites à la fois sur les cahiers citoyens et sur le site, par le biais de ques­tions à réponses courtes mais aussi de contri­bu­tions libres. Nous comp­tons à peu près 280 000 contri­bu­tions sous for­mat libre, soit phy­si­que­ment dans les mai­ries, soit en ligne », réper­to­rie Chloé Lombard, secré­taire géné­rale adjointe de la pré­fec­ture.

 

 

Les quatre thèmes de la lettre aux Français très abordés

 

Reste à attendre le trai­te­ment par la BNF. Mais le pré­fet est déjà en mesure de don­ner une impres­sion du contenu des cahiers. Il en a « par­couru quelques-uns » « pour voir un peu quelles étaient les idées émises ».

 

Cahiers citoyens © Charles Thiebaud – placegrenet.fr

Le pré­sident avait pro­posé quatre thèmes dans sa lettre aux Français : la fis­ca­lité et les dépenses publiques, l’or­ga­ni­sa­tion de l’État et des col­lec­ti­vi­tés publiques, la tran­si­tion éco­lo­gique, et pour finir la démo­cra­tie et la citoyen­neté.

 

« Les quatre thèmes sont vrai­ment très abor­dés », observe Lionel Beffre. « Les ques­tions de pou­voir d’a­chat sont régu­liè­re­ment évo­quées… Et puis la rela­tion des citoyens à la démo­cra­tie. Certains sou­haitent une démo­cra­tie plus directe, moins d’é­tapes admi­nis­tra­tives », fait savoir le pré­fet.

 

Plus pré­ci­sé­ment ? « Tout ce que vous avez eu l’oc­ca­sion d’en­tendre, ici ou là, dans les débats ou même les débats télé­vi­sés, on le retrouve dans les cahiers, pour­suit-il. Quand on lance un débat avec des thèmes variés, il faut s’at­tendre à ce qu’ef­fec­ti­ve­ment les pro­po­si­tions soient diver­si­fiées. » Et Lionel Beffre de rap­pe­ler que le débat n’est pas fini. Certes les cahiers remontent à Paris, mais les réunions peuvent se tenir jus­qu’au 15 mars. « On n’est pas tout à fait au bout de la démarche. »

 

 

Un sentiment d’isolement des Français

 

À ce jour, 185 réunions se sont tenues en Isère dont 38 % ont été ini­tiées par les com­munes, 35 % par la société civile, essen­tiel­le­ment des asso­cia­tions mais aussi des citoyens, et 27 % par les par­le­men­taires. D’autres sont encore pla­ni­fiées.

 

La préfecture de l'Isère dresse "un bilan satisfaisant" de la participation citoyenne au Grand débat national et fait état des premières tendances.

Lionel Beffre, Michel Champon et Christian Coigné lors de la remise des cahiers citoyens à la pré­fec­ture. © Charles Thiebaud – placegrenet.fr

De ces pre­mières réunions, Lionel Beffre tire un bilan pro­vi­soire : « Les réunions n’ont pas sus­cité de dif­fi­cul­tés. Elles se sont tenues dans un cli­mat apaisé. Les gens ont pu s’ex­pri­mer et on n’a pas noté de vio­lences, ni quoi que ce soit dans l’or­ga­ni­sa­tion des débats. Dès lors qu’on per­met aux gens de s’ex­pri­mer, les choses se passent plu­tôt bien. »

 

Bilan posi­tif en matière de par­ti­ci­pa­tion citoyenne donc. Mais quid du contenu ? « Ce qui res­sort en géné­ral [des réunions, ndlr], c’est un sen­ti­ment d’i­so­le­ment de Français, note Christian Coigné. Et ce sen­ti­ment est bien plus exa­cerbé en région rurale qu’ur­baine. Il y a la dis­pa­ri­tion des ser­vices, pas que publics, pri­vés aussi. Les sta­tions essences dis­pa­raissent… Et avec l’agrandissement des régions, on sent que le pou­voir s’é­loigne petit à petit. […] Il est inté­res­sant de voir quelles réponses le gou­ver­ne­ment va pou­voir appor­ter à ce sen­ti­ment d’i­so­le­ment. »

 

En atten­dant, il reste deux dates à rete­nir concer­nant le Grand débat : un « stand de proxi­mité grand débat », en mars à la gare de Grenoble, et une confé­rence régio­nale à Lyon avec des citoyens tirés au sort.

 

Charles Thiebaud

 

 

Comment continuer à participer au Grand débat jusqu’au 15 mars 2019 ?

 

- Participer aux réunions d’i­ni­tia­tive publique

- Contribuer en ligne sur la pla­te­forme, onglet « Contribution » ou « Questions »

- Transmettre sa contri­bu­tion par voie pos­tale à l’a­dresse : Grand Débat natio­nal, BP 70164, 75326 Paris Cedex 07

 

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Commentaires 1
  1. Participation citoyenne ? Vous rigo­lez ?
    Tout le monde s’en fiche, car tout le monde a inté­gré que cela ne ser­vira à rien.
    « Les réunions n’ont pas sus­cité de dif­fi­cul­tés. Elles se sont tenues dans un cli­mat apaisé. Les gens ont pu s’exprimer et on n’a pas noté de vio­lences, ni quoi que ce soit dans l’organisation des débats. Dès lors qu’on per­met aux gens de s’exprimer, les choses se passent plu­tôt bien.  »
    Le monde des bisou­nours quoi…

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