Des candidats stagiaires réaiguillés vers la permanence d’Émilie Chalas : du clientélisme pour le PCF

sep article



EN BREF – Faut-il passer par la case LREM pour espérer décrocher un stage quand on est élève de troisième dans les quartiers prioritaires de Grenoble ? C’est ce que laisse à penser le compte-rendu d’une réunion publique de la députée de l’Isère Émilie Chalas. Les communistes grenoblois crient au clientélisme, la section En marche de l’Isère invoque, elle, un problème technique.

 

 

Document extrait du compte-rendu de la réunion organisée le 30 novembre 2018 à la Villeneuve sur l'emploi publié sur le site de la députée LRM Emilie Chalas

Document extrait du compte-rendu de la réunion orga­ni­sée le 30 novembre 2018 à la Villeneuve sur l’emploi publié sur le site de la dépu­tée LREM Émilie Chalas

En orga­ni­sant le 30 novembre der­nier à La Villeneuve une réunion publique autour de « l’in­clu­sion éco­no­mique pour l’emploi et les quar­tiers », la fédé­ra­tion dépar­te­men­tale de La République en marche et la dépu­tée de l’Isère Émilie Chalas se sont-elles lan­cées dans une opé­ra­tion clien­té­liste ?

 

C’est ce que dénonce le parti com­mu­niste de Grenoble. En cause ? Une réunion publique donc, orga­ni­sée à la suite du dis­cours du 22 mai d’Emmanuel Macron. Pour lut­ter contre l’ex­clu­sion sociale, le pré­sident de la République prô­nait l’in­clu­sion éco­no­mique.

 

Sitôt dit, presque sitôt fait ? Dans le cadre de la semaine de l’in­clu­sion éco­no­mique, la dépu­tée de l’Isère Émilie Chalas lan­çait donc un ate­lier-débat dans un des quar­tiers visés. Sans son col­lègue de banc Olivier Véran, annoncé puis excusé. Mais aux côtés de plu­sieurs inter­ve­nants.

 

Objectif ? « Réfléchir avec l’en­semble des acteurs aux moyens concrets de faci­li­ter l’emploi des habi­tants des quar­tiers prio­ri­taires », dixit le compte-rendu consul­table sur le site de la dépu­tée.

 

 

Une réunion publique à quelles visées ?

 

Une soixan­taine de per­sonnes, habi­tants et asso­cia­tifs des dif­fé­rents quar­tiers prio­ri­taires de la ville étaient ainsi ras­sem­blées aux côtés de repré­sen­tants ins­ti­tu­tion­nels comme Pôle emploi ou de repré­sen­tants du monde éco­no­mique, comme le Medef.

 

Avec quelles visées ?  « À Grenoble, on a une indus­trie qui se porte très bien mais qui a besoin de main-d’œuvre. Or, il y a une sorte de défiance envers les patrons. Il faut donc mettre ces deux par­ties en rela­tion », sou­ligne Olivier Six, l’un des inter­ve­nants du Medef à la réunion publique.

 

Faut-il passer par la case LREM pour décrocher un stage ? Le compte-rendu d'une réunion publique de la députée de l'Isère Émilie Chalas sème le doute.Elections législatives. Soirée électorale à la Préfecture de l'Isère. 11 juin 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

La dépu­tée de l’Isère Émilie Chalas, lors des élec­tions légis­la­tives, le 11 juin 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

L’intention parait louable. D’autant qu’Olivier Six, coiffé de sa cas­quette de repré­sen­tant des PME indus­trielles à la chambre de com­merce et d’in­dus­trie de Grenoble, est aussi à la tête de CIC Orio, une entre­prise où les besoins en main-d’œuvre sont criants. La société pro­pose ainsi trente postes de chau­dron­niers, sou­deurs et élec­tro-méca­ni­ciens.

 

Sauf que depuis la mi-décembre, Olivier Six est devenu, après plu­sieurs mois de trac­ta­tions internes, le… réfé­rent dépar­te­men­tal d’En marche en Isère. Et que le compte-rendu de la réunion publique sur le site inter­net d’Émilie Chalas laisse pla­ner comme un malaise.

 

Un compte-rendu dans lequel Olivier Six revient sur les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par les entre­prises à recru­ter. Et, ce fai­sant, sur l’im­por­tance des stages ouverts aux col­lé­giens de troi­sième. Jusqu’à pro­po­ser, au nom du Medef Isère, une tren­taine de stages dans des entre­prises à des­ti­na­tion des jeunes des quar­tiers de Grenoble. Mais une pro­po­si­tion accom­pa­gnée d’une pré­ci­sion qui a fait bon­dir la sec­tion de Grenoble du PCF.

 

« Les per­sonnes inté­res­sées par ces stages sont invi­tées à prendre contact avec l’é­quipe par­le­men­taire et à envoyer leur CV à emile.chalas@assemblee-nationale.fr », pré­cise le compte-rendu. Faut-il pas­ser par la case LREM pour espé­rer décro­cher un stage ? s’in­ter­roge Nicolas Beron Perez, le secré­taire de la sec­tion gre­no­bloise du PCF. Olivier Six plaide un « pro­blème tech­nique ».

 

 

« Il fallait un point d’entrée. On a mis l’adresse de la permanence parlementaire »

 

« Il fal­lait un point d’en­trée. On aurait mis l’a­dresse medef.com, on aurait été taxé de faire la cam­pagne du Medef… sou­pire-t-il. Il n’y a aucun filtre. Et non, on n’offre pas un stage pour avoir autre chose. Il n’y a rien de clien­té­liste dans la démarche. Le député a un rôle d’a­ni­ma­teur du ter­ri­toire. »

 

Émilie Chalas votant au budget participatif 2018. DR

Émilie Chalas votant au bud­get par­ti­ci­pa­tif 2018. DR

Les com­mu­nistes n’y croient guère. Ils pointent des « logiques de conni­vence et des ten­ta­tives de créa­tion d’un réseau qui pour­rait s’ap­pa­ren­ter à la mise en place d’un sys­tème clien­té­liste » et s’en réfèrent à la défi­ni­tion for­mu­lée par Anticor.

 

 

Un pro­ces­sus de recru­te­ment opaque, donc, pour le PCF. Ce der­nier dénonce par ailleurs le double dis­cours d’Émilie Chalas, « qui consiste à détruire des droit col­lec­tifs d’un côté, et de l’autre à dis­tri­buer des miettes au niveau local afin de se consti­tuer des obli­gés ».

 

Patricia Cerinsek

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
commentez lire les commentaires
4835 visites | 8 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 8
  1. sep article
  2. Clientélisme total !
    Scandale absolu !
    Mme Chalas va devoir s’ex­pli­quer et vite.

    sep article
  3. Oyez-Oyez Grenoblois au chô­mage ou en cours de recon­ver­sion, Emilie Chalas dépu­tée LEREM, recrute à tour de bras. La démarche est simple :  »il faut prendre contact avec sa per­ma­nence par­le­men­taire ‑et sur­tout pas Pôle Emploi- afin d’être qua­si­ment assuré de trou­ver un 1er stage en entre­prise » ! Et oui pas­ser par la case  »LEREM » devrait per­mettre (semble-t-il) à cer­tains de trou­ver du tra­vail. Mais alors diable me direz-vous  »à quoi sert Pôle Emploi et ses mil­liers d’employés ? ». Et je vous répon­drai :  »je n’en sais rien, à moins que le Président Macron est investi E. Chalas du rôle de recru­trice de l’Etat en marge du rôle de Pôle Emploi ».…

    sep article
    • Alors soyons fac­tuel, pour les stages de 3eme Pôle emploi n’y est pour rien.
      Il faut deman­der à « son réseau » – ce qui dans mon cas s’est arreté à la famille (tante) vu que l’on ne connais­sait per­sonne qui puisse « aider ».
      Ne mélan­gez pas tout, pour trou­ver de l’emploi c’est tra­ver­ser la rue qu’il faut, pas voir Madame Chanas.

      sep article
  4. mmm pas simple ;
    C’est en effet extrê­me­ment mal­adroit de ren­voyer page 4 du doc en lien pour un stage vers la dépu­tée. Ca fait en effet très « client ».
    Sur l’ar­gu­ment qu’ils n’a­vaient pas d’autres solu­tions / moyens .… c’est à creu­ser.
    Après c’est tou­jours le « genre humain » : la dépu­tée cen­tra­lise les demandes de stages et en pro­fite pour dif­fu­ser au employeurs. La socio­lo­gie à mon­tré les com­por­te­ments de recon­nais­sance même non volon­taires suite au contact créé / ser­vice rendu. Sur ce point il y a en effet clien­té­lisme dans le sens où un réseau de recon­nais­sance volon­taire ou induit se crée.
    Mais de là a en faire un article / un pataques. on parle de stage de 3 eme ! des stages de 3 eme ! Vous vous sou­ve­nez de votre stage de 3eme ? c’é­tait de la quasi gar­de­rie 😀
    Rien que l’en­voie de cho­co­lat par un client à un orga­nisme public en début d”&année est aussi grave si ce n’est plus.
    Il aurait été malin pour le PC de lais­ser faire, lais­ser déri­ver et attra­per un vrai pois­son.
    Bon, à suivre.

    sep article
  5. Si les patrons pleurent pour avoir des sala­riés il fau­drait qu’ils inter­viennent auprès du pré­fet et les élus auprès du gou­ver­ne­ment pour qu’ils arrêtent d’expulser les jeunes migrants en appren­tis­sage ou les sala­riés déjà en poste et qui reçoivent une obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais. C’est ridi­cule de miser sur les stages de 3e sauf effec­ti­ve­ment à faire de la pub pour le parti qui aura faci­lité l’obtention d’un stage.

    sep article
  6. Je ne savais même pas que le PCF exis­tait encore
    Avec cette tem­pête dans le verre d’eau du ridi­cule il nous amuse de nou­veau
    Continuons

    sep article
  7. Ping : Des candidats stagiaires réaiguillés vers la permanence d'Émilie Chalas : du clientélisme pour le … | France Politique