Rénover le square Saint-Bruno ? Un collectif d’habitants s’oppose au projet de la Ville… et à la méthode

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EN BREF — Des habitants du quartier Saint-Bruno de Grenoble s’opposent au projet, présenté par la Ville, de rénovation de la place et du square du même nom. Le collectif constitué pour l’occasion organisait une journée d’information et d’échange le samedi 10 novembre pour mieux pourfendre un plan adopté, selon lui, sans concertation ni consultations suffisantes.

 

 

« Sommes-nous de trop dans notre quartier ? » Telle est la question que posent, sous forme de carte postale à adresser à la Ville de Grenoble, des habitants du quartier Saint-Bruno. Estimant que les riverains ont été insuffisamment consultés dans le cadre du projet de rénovation de la place Saint-Bruno, et plus précisément de son square, un collectif y organisait une « journée d’information et d’échange », le samedi 10 novembre.

 

La journée d'échange et d'information a attiré les habitants dès le matin du samedi 10 novembre © Florent Mathieu - Place Gre'net

La journée d’échange et d’information a attiré les habitants dès le matin du samedi 10 novembre. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Les objectifs de cette rénovation, ainsi que le présente une plaquette éditée par la Ville de Grenoble ? Permettre aux personnes à mobilité réduite d’accéder au square, rapprocher les places assises de l’espace de jeu la Dragonne tout en renouvelant les jeux pour les plus petits, installer des jets d’eau au niveau du bassin et, enfin, « améliorer les traversées piétonnes entre le square, le passage du marché, la bibliothèque, le marché et ses commerces ».

 

 

Un projet déjà modifié en amont

 

Le dernier point a d’ores et déjà fait l’objet d’une modification. Alors que le projet initial prévoyait de favoriser le passage des piétons dans le square, les habitants du quartier ont majoritairement fait savoir leur opposition à cette idée. Pas question pour les riverains de voir la place Saint-Bruno devenir aussi passante que la place Victor-Hugo ou le Jardin de Ville, en particulier avec des enfants jouant en nombre autour des espaces ludiques qui leur sont réservés.

 

« Nous avons des remarques sur le fait que le quartier jouit d’une image négative, que les passants n’osent pas forcément entrer à l’intérieur, et la première esquisse proposait d’ouvrir plus largement le square, explique Lucille Lheureux, adjointe de Grenoble en charge des Espaces publics. [Comme] cette ouverture a généré beaucoup d’inquiétude, nous avons pris l’engagement de retravailler ce sujet ». Fin de la grogne ? Pas vraiment.

 

La Dragonne du square parée de banderoles pour l'occasion © Florent Mathieu - Place Gre'net

La Dragonne du square parée de banderoles pour l’occasion. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

« Peut-être que la place pourrait être réaménagée, mais sous d’autres formes », estime Julien, habitant du quartier participant à la journée d’échange. Pour lui, l’objectif de la journée est avant tout de « montrer qu’il est possible de s’exprimer en-dehors des cadres fournis par l’institution », plutôt que d’accepter « un projet ficelé en amont et qui nous est servi comme tel ». Un projet que le jeune homme, au passage, n’hésite pas à qualifier de « médiocre » au regard des sommes engagées, soit près de 300 000 euros.

 

Une opinion partagée par Jean-Philippe Moutarde, autre habitant de Saint-Bruno. « On sait qu’il y a plein de choses que l’on peut faire simplement, pour beaucoup moins cher », affirme-t-il. À ses yeux, le projet fait preuve d’un manque cruel d’information « intelligente et intelligible » : « Que se passe-t-il sur cette place ? De quoi a-t-on besoin ? Là, on a une solution brute de décoffrage, qui n’est pas déconnante partout mais qui n’est pas intelligente ! », insiste-t-il.

 

 

Prochaine réunion le 6 décembre

 

« Saint-Bruno est le seul quartier où il n’y a pas eu d’intervention sur l’espace public », constate de son côté Lucille Lheureux. Pour quelle raison ? Chaque projet, depuis bientôt cinq ans, rencontre l’hostilité et le blocage d’habitants. « C’est pourquoi on avance, en disant que tous les citoyens ont droit à ce que l’argent public serve à rénover leur cadre de vie, et que l’on ne peut pas bloquer la rénovation des espaces publics au nom de méthodes de concertation qui ne seraient pas assez satisfaisantes ! », assume-t-elle.

 

Lucille Lheureux (à droite) défend le projet de la Ville auprès des habitants © Florent Mathieu - Place Gre'net

Lucille Lheureux (à droite) défend le projet de la Ville auprès des habitants. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Après avoir revu sa copie sur le caractère traversant du square, la municipalité veut à présent ouvrir la discussion sur les places assises : quel type de mobilier et pour quels emplacements. Organisée le 6 décembre, une réunion doit se tenir sur la question, avant une autre étape de travail et de réflexion sur les jeux à disposition des enfants, début 2019. La preuve que la Ville n’exclut pas les habitants de son projet ?

 

« On invite à venir à la réunion du 6 décembre et on va discuter d’autre chose que de la couleur des bancs ! », prévient par avance Jean-Philippe Moutarde. Quoi qu’il en soit, des affichettes mettent d’ores et déjà en garde l’adjointe aux manettes : « Lucille Lheureux, on ne te laissera pas fusiller le quartier ». Et, si le dialogue n’est pas rompu, plusieurs élus de la Ville sont venus à la rencontre du collectif. L’ambiance semble donc loin d’être au compromis…

 

Florent Mathieu

 

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Commentaires 4
  1. Attention à ne pas faire l’amalgame entre un « collectif » d’habitants, représentatif de qui ? et une équipe municipale élue. Il n’est pas impossible que la dégradation du quartier qu’observent et subissent ses habitants depuis plusieurs années doive en partie (en grande partie ?) à une pratique finalement antidémocratique de ce qu’on appelle la « démocratie participative » : une poignée d’activistes qui bloquent la moindre initiative, et une équipe municipale qui ne sait pas décider et imposer (sans doute parce qu’elle-même manque singulièrement de vision et d’ambition pour Saint-Bruno en particulier, et Grenoble en général). Et une Métropole (aujourd’hui responsable de l’urbanisme et de la voirie) qui se garde bien d’intervenir et de proposer. Peut-être Place Grenet’ pourrait-il se tourner vers la Ville et la Métro avec cette question simple : votre vision de l’insertion du quartier Saint-Bruno dans votre stratégie globale ? et en quoi le projet proposé pour le square s’inscrit dans cette vision ?

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  2. On entend beaucoup les opposant(e)s au projet, notamment à cause des méthodes agressives qu’ils/elles utilisent en réunion. Mais il y a aussi des habitant(e)s, dont je fais partie, qui n’ont pas envie de cette opposition systématique et/ou soutiennent le projet, avec moins de tintamarre, il est vrai.

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  3. Bonjour,
    « … la place pourrait être réaménagée, mais sous d’autres formes », estime Julien … »
    Perso, j’aurais aimé savoir ce que proposent les habitants puisqu’ils ne sont pas d’accord avec ce que propose la mairie. On pourrait ainsi comparer les deux projets.
    Merci.

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  4. La municipalité #Piolle ne concerte pas dans le sens de co-construire avec les habitants, elle expose des projets déjà decidés, à la limite les #Grenoblois ont le choix de la couleur des pots de fleurs.

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