« Stop à la chasse le dimanche ! » réclame un collectif de vététistes à Grenoble

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REPORTAGE VIDÉO – Près de soixante-dix vététistes se sont rassemblés ce dimanche 21 octobre sur la place Grenette, à Grenoble. « Tous visibles, tous ensemble ! », tel était le mot d’ordre de ce rassemblement qui fait suite au décès, le samedi 13 octobre dernier à Montriond (Haute-Savoie), de Mark Sutton, un restaurateur de 34 ans tué par un chasseur alors qu’il pratiquait le VTT. Leur revendication ? Dire « stop à la chasse le dimanche ! »

 

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Sur le coup de 10 heures ce dimanche 21 octobre, près de soixante-dix vété­tistes presque tous vêtus de gilets jaunes se sont regrou­pés près de la fon­taine de la place Grenette récem­ment rafraî­chie. La rai­son de ce ras­sem­ble­ment ? L’appel de Florent Bezine, l’or­ga­ni­sa­teur,  posté quelques jours plus tôt sur le réseau social Facebook.

 

Un appel en forme de mot d’ordre. « Tous visibles, tous ensemble », lancé juste après le décès de Mark Sutton, un res­tau­ra­teur de 34 ans ori­gi­naire du Pays de Galles. Ce der­nier avait été tué acci­den­tel­le­ment par un chas­seur le samedi 13 octobre à Montriond en Haute-Savoie alors qu’il pra­ti­quait le VTT.

 

 

« S’ils ne veulent pas lâcher le dimanche, nous continuerons les rassemblements »

 

Les objec­tifs visés par ce regrou­pe­ment ? D’une part, dire « Stop à la chasse le dimanche », indique très clai­re­ment une ban­de­role. Mais aussi mon­trer que les zones de chasse proches des villes sont fré­quen­tées par de plus en plus de per­sonnes, et que « ces espaces natu­rels doivent être par­ta­gés en toute sécu­rité ». Pour autant, rien qui puisse res­sem­bler à une décla­ra­tion de guerre aux chas­seurs, Florent Bezine s’en défend.

 

« Nous vou­lons juste pou­voir rou­ler en toute sécu­rité sans la pré­sence des chas­seurs. S’ils ne veulent pas lâcher le dimanche, nous conti­nue­rons les ras­sem­ble­ments », déclare le jeune vété­tiste. Qui tem­père et n’ex­clut aucu­ne­ment la pos­si­bi­lité de ren­con­trer les fédé­ra­tions et asso­cia­tions de chas­seurs pour faire avan­cer les choses.

 

 

 

 

« On en appelle au préfet, aux députés et même au président de la République »

 

La mobi­li­sa­tion de ce dimanche bien qu’en­core embryon­naire risque d’ailleurs bien de faire tâche d’huile. Pour preuve, la pré­sence d’un col­lec­tif venu tout droit de Morzine (com­mune proche de Montriond) en sou­tien du mou­ve­ment et pour défendre l’i­dée de « mon­tagnes plus sûres ».

 

Chrstine, la jeune anglaise du collectif venu de Morzine. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Chrstine, la jeune Anglaise du col­lec­tif venu de Morzine. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« L’idée nous est venue après la mort de Mark Sutton que nous connais­sions tous car il avait un res­tau­rant aux Gets. Nous nous sen­tions tou­chés, impuis­sants et révol­tés. C’était dans un pre­mier temps pour par­ta­ger notre cha­grin et ensuite nos idées pour ten­ter d’a­mé­lio­rer la situa­tion actuelle », explique Christine, une jeune Anglaise au fran­çais par­fait.

 

« Notre dia­logue est ouvert avec le milieu de la chasse et des gens qui aiment la nature. Nous essayons de tou­cher le plus de res­pon­sables de fédé­ra­tions et d’as­so­cia­tions de chas­seurs, de ran­don­neurs ou autres usa­gers », pré­cise-t-elle encore.

 

Le but ? Trouver des solu­tions pour qu’un tel drame ne se repro­duise plus jamais. « On en appelle au pré­fet, aux dépu­tés et même au pré­sident de la République car ça ne peut plus durer ! », mar­tèle la jeune femme.

 

 

Pierre Mériaux : « tout ceci est choquant ! »

 

Pour Pierre Mériaux, conseiller muni­ci­pal délé­gué à la mon­tagne et au tou­risme, « évi­dem­ment tout ceci est cho­quant ! » L’élu fait ici réfé­rence à la déci­sion pré­fec­to­rale d’ou­ver­ture de la chasse dès le 1er juillet, com­bat­tue en vain par nombre d’as­so­cia­tions. « On ne com­prend pas. Alors que cer­tains se pola­risent sur des risques d’in­sé­cu­rité en ville, ils ne rai­sonnent pas de la même façon quand on est en mon­tagne. Nous, nous vou­lons la sécu­rité par­tout et pour tous », affirme Pierre Mériaux.

 

Joël Kermabon

 

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Commentaires 2
  1. Pfff alors que le quota de pré­lè­ve­ment de ran­don­neur et VVTiste a été relevé…

    Plus sérieu­se­ment, il faut juste accep­ter la non com­pa­ti­bi­lité des acti­vi­tés et réser­ver des temps dédiés.
    Ça râlera des deux cotés, je ne vois pas de solu­tions autre pour coexis­ter

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  2. j’ha­bite sur le Plateau de Petites Roches. Les chas­seurs tirent à quelques dizaines de mètres des habi­ta­tions en impu­nité totale – impos­sible de prou­ver le non-res­pect de la loi. Ca serait ma parole contre la leur.
    Pire encore, la légis­la­tion actuelle (150m des habi­tats les plus proches et tirs VERS la forêt) n’a aucun sens aujourd’­hui, car beau­coup de chas­seurs sont équi­pés avec des fusils semi-auto­ma­tiques aux muni­tions de guerre, capables de tuer à 500 – 800m. Pourquoi les chas­seurs tirent à côté des vil­lages et côté des routes ? La réponse est simple – ils ne veulent pas por­ter les car­casses des ani­maux tués sur une longue dis­tance, sur­tout en mon­tagne.

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