Du hip-hop à la sauce nippone avec le groupe Tokyo Gegegay à La Rampe d’Échirolles : décoiffant !

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FOCUS – Attention, les superstars nippones du groupe Tokyo Gegegay (prononcez gai-gai-gay) débarquent à Échirolles jeudi 4 et vendredi 5 octobre 2018. La Rampe y programme un spectacle très réussi, mêlant culture japonaise et danse hip-hop. Trois pièces s’y succèdent avec, en point d’orgue, le show survolté de cinq interprètes grimés en lycéennes qui n’ont pas froid aux yeux ! Réjouissant.

 

 

Yoso (Éléments) © Kota Sugawara

Yoso (Éléments) © Kota Sugawara

Le saviez-vous ? L’année 2018 marque le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la France. D’où la mise en place de l’opération Japonisme 2018, portée par les gouvernements français et japonais. À la clé : une saison culturelle nippone qui irrigue toute la France de juillet 2018 à février 2019.

 

Par sa tension permanente entre tradition et modernité, la culture nippone fascine. Si on l’associe à la danse hip-hop, même le plus rétif à la danse contemporaine y trouvera de l’intérêt. C’est le pari lancé par La Rampe, la scène conventionnée danse et musiques d’Échirolles, qui programme Triple Bill #1 jeudi 4 et vendredi 5 octobre 2018. Cette création orchestrée par la Biennale de la danse de Lyon comporte trois pièces courtes aux esthétiques hip-hop aux antipodes. Leur point commun ? Les danseurs japonais y sont spectaculaires.

 

 

Le hip-hop soigné de Kader Attou et de Jann Gallois

 

Si la soirée affiche trois temps distincts, on est tenté d’en dissocier deux, tant la rupture se fait nette entre les deux premières propositions d’une part et la troisième d’autre part.

 

D’un côté, les deux premières pièces inédites créées pour l’occasion par les deux chorégraphes français Kader Attou et Jann Gallois. De l’autre, la troisième pièce, absolument décoiffante, proposée par le très populaire chorégraphe nippon Mikey. Les deux Français proposent un cocktail mesuré et harmonieux entre la culture nippone et les danses hip-hop et contemporaines. Tous deux ont écrit leurs partitions pour le même quintet d’interprètes de hip-hop japonais.

 

Reverse © Kota Sugawara

Reverse © Kota Sugawara

Dans Yōso, Kader Attou, bien connu sur la scène des danses urbaines, exploite toute la virtuosité de ces solistes hors pair. La danse hip-hop y est fluide et harmonieuse, traversée de tableaux renversants puisant parfois leur esthétique dans les arts martiaux.

 

La première pièce, Reverse, signée par la jeune chorégraphe Jann Gallois se présente plus hiératique. On s’y salue d’abord doctement, comme obéissant à quelque rituel. Les déplacements tiennent du glissement animal ou de la reptation. Les têtes ne quittent pas le sol. Si la verticalité est parfois requise, ce sont toujours les pieds qui décollent du sol. Clin d’œil au langage typique des “break-danceurs” qui tournoient volontiers sur la tête. Le tout respire la maîtrise de l’espace, le goût pour l’épure et les scènes graphiques.

 

 

Le hip-hop subversif et parodique des Tokyo Gegegay

 

Aux deux esthétiques léchées convoquées par Kader Attou et Jann Galois répond l’énergie totalement débridée du groupe Tokyo Gegegay. Les cinq interprètes (un homme et quatre femmes) y déploient toutefois une technique redoutable, là aussi. Mais aux impeccables figures au sol exécutées par les break-danceurs répond un langage plus marqué par le popping, ce hip-hop qui consiste à contracter les muscles de son corps de façon saccadée.

 

Le groupe Tokyo Gegegay © Kota Sugawara

Le groupe Tokyo Gegegay. © Kota Sugawara

 

Le tout de manière aussi exubérante, subversive et ludique que possible. Les poses lascives y prennent une tournure réjouissante si l’on ne se formalise pas de voir l’usage peu orthodoxe que font les interprètes d’une baguette de pain…

 

Groupe Tokyo Gegegay © Kota Sugawara

Groupe Tokyo Gegegay © Kota Sugawara

La pièce Tokyo Gegegay’s high school prend d’autant plus des allures d’exutoire qu’elle se déroule, comme son nom l’indique, dans le cadre aseptisé d’une école japonaise pour filles avec uniformes à la clé. C’est peu dire que ce cadre-là, saturé de contraintes sociales, a tôt fait de voler en éclat.

 

On ne s’étonne pas d’apprendre que ces cinq-là sont de véritables stars au Japon. Et ce depuis 2013, année durant laquelle le groupe s’est illustré durant le concours « Dance@hero Japan » diffusé sur la chaîne Dance@TV. Spécialistes du show, ces interprètes hypnotisent et bousculent à la fois. Jouissif.

 

Adèle Duminy

 

 

Infos pratiques

 

La Rampe La Ponatière

15 avenue du 8 Mai 1945 à Échirolles

Triple Bill # 1

Jeudi 4 et vendredi 5 octobre 2018, à 20 heures

Tarifs de 9 à 30 euros

 

 

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