Le Collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes redoute la fermeture de la ligne Grenoble-Gap… malgré l’engagement de l’État

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FIL INFO – Une « avancée historique »… mais une grosse déception. Alors que la ministre des Transports a annoncé que l’État participerait au financement de travaux nécessaires à la pérennité de la ligne ferroviaire Grenoble-Gap, le Collectif de l’Étoile ferroviaire de Veynes déplore que cette participation démarre au mieux en 2021… alors que la ligne menace de fermer dès 2020.

 

 

Quel avenir pour la ligne Grenoble-Gap, ardemment défendue par le Collectif de l’Étoile ferroviaire de Veynes ? En juillet 2018, le collectif d’usagers se réjouissait de l’accord du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes pour s’engager financièrement, aux côtés de la Métro et du Département de l’Isère, dans les travaux nécessaires sur la ligne. Et écrivait attendre dès lors le positionnement de l’État sur la question.

 

Gare de Clelles, sur le tracé Grenoble-Gap © Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes

Gare de Clelles, sur le tracé Grenoble-Gap. © Collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes

 

C’est à l’occasion d’un déplacement dans les Hautes-Alpes de la ministre des Transports Élisabeth Borne, le samedi 22 septembre, que la voix du gouvernement s’est fait entendre. Sans satisfaire entièrement le Collectif, qui décrit à la fois « une avancée historique » et « une très mauvaise nouvelle ». En effet, alors que SNCF Réseau envisage de fermer la ligne en décembre 2020, la ministre annonce une participation de l’État… à compter, au mieux, de 2021.

 

 

Des informations manquantes au niveau de l’État ?

 

Comment expliquer cette situation ? « Devant le Collectif, Élisabeth Borne a argué que SNCF Réseau ne lui communiquait pas les informations nécessaires », écrivent encore les usagers. Un argumentaire qui ne les convainc guère : le député de la deuxième circonscription des Hautes-Alpes Joël Giraud leur aurait assuré que ces informations étaient en possession du ministère depuis février 2018.

 

Quand le Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes manifestait dans les locaux de SNCF Réseau Chambéry le 1er mars. © Seau

Quand le Collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes manifestait dans les locaux de SNCF Réseau Chambéry le 1er mars. © Seau

 

« C’est la première fois qu’une institution assume l’hypothèse d’une fermeture de la ligne Grenoble-Gap, même provisoire. Ce scénario absurde est inacceptable : alors qu’aucun obstacle technique n’est en jeu, pourquoi retarder un financement acté sur le principe ? », déplore sans ambages le Collectif dans un communiqué.

 

 

Le Collectif veut encore y croire

 

Cette déception s’exprime à nouveau dans une lettre adressée à Élisabeth Borne, en date du 24 septembre. Le collectif d’usagers y estime que « ces incertitudes de calendrier dénotent une hésitation de l’État quant à son engagement ». Et ceci d’autant plus que, précise-t-il, « la direction de SNCF Réseau confirme qu’il est encore temps de démarrer les études préalables aux travaux les plus urgents ».

 

Action du collectif en gare de Clelles le 7 avril 2018, pour démontrer que les cars ne peuvent remplacer les trains © Emmanuel Corre

Action du collectif en gare de Clelles le 7 avril 2018 pour démontrer que les cars ne peuvent remplacer les trains. © Emmanuel Corre

 

Et les usagers de conclure leur missive en estimant que tout est encore possible. « Le calendrier des travaux doit être débattu lors d’un prochain comité de pilotage interrégional des lignes de l’étoile ferroviaire de Veynes, prévu pour le mois d’octobre », précisent-ils. Avant de demander à la ministre de « prendre en compte ces éléments pour définir un calendrier des travaux évitant toute suspension d’exploitation de la ligne Grenoble-Gap ».

 

FM

 

 

ÉTAT ET COLLECTIVITÉS AU CHEVET DE LA LIGNE GRENOBLE-LYON

 

Nettement moins menacée que la ligne Grenoble-Gap, la ligne ferroviaire Grenoble-Lyon devrait bénéficier de toutes les attentions du fait de sa forte fréquentation. Au cours d’un comité de pilotage mené le 17 septembre 2018 en présence du préfet de l’Isère Lionel Beffre et de la vice-présidente du Conseil régional déléguée aux Transports Martine Guibert, la Région, le Département de l’Isère, la Métro, le Pays voironnais, le Grésivaudan et l’État ont validé une « vision partagée » pour l’avenir de la ligne.

 

Améliorer la régularité, les dessertes et le temps de parcours

 

C’est autour de trois objectifs que les partenaires se sont mis d’accord : une meilleure régularité, avec des temps de parcours fiables, une meilleure desserte avec des trains en nombre supérieur et dotés d’une capacité suffisante, et enfin un temps de parcours amélioré. La modernisation de la ligne apparaît en effet comme un « enjeu majeur pour le territoire, tant du point de vue de l’attractivité économique que des conditions de vie et de travail des usagers», écrivent les participants.

 

Demain des trains plus rapides et plus nombreux entre Grenoble et Lyon ? © Léa Raymond - Place Gre'net

Demain, des trains plus rapides et plus nombreux entre Grenoble et Lyon ? © Léa Raymond – Place Gre’net

 

Quels travaux à venir ? Si ceux-ci « s’inscrivent dans le temps », préviennent encore les participants du comité de pilotage, deux phases sont d’ores et déjà définies. En premier lieu, doit ainsi survenir l’aménagement de l’avant-gare de Grenoble et le doublement des voies entre Grenoble et Moirans. Suivis de travaux de modernisation de la voie pour une amélioration des temps de parcours « grâce aux “shunts” [évitement, ndlr] de Rives et du Grand-Lemps ».

 

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