Aide sociale à l’enfance : mobilisation en Isère autour de jeunes majeurs étrangers exclus du dispositif

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EN BREF – Une trentaine de jeunes étrangers isolés suivis par l’Aide sociale à l’enfance (Ase) se voient refuser le maintien dans les dispositifs d’aide du Département lorsqu’ils deviennent majeurs. Des décisions qu’ils contestent, soutenus par plusieurs associations, tandis que le Département met en avant ses prérogatives et appelle les autres collectivités à prendre en charge à leur tour ces jeunes majeurs.

 

 

À en croire plu­sieurs asso­cia­tions, le Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère se livre­rait à une « offen­sive à l’é­gard des mineurs non accom­pa­gnés ». Dans un com­mu­ni­qué com­mun, l’Association de par­rai­nage répu­bli­cain des deman­deurs d’a­sile et de pro­tec­tion (Apardap), 3amie, la Cimade, l’Institut des Droits de l’Homme du bar­reau de Grenoble, Médecins du Monde et le Secours catho­lique dénoncent une « exclu­sion » des jeunes majeurs iso­lés étran­gers des dis­po­si­tifs d’ac­com­pa­gne­ment.

 

Manifestation de jeunes majeurs étrangers isolés © Bernard Meric

Manifestation de jeunes majeurs étran­gers iso­lés © Bernard Meric

 

« Des dis­po­si­tifs d’accompagnement sont pré­vus pour les mineurs en dan­ger pro­té­gés par l’Aide sociale à l’enfance (Ase) lors de leur pas­sage à la majo­rité », explique le com­mu­ni­qué. Mais une tren­taine de jeunes majeurs étran­gers se sont vu refu­ser « sys­té­ma­ti­que­ment » cet accom­pa­gne­ment.

 

Conséquence ? Une « mise à la rue », par­fois accom­pa­gnée d’o­bli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais. Des réfé­rés en urgence ont été dépo­sés devant le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble, où cer­taines audiences ont d’ores et déjà eu lieu.

 

 

Un mouvement à l’initiative des jeunes

 

Face à ces exclu­sions, ce sont les jeunes eux-mêmes qui se sont mobi­li­sés, insiste la Cimade. Notamment en inter­pel­lant les ser­vices du Département, le lundi 23 juillet, à l’oc­ca­sion d’une mani­fes­ta­tion devant des locaux de l’as­so­cia­tion d’ac­cueil et d’in­for­ma­tion des per­sonnes étran­gères (Adate). Un mou­ve­ment au terme duquel les jeunes ont été reçus par des repré­sen­tants du Conseil dépar­te­men­tal pour faire entendre leurs reven­di­ca­tions.

 

© La Cimade.

 

 

Des lettres ouvertes ont éga­le­ment été dif­fu­sées pour décrire les consé­quences de la déci­sion du Département. « Tous les jours, le Département laisse des jeunes à la rue, ils n’ont pas d’en­droit pour dor­mir. […] Même ceux qui sont sco­la­ri­sés, qui pré­parent leur pro­jet pour l’an­née pro­chaine, sont aussi mis à la rue », écrit ainsi l’un des jeunes. Autant de mobi­li­sa­tions aux­quelles les asso­cia­tions ont décidé d’ap­por­ter leur sou­tien, afin de dénon­cer un « non-sens édu­ca­tif et social ».

 

 

Le Département renvoie la balle aux autres collectivités

 

Sollicité par Place Gre’net, le Département de l’Isère tient à recen­trer le débat sur ses seules mis­sions et pré­ro­ga­tives. « Le Département a en charge la pro­tec­tion de l’enfance. Il met donc la prio­rité sur l’accueil, la mise à l’abri et l’accompagnement des mineurs », nous répondent ainsi les ser­vices dépar­te­men­taux. Qui se fixent comme « pre­mier objec­tif » le suivi des « 2 050 mineurs qui vivent une situa­tion de fra­gi­lité » en Isère.

 

Manifestation de jeunes majeurs étrangers isolés © Bernard Meric

Manifestation de jeunes majeurs étran­gers iso­lés © Bernard Meric

Et si le Conseil dépar­te­men­tal se dit « conscient de la pro­blé­ma­tique posée par les jeunes majeurs », il n’en men­tionne pas moins que l’ad­mis­sion au titre de l’Ase n’est « pas sys­té­ma­tique ». Tout en ren­voyant la balle aux autres col­lec­ti­vi­tés. « Le Département alerte ses par­te­naires, notam­ment l’État et la Ville [de Grenoble, ndlr], afin que ces jeunes puissent être pris en charge dans le cadre de leurs dis­po­si­tifs », conclut-il.

 

Florent Mathieu

 

 

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Commentaires 3
  1. Mais quand on devient majeur on n’est plus mineur. Donc on change de dis­po­si­tif, et on peut même être expulsé…
    C’est effec­ti­ve­ment à l’é­tat et au CCAS de prendre le relai

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    • Il existe une pro­lon­ga­tion de contrat pour les mineurs non accom­pa­gnés (MNA) qui est un contrat jeune majeur.
      Le dépar­te­ment ne veut plus s’en occu­per ? pour­quoi les met-il à la porte des loge­ments dans des familles ou des foyers du jour au len­de­main sans dis­cu­ter avec d’autres struc­tures qui pour­raient les prendre en charge ? Ca me fait rire jaune quand je lis que ce serait encore une fois au CCAS de Grenoble de s’en occu­per alors qu’il y a 49 com­munes dans la Métro !
      Beaucoup de ces jeunes sont en for­ma­tion en alter­nance ou vont y entrer, mais ne gagne­raient pas assez pour être auto­nomes sur le plan héber­ge­ment, il leur fau­drait un toit. Les réqui­si­tions d’im­meubles vides pour­raient être entre­prises, n’est-ce pas mon­sieur le pré­fet, lui qui pré­fère don­ner des OQTF dès que ces jeunes demandent un titre de séjour …
      Toutes les études éco­no­miques montrent qu’on va man­quer de main d’oeuvre, les patrons alle­mands ne veulent plus que leurs ouvriers étran­gers soient expul­sés. Qu’est-ce qu’on attend pour gar­der ces jeunes qui veulent se for­mer et tra­vailler ? Il faut faire plai­sir au Collombpatriotenational ? sans par­ler de Macron er et de ses affi­dés de en marche ?

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    • il y a 49 CCAS dans La Métro. Vous vou­lez par­ler duquel ?

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