La propreté urbaine sur toutes les lèvres à Grenoble : une saleté fantasmée ?

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DÉCRYPTAGE – Au trois quarts du mandat de la municipalité d’Eric Piolle, le bruit court d’une ville de plus en plus sale. Une grande partie de l’opposition s’en fait régulièrement l’écho. La dénonciation de la saleté en ville est devenue l’un des thèmes de prédilection du groupe Les Républicains. Des critiques non fondées pour les élus de la majorité.

 

 

La propreté a du plomb dans l'aile. Encombrants, tags dans les rues de Grenoble le 22 avril 2018 © Florent Mathieu - Place Gre'net

La pro­preté a du plomb dans l’aile. Encombrants et tags dans les rues de Grenoble le 22 avril 2018 © Florent Mathieu – Place Gre’net

« C’est sale. Le net­toyage des rues n’est pas fait de manière sys­té­ma­tique. Il y a beau­coup de tags, des mégots, des crottes de chiens… On sent qu’il y a un lais­ser-aller. Avant, c’é­tait mieux. »

 

Avant quoi ? Que veut dire ce com­mer­çant gre­no­blois du centre-ville ? Le com­mer­çant ne s’en cache pas. Il veut dire que c’est plus sale depuis l’ar­ri­vée de l’é­quipe muni­ci­pale d’Eric Piolle.

 

Voilà le genre d’assertions sur l’é­tat de la saleté de la capi­tale des Alpes que l’on recueille abon­dam­ment auprès de com­mer­çants, d’u­sa­gers et de rive­rains gre­no­blois.

 

Réalité ou exa­gé­ra­tion ? Rengaine répé­tée en boucle ? Attaques pure­ment poli­ti­ciennes ? Toujours est-il qu’en matière de pro­preté, il n’existe pas de for­mule magique et les sui­vants pro­mettent tou­jours de faire mieux que leurs pré­dé­ces­seurs.

 

 

« Non, la Ville n’est pas plus sale ! »

 

À l’aube de son élec­tion, l’é­quipe d’Eric Piolle fai­sait même ce constat, en 2014 : « Trop sou­vent, quand nous nous dépla­çons dans la ville, nous consta­tons que l’espace public est sale, mal entre­tenu, triste, voire laissé à l’abandon. »

 

Espaces urbains parsemés de crottes de chiens tout le long du Cours Jean Jaurès. L'été, les odeurs ont un effet repoussoir... © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Espaces urbains par­se­més de déjec­tions canines tout le long du cours Jean-Jaurès. L’été, les odeurs ont un effet repous­soir… © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Le can­di­dat pro­met­tait alors dans son pro­gramme d’en­ga­ge­ments (87) qu’un « effort consé­quent dans tous les quar­tiers sera[it] mené en matière de pro­preté urbaine, d’animation de l’espace public par l’implantation de mobi­liers urbains, d’accroissement des espaces verts qui pourr[aie]nt être par­ta­gés avec les habi­tants […] ». Quatre plus tard, l’ob­jec­tif “ville propre” est-il atteint ?

 

Élu du sec­teur 2, Antoine Back dénonce un faux pro­cès : « Non, la Ville n’est pas plus sale ! Elle est au moins aussi bien net­toyée qu’a­vant. Les effec­tifs n’ont pas baissé. On a baissé le recours au ren­fort […] » 

 

Manque de propreté et de netteté : détritus massés derrière les armoires d'électicité. Credit Place Gre'net

Manque de pro­preté et de net­teté : détri­tus mas­sés der­rière les armoires d’élec­tri­cité. © Place Gre’net

La Ville pro­gresse même dans le domaine de la pro­preté, sou­tient l’élu de sec­teur : « On s’at­telle à par­faire les fini­tions. C’est le manque de fini­tions qui donne par­fois l’im­pres­sion d’un manque de net­teté, alors que le plus impor­tant est net­toyé ! ».

 

L’adjointe aux espaces publics et à la nature en ville, Lucille Lheureux, sou­tient de même que la Ville ne lésine pas en matière de lutte contre la saleté. La pro­preté est sous contrôle, à écou­ter l’ad­jointe. La Ville doit bien sûr veiller à « s’a­jus­ter aux usages. S’il y a des besoins ici ou là, aux équipes d’in­ter­ve­nir dif­fé­rem­ment » pré­cise-t-elle.

 

 

Une impression de saleté plus ou moins partagée

 

Interrogez les Grenoblois : ils sont, il est vrai, nom­breux à dire que la ville est sale. Des mécon­tents très remon­tés ont même lancé, il y a un an, le tum­blr (plate-forme de micro­blo­gage) Grenoble se dégrade consis­tant à dénon­cer la saleté de la ville en mon­trant des lieux jon­chés de détri­tus, déchets, crottes de chien, etc.

[…]
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Commentaires 5
  1. Au delà de ce que je peux pen­ser de pour ou contre la muni­ci­pa­lité, Grenoble devient une par­ti­cu­liè­re­ment sale et où mal­heu­reu­se­ment des per­sonnes errent avec des chiens et de l’alcool un peu par­tout dans les quar­tiers cen­traux. Et avec eux les détri­tus.
    Et en paral­lèle ces tags bref !

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  2. Une réa­lité au quo­ti­dien que constatent les Grenoblois et les visi­teurs qui ne manquent pas de nous le faire remar­quer.

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  3. Non.
    Elle n’est pas fan­tas­mée.
    Vous avez vu la taille des rats ?

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    • Le pro­blème, c’est pas la ville, ce sont les indi­vi­dus qui sont de moins en moins édu­qués… et pas qu’à Grenoble. On peut dépen­ser 3 fois plus en net­toyage, mais un moment, il fau­drait peut-être s’oc­cu­per des causes de ce mal, et pas d’es­sayer d’en cacher les symp­tômes.

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      • effet psy­cho­lo­gique @Totodule …

        Laissez la ville aussi sale, empêche la foule / l’ef­fet de meute de pen­ser qu’il ne faut pas jeter les détri­tus ..

        Plus on enlève les ordures rapi­de­ment, moins la foule sera enclin à jeter son sac de macdo ou sa bou­teille d’eau, car elle ne se dira plus  » C’est sale dégueu­lasse un peu plus un peu moins » ..

        La ville est une DECHETTERIE depuis Piolle j’ai jamais vu ça en 30 ans … c’est immonde , les remon­tées d’o­deurs se font de plus en plus nom­breuses en centre ville.. Les rats du jar­din de ville se per­mettent de pro­li­fé­rer ..

        Et Ils osent faire tra­vailler des agents muni­ci­paux le dimanche ( payé 50% de plus ) alors que leur pas­sage laisse à dési­rer ..

        Il fau­drait éga­le­ment plus de pou­belles dans les lieux publiques ! c’est inad­mis­sible !

        à Lyon , même dans les « ban­lieux » de Hall Tony Garnier, je dis bien , il y a 1 , 1 pou­belle à chaque fin de rue , ce qui donne dans les croi­se­ments 4 pou­belles, et le coin est super propre . Dans Grenoble, faut par­fois faire 200 mètres pour avoir une pou­belle pleine à ras bord .. c’est into­lé­rable , et dans hors du centre ville .. c’est bien 500 m , sur cer­taine rues.

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