Des usagers accusent la SNCF de profiter de la grève pour fermer la ligne Grenoble-Gap

sep article



FIL INFO – Le Collectif de l’Étoile ferroviaire de Veynes accuse la SNCF d’utiliser la grève perlée qui touche son réseau pour orchestrer la fermeture de la ligne Grenoble-Gap, au profit de cars de substitution. Depuis la semaine dernière, plus aucun train ne circule en effet sur la ligne, et le groupement d’usagers ne croit guère aux explications de la direction des TER.

 

 

« La situa­tion n’a jamais été aussi grave, ni l’a­gres­sion des usa­gers aussi vio­lente », écrit sans mâcher ses mots le Collectif de l’Étoile fer­ro­viaire de Veynes. Un Collectif qui consi­dère que la SNCF prend pré­texte du mou­ve­ment de grève actuelle pour sup­pri­mer tota­le­ment et inten­tion­nel­le­ment les trains sur la ligne Grenoble-Gap et les rem­pla­cer par des cars, jugés inadap­tés aux besoins des usa­gers de la ligne.

 

Une fermeture de la ligne ferroviaire Grenoble-Gap sous prétexte de grève ? C'est ce que redoute et dénonce le Collectif de l'Étoile ferroviaire de Veynes.Le Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes s'invitait dans les locaux de SNCF Réseau Chambéry, le jeudi 1er mars. © Seau

Le Collectif de l’é­toile fer­ro­viaire de Veynes s’est invi­tée dans les locaux de SNCF Réseau Chambéry, le jeudi 1er mars. © Seau

 

Ainsi, depuis le mardi 3 avril, plus aucun train ne cir­cule sur la ligne. Un effet de la grève ? La direc­tion TER a indi­qué au Collectif que le mou­ve­ment, très suivi tant au niveau du per­son­nel rou­lant que dans les ate­liers de main­te­nance, a empê­ché de remettre les rames en ser­vice. Mais les défen­seurs de la ligne Grenoble-Gap, soli­daires du mou­ve­ment des che­mi­nots, font part de leur scep­ti­cisme.

 

Une « politique du fait accompli »

 

« La direc­tion ne dément pas que six des sept trains néces­saires au fonc­tion­ne­ment de la ligne étaient garés et opé­ra­tion­nels ven­dredi, ni que l’immense majo­rité des per­son­nels rou­lants étaient eux aussi à leur poste, mais avec ins­truc­tion de res­ter à quai », fait remar­quer le Collectif. Avant de pré­ve­nir qu’il recen­sera « pré­ci­sé­ment le maté­riel et le per­son­nel dis­po­nibles », au cas où les trains ne rou­le­raient tou­jours pas durant la période de non-grève du mardi 10 au jeudi 12 avril inclus.

 

Une fermeture de la ligne ferroviaire Grenoble-Gap sous prétexte de grève ? C'est ce que redoute et dénonce le Collectif de l'Étoile ferroviaire de Veynes.Pas simple de trouver des trains TER en gare de Clelles en ce moment © Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes

Pas simple de trou­ver des trains TER en gare de Clelles en ce moment © Collectif de l’é­toile fer­ro­viaire de Veynes

 

En effet, le Collectif soup­çonne la SNCF de vou­loir « mettre la sup­pres­sion des trains sur le dos des gré­vistes, sans jamais prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés », en pré­tex­tant le mou­ve­ment de grève perlé qui touche son réseau. Bien loin de sa pro­messe faite aux mili­tants de remettre les trains en route « dès que ce sera pos­sible ». « Nous ne sommes pas dupes de cette poli­tique du fait accom­pli et nous ne l’acceptons pas », assurent les usa­gers.

 

 

Inaccessibilité et dysfonctionnements des cars de substitution

 

Dernière action en date : samedi 7 avril en gare de Clelles, le Collectif orga­ni­sait une mani­fes­ta­tion sous forme de “hap­pe­ning”. Des per­sonnes en fau­teuils rou­lants, d’autres équi­pées de vélos ou de pous­settes, étaient invi­tées à démon­trer devant les camé­ras de plu­sieurs médias locaux l’im­pos­si­bi­lité d’u­ti­li­ser le car pour se dépla­cer avec ce type d’é­qui­pe­ment.

 

Une poussette dans un car ? Mission impossible. Mouvement du Collectif de l'Étoile ferroviaire de Veynes, gare de Clelles, 7 avril. © Emmanuel Corre

Une pous­sette dans un car ? Mission impos­sible. Mouvement du Collectif de l’Étoile fer­ro­viaire de Veynes, gare de Clelles, 7 avril. © Emmanuel Corre

 

De plus, le Collectif pointe du doigt les dys­fonc­tion­ne­ments du ser­vice de sub­sti­tu­tion des trains par des cars. Les mer­credi 4 et jeudi 5 avril, des pas­sa­gers en gare de Clelles n’ont ainsi pas pu prendre place dans le seul car du matin, pro­grammé à 7 h 10. La rai­son ? « Le conduc­teur ne s’est pas arrêté dans les gares inter­mé­diaires »…

 

FM

 

Pays Voironnais, un jour, une activité
commentez lire les commentaires
3848 visites | 3 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 3
  1. Hier en gare de Gap, le gui­che­tier SNCF m’a indi­qué que la sup­pres­sion des trains sur la ligne Gap Grenoble rele­vait d’une déci­sion de la Région Auvergne Rhône Alpes, pour démon­trer que le train res­tait indis­pen­sable… Qu’en est-il ?
    Pour ce qui est des cars, les chauf­feurs par­fois roulent brus­que­ment, télé­phonent au volant, et que dire des virages pour les per­sonnes qui craignent la route !!

    sep article
  2. Merci Laurent.

    J’attends ici, dans la zone de com­men­taires, les habi­tuels râleurs venir expri­mer leur point de vue sur les nui­sances engen­drées par cette perte de train au pro­fit du car. Car je rap­pelle les résul­tats, au cas où :
    * Pas de train : ser­vice moins attrac­tif pour les usa­gers au même prix
    * Le car : on ne peut pas ren­trer faci­le­ment en étant han­di­capé, avec une pous­sette et un vélo (inter­dit dans les car TER) , plus dif­fi­cile de tra­vailler, tra­jet peu agréable -> perte de confort donc d’at­trac­ti­vité
    * Les gens han­di­ca­pés, avec pous­sette ou vélo prennent donc leur voi­ture au lieu du car, tout comme ceux qui se démo­tivent de par la situa­tion déplo­rable chro­nique sur la ligne,
    * Car (et voi­tures sup­plé­men­taires sur les routes) res­tent coin­cés dans les bou­chons, qui sont d’ailleurs aggra­vés par la grève,
    * donc plus de pol­lu­tion, de risque d’ac­ci­dent, de consom­ma­tion de die­sel et… mise en dan­ger de la vie d’au­trui !!!!!!!!! 😀 😀 😀
    * Pourtant, la sup­pres­sion de cette ligne s’est effec­tuée « sans étude d’im­pact » et « sans concer­ta­tion », juste un com­mu­ni­qué de Barbier où il est mar­qué « il est rai­son­nable de pri­vi­lé­gier la route », et 200 mil­lions pour les deux axes rou­tiers reliant Grenoble à Gap ! Rien pour le train en revanche, bien entendu.
    Et oh, sur­prise , pas de GAM qui vient balan­cer des injonc­tions, pas de Jean Némarre qui vient râler sur les bou­chons sup­plé­men­taires dans le bas­sin de vie gre­no­blois, pas de dés­in­tox pour nous expli­quer la vérité sur la pol­lu­tion induite, etc.

    sep article
    • « Et oh, sur­prise , pas de GAM qui vient balan­cer des injonc­tions, pas de Jean Némarre qui vient râler sur les bou­chons sup­plé­men­taires dans le bas­sin de vie gre­no­blois, pas de dés­in­tox pour nous expli­quer la vérité sur la pol­lu­tion induite, etc. »

      C’est l’ef­fet de la métro­po­li­sa­tion : la « France péri­phé­rique » n’in­té­resse pas les métro­po­li­tains CSP+… Je ne parle pas de GAM ou Jean Némarre en par­ti­cu­lier, mais pour en connaitre cer­tains dans le milieu poli­tique et admi­nis­tra­tif, une fois passé Claix on est chez les « pay­sans… » (avec tout le res­pect que j’ai pour ces der­niers)

      sep article