Pour tripler sa production d’énergies renouvelables d’ici 2022, GEG mise sur l’éolien

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EN BREF – En multipliant sa production d’énergies renouvelables par trois d’ici 2020, Gaz Électricité de Grenoble ambitionne de couvrir la consommation électrique d’une ville comme Grenoble en quatre ans. En misant à fond dans l’éolien. Mais pas dans les Alpes…

 

 

Grâce à un plan d’investissement de 125 millions d’euros, Gaz Électricité de Grenoble ambitionne de couvrir d’ici 2022 en énergies renouvelables l’équivalent de la consommation d’une ville comme Grenoble. L’entreprise locale de distribution, qui fournit la capitale du Dauphiné en électricité mais également depuis 2017 onze autres communes iséroises et savoyardes*, compte multiplier par trois sa production d’énergie verte.

 

Aujourd'hui, GEG vante une énergie principalement produite dans les Alpes grâce aux centrales hydroélectriques. Mais demain ? L'éolien devrait représenter plus de la moitié de la production. Et les éoliennes ne se dessinent pour l'heure pas dans les Alpes

© Patricia Cerinsek

 

De 144 GWh, obtenus essentiellement grâce à l’hydroélectricité, la production devrait, d’après les plans de GEG, atteindre 398 GWh dans quatre ans du fait notamment du boom de… l’éolien. À elle seule, l’énergie éolienne, qui fournit aujourd’hui 16 GWh, devrait représenter demain… 209 GWh, soit plus de la moitié de la production. Elle détrônerait alors même l’hydraulique, fournisseur historique dans les Alpes.

 

 

GEG veut faire tourner cinq parcs éoliens

 

« L’éolien est le plus générateur d’opportunités », souligne la directrice générale de GEG, Christine Gochard. GEG va donc mettre les bouchées doubles. Car, pour l’heure, elle ne fait tourner qu’un parc, à Rivesaltes, dans les Pyrénées orientales. Demain, l’électricien grenoblois espère en développer quatre autres, en Picardie, dans la Somme, l’Oise et l’Est de la France, et s’affranchir des résistances locales. « Pour certains projets, il y a quelques oppositions locales, reconnaît Christine Gochard mais d’autres sont purgés de recours. »

 

Onze nouvelles régies municipales ont rejoint GEG, et ont fait le choix de l'énergéticien grenoblois plutôt que d'Enedis.

Onze nouvelles régies municipales ont rejoint GEG. © Patricia Cerinsek

 

Demain, l’énergie produite par GEG sera donc verte. Mais plus si locale. En attendant, la société grenobloise semble confiante. Elle faisait en tout cas bonne figure vendredi 9 mars devant un parterre de partenaires et d’élus. Il faut dire que GEG a réussi une belle opération en ramenant en peu de temps sous son giron onze régies municipales. Après Allevard en 2017, dix régies viennent en effet de tomber dans son escarcelle, il y a quelques jours. De quoi damer le pion à Enedis (ex-ERDF).

 

Cela devrait pour l’instant s’arrêter là. Les autres communes du département ? Il leur est impossible pour l’heure de fusionner avec GEG, légalement parlant. « La loi n’autorise pas celles qui ne sont pas en régie à quitter Enedis », nous expliquait ainsi en amont de la petite réception Vincent Fristot, le président de GEG, également adjoint à la ville de Grenoble en charge de l’urbanisme, du logement, de l’habitat et de la transition énergétique.

 

 

Une nécessaire décentralisation énergétique pour Eric Piolle

 

« Les énergies renouvelables sont l’avenir de l’énergie, estime le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle. Elles sont ici capables d’être produites en quantité suffisante pour alimenter Grenoble. Mais à l’échelle nationale, nous ne pouvons pas faire le changement nécessaire. Faisons en sorte que cette décentralisation énergétique devienne une réalité. »

 

Siège de GEG place Robert Schuman © Florent Mathieu - Place Gre'net

Siège de GEG, à Grenoble © Florent Mathieu – Place Gre’net

En attendant, trois équipements sont entrés en service début 2018. Outre la centrale hydraulique de Bozel en Savoie et le parc solaire de Susville, au sud de l’Isère, les ombrières photovoltaïques installées sur trois parking-relais à Gières, Seyssins et Vif ont démarré leur production. De quoi donner des ailes à GEG ?

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

* GEG dessert en tout trente-sept communes en Isère et en Savoie, en électricité, gaz naturel ou propane.

 

 

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Commentaires 2
  1. Et la comm continue. La production locale a des centaines de km…et on nous dira que les grenoblois sont alimentés par des énergies locales renouvelables…la comm !
    Finalement GEG fait comme tous les autres, il investit partout, du moment que ça rapporte. Et le réseau électrique à quoi bon vouloir changer la loi, sauf à dire que les habitants de la Champagne souhaitent être dépannés par des agents qui habitent Grenoble ?!
    À ce sujet c’est bien le réseau ENERDIS qui relie les éoliennes installées partout en France par GEG à la ville de Grenoble, alors arretons l’hyocrisie messieurs les élus.

    On voit bien la limite des arguments des élus, notamment de Fristot.

    La proximité est naturellement en place en France et arrêtons de remettre en cause des équilibres où finalement on a de l’électricité plutôt fiable et avec des agents locaux, peu importent leur société d’ailleurs, on est bien content de voir des camions bleus dépanner pendant les tempêtes. Je ne vais quand même pas attendre qu’un camion GEG vienne dépanner ma maison dans le Vercors alors que des agents EDF habitent et dépannent partout autour de la commune où j’ai cette maison de vacance. Chacun sa zone c’est une simple question de bon sens, les régies municipales d’un côté, le service public national ailleurs.

    Parfois je me demande si ces élus ne devraient pas avoir un minimum de connaissances en économie en matière de péréquations (horizontale versus verticale).

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  2. Mr Piolle veut nous faire croire que l’éléctricité d’une éolienne en bretagne alimentera son bureau à la marie ? désolé mais les soirs d’hiver vers 19h30 il sera alimenté par des kw de charbon allemand de nucléaire de gaz et autre fuel.

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