« Pas de remise à la rue ! »: le Centre d’accueil intercommunal de Grenoble entre en résistance

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REPORTAGE – Éric Piolle a signé à Grande Synthe, les 1er et 2 mars, un manifeste pour un accueil digne des migrants. Un principe que la Ville de Grenoble affirme appliquer au quotidien, malgré un contexte de plus en plus tendu, avec plusieurs lieux d’hébergement d’urgence. À commencer par le Centre d’accueil intercommunal qui propose 71 places à des personnes sans domicile avec un accompagnement social, sanitaire, éducatif et culturel.

 

 

Le Centre d’ac­cueil inter­com­mu­nal a été inau­guré en novembre 2011, rue Tarze. © Manuel Pavard – Place Gre’net

En cette fin d’après-midi, seuls les cris et jeux d’en­fants troublent la quié­tude des lieux. Certains rési­dents rentrent se repo­ser dans leur chambre, tan­dis que d’autres dis­cutent en fumant une ciga­rette dans la cour exté­rieure.

 

Ils viennent des Balkans, du Maghreb, d’Afrique noire… Un vrai mel­ting-pot qui ravit le direc­teur du Centre d’ac­cueil inter­com­mu­nal (CAI), Jean-Alexandre Peyrottes, lequel vante un « for­mi­dable mélange cultu­rel : on a beau­coup de pays repré­sen­tés et les per­sonnes par­tagent énor­mé­ment, par exemple lors du repas de Noël ou des ate­liers de cui­sine. »

 

 

Pour être admis, un seul moyen, le 115

 

Inauguré fin 2011, rue Tarze, à la place de l’ancien Centre d’ac­cueil muni­ci­pal (CAM), le Centre d’ac­cueil inter­com­mu­nal est quasi-exclu­si­ve­ment financé par l’État et géré par le CCAS. Il pro­pose aujourd’hui 71 places répar­ties dans dif­fé­rentes ailes, selon le type de publics : familles avec enfants, hommes iso­lés, femmes iso­lées (avec ou sans enfants).

 

Une chambre est éga­le­ment dédiée à l’accueil de femmes vic­times de vio­lences. Enfin, une aile médi­cale com­po­sée de lits halte soins santé (LHSS) est réser­vée aux per­sonnes sans domi­cile sor­tant d’hospitalisation mais néces­si­tant encore des soins, admises sur pres­crip­tion médi­cale. Un dis­po­si­tif financé par l’Agence régio­nale de santé.

 

La Ville de Grenoble gère plusieurs lieux d’hébergement d’urgence dont le Centre d'accueil intercommunal qui propose 71 places à des personnes à la rue.

Six lits halte soins santé accueillent des per­sonnes sans domi­cile néces­si­tant des soins et admises sur pres­crip­tion médi­cale. © Manuel Pavard – Place Gre’net

 

Pour être admis au CAI, un seul moyen, comme l’explique Alain Denoyelle, adjoint gre­no­blois à l’action sociale : « Toutes les orien­ta­tions des per­sonnes vers le centre passent par le 115, qui recense les demandes selon les places dis­po­nibles et oriente les gens. Toutes les per­sonnes accueillies étaient dans une situa­tion d’urgence, sans héber­ge­ment préa­lable à leur entrée. »

Les condi­tions d’entrée sont donc par­fois un peu dif­fi­ciles. « C’est un vrai havre mais ça consiste aussi à entrer dans l’inconnu. »

 

Pour la majo­rité des rési­dents, le mot « havre » est loin d’être exa­géré. Depuis son arri­vée au CAI, en octobre der­nier, avec sa mère et ses deux sœurs, Devat, 12 ans, a ainsi retrouvé un large sou­rire.

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Commentaires 1
  1. ah ! si seule­ment la pré­fec­ture et le conseil dépar­te­men­tal pou­vaient se mon­trer aussi humains et arrê­ter d’en­voyer des lettres de sor­ties des héber­ge­ments, à par­tir du 21 mars (et pas du 31, fin offi­cielle de la trêve d’hi­ver) à des gens, même des familles avec enfants, qui se retrou­ve­ront à la rue… sans par­ler des fer­me­tures de gym­nases puisque la tem­pé­ra­ture est remon­tée.

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