Marie-Noëlle Battistel interpelle le gouvernement sur l’ouverture à la concurrence des ouvrages hydroélectriques

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FIL INFO – La députée de l’Isère Marie-Noëlle Battistel a interpellé, ce mardi 20 février dans le cadre des questions au gouvernement, Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire sur l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques. L’enjeu pour elle ? Tout faire pour empêcher libéralisation annoncée, ce que permet la loi de transition énergétique.

 

 

Marie-Noëlle Battistel lors de la question au Gouvernement à l'Assemblée nationale - DR

Marie-Noëlle Battistel lors de la ques­tion au Gouvernement à l’Assemblée natio­nale – DR

C’est au cours de la séance de ques­tions au gou­ver­ne­ment de ce mardi 20 février que Marie-Noëlle Battistel, dépu­tée PS de la 4e cir­cons­crip­tion de l’Isère et vice-pré­si­dente de la Commission des affaires éco­no­miques, a inter­pellé Nicolas Hulot, le ministre de la Transition éco­lo­gique, sur l’ouverture à la concur­rence des conces­sions hydro­élec­triques.

 

Un domaine que l’é­lue connaît bien puisque qu’elle est l’au­teur d’un rap­port par­le­men­taire concer­nant la tran­si­tion éner­gé­tique. La dépu­tée PS ne baisse pas les bras et revient ainsi à la charge sur la volonté de l’État de résis­ter à la Commission euro­péenne pour dire non à la mise en concur­rence des ouvrages hydro­élec­triques.

 

 

« Vous prenez la responsabilité unilatérale de baisser la garde »

 

Au cours de cette inter­pel­la­tion du gou­ver­ne­ment, Marie-Noëlle Battistel a rap­pelé au ministre l’im­por­tance de l’hy­dro­élec­tri­cité – une éner­gie propre, renou­ve­lable et sto­ckable – dans la réus­site de la tran­si­tion éner­gé­tique [Une tran­si­tion éner­gé­tique] sur laquelle notre pays doit res­ter à la pointe », insiste-t-elle. Avant de repro­cher à Nicolas Hulot les pro­po­si­tions d’ou­ver­ture à la concur­rence des ouvrages hydro­élec­triques fran­çais qu’il a évo­quées, la semaine pas­sée, devant la Commission des affaires éco­no­miques

 

Le 23 octobre 2017, dans l'émission CàVous, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire répond par écran interposé, à Benoît Hamon l'interpellant le 20 octobre, sur l'inaction du Ministre Le 23 octobre 2017, dans l'émission CàVous, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire répond à Benoît Hamon l'interpellant quelques jours plus tôt sur l'inaction du Ministre face au plan social qui s'abat sur General Electric Hydro à Grenoble.

Le 23 octobre 2017, dans l’é­mis­sion C à Vous, Nicolas Hulot, ministre de la Transition éco­lo­gique et soli­daire

« Vous avez affirmé la néces­sité de sor­tir du sta­tut quo et de pour­suivre les dis­cus­sions avec la Commission euro­péenne afin de mettre la France en confor­mité avec le droit euro­péen, tout en veillant à ce que la mise en concur­rence n’entraîne ni dégra­da­tion sociale ni ter­ri­to­riale », lui rafrai­chît-t-elle la mémoire.

 

Une prise de posi­tion lourde de consé­quences, estime la dépu­tée de l’Isère. « Vous pre­nez donc la res­pon­sa­bi­lité uni­la­té­rale de bais­ser la garde, de ces­ser le com­bat engagé ces der­nières années pour la pré­ser­va­tion de cet outil stra­té­gique, de fra­gi­li­ser une filière qui a fait la preuve de son effi­ca­cité éner­gé­tique, éco­no­mique et envi­ron­ne­men­tale », en déduit Marie-Noëlle Battistel.

 

 

Les ouvrages hydroélectriques « ne sont pas des biens comme les autres »

 

Pour la dépu­tée, la pilule n’est mani­fes­te­ment pas pas­sée. L’élue l’af­firme, ces outils sont une des garan­ties de l’indépendance éner­gé­tique fran­çaise, tout autant que des outils de l’aménagement du ter­ri­toire, de la ges­tion de la res­source en eau et de ses usages.

 

Marie-Noëlle Battistel estime de sur­croît qu’ils sont au cœur d’enjeux de sécu­rité très forts. « Nous croyons que les ouvrages ne sont pas des biens comme les autres. Nous croyons qu’ils relèvent du ser­vice public et ne qu’ils ne doivent pas être sou­mis aux règles de la concur­rence », mar­tèle-t-elle.

 

Le nouveau barrage de Livet. © Laurent Genin

Le nou­veau bar­rage de Livet. © Laurent Genin

 

Marie-Noëlle Battistel en est convain­cue, des solu­tions juri­diques existent dans la loi de tran­si­tion éner­gé­tiques pour évi­ter cette mise en concur­rence « tout aussi dog­ma­tique que ris­quée ». Pour autant, l’é­lue tem­père. « Certes, cela n’est ni simple, ni évident ; cela exige une vision poli­tique et le cou­rage de la défendre. D’autres pays l’ont fait. Pourquoi pas la France ? », ques­tionne-t-elle.

 

 

La réponse de Nicolas Hulot jugée « préoccupante »

 

L’occasion pour la dépu­tée de tacler la poli­tique d’Emmanuel Macron. « En rédui­sant par­tout l’intervention publique, vous déve­lop­pez un modèle libé­ral qui aura des consé­quences pour le ser­vice public, pour ses agents, pour le pou­voir d’achat des consom­ma­teurs et pour nos ter­ri­toires », lance Marie-Noëlle Battistel.

 

Elections législatives. Soirée électorale à la Préfecture de l'Isère. 11 juin 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Marie-Noëlle Battistel, élec­tions légis­la­tives, pré­fec­ture de l’Isère. 11 juin 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Avant d’in­ter­ro­ger : « Monsieur le ministre, êtes-vous prêt à por­ter cette parole forte et à défendre notre patri­moine natio­nal ? »

La réponse de Nicolas Hulot à cette ques­tion laisse, selon elle, appa­raître « une volonté forte du gou­ver­ne­ment d’accéder aux demandes de libé­ra­li­sa­tion de l’Europe ». Une réponse que Marie-Noëlle Battistel juge « pré­oc­cu­pante ».

 

C’est pour­quoi « [elle s’en­ga­gera] for­te­ment dans les semaines à venir aux côtés des acteurs de l’énergie et des élus locaux pour que la libé­ra­li­sa­tion annon­cée ne soit pas enga­gée, comme le per­met la loi de tran­si­tion éner­gé­tique ».

 

 

JK

 

 

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Commentaires 1
  1. Mme Battistel fait par­tie de ces élus de ter­rain qui siègent à l’Assemblée en ayant une connais­sance appro­fon­die des sujets rela­tifs à l’éner­gie ou à la mon­tagne. C’est un véri­table scan­dale cette pos­sible mise en concur­rence des conces­sions hydrau­liques, l’Europe qui a sou­haité la concur­rence a affai­bli par la même occa­sion les entre­prises per­for­mantes comme EDF. Les fran­çais font main­te­nant un amal­game dan­ge­reux entre EDF et poli­tique éner­gé­tique. Si l’Etat qui pré­side le Conseil d’Administration de l’en­tre­prise joue davan­tage son rôle d’ac­tion­naire majo­ri­taire, alors doit refu­ser cette mise en concur­rence, et enfin se ser­vir de l’ou­til EDF comme un véri­table outil de tran­si­tion éner­gé­tique, sinon l’éner­gé­ti­cien sera en dan­ger et par la même occa­sion les prix de l’élec­tri­cité flam­be­ront, et la qua­lité du ser­vice aux usa­gers ne sera qu’une nou­velle fois amoin­drie. Au nom de quoi ? de la concur­rence, qui fait fina­le­ment mon­ter les prix, belle pers­pec­tive !

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