Grenoble à cœur touché au portefeuille dénonce le « deux poids, deux mesures » de la Métropole

sep article

Notre indépendance c

FOCUS – Le collectif Grenoble à cœur, qui a fait de la lutte contre Cœur de ville, cœur de Métropole (CVCM) son cheval de bataille, pourfend la collectivité. Sommé de lui payer la somme de 1 200 euros suite au rejet de son recours visant à suspendre le projet, le collectif ne décolère pas. L’association dénonce la « pénalisation de l’expression citoyenne » tout en accusant la Métropole de faire « deux poids, deux mesures » face aux recours citoyens.

 

 

De gauche à droite : Cyril Sarrasi, représentant des commerçants, Dominique Grand, président de Grenoble à cœur et le secrétaire de l'association. © Joël Kermabon - Place Gre'net?

De gauche à droite : Cyril Sarrasi, repré­sen­tant des com­mer­çants, Dominique Grand, pré­sident de Grenoble à cœur et le secré­taire de l’as­so­cia­tion. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Nous avons écrit à Christophe Ferrari sans jamais avoir reçu de réponse. La seule lettre que nous avons reçue c’est pour nous récla­mer de l’argent par l’en­tre­mise de la Trésorerie muni­ci­pale de Grenoble », déclare, un peu dépité, Olivier, le secré­taire du col­lec­tif Grenoble à cœur.

 

Si le col­lec­tif pour­fen­deur du pro­jet CVCM en a gros sur le cœur c’est parce qu’il doit pos­ter, ce lundi 18 décembre, un chèque de 1 380,72 euros en réponse à la requête d’un huis­sier de jus­tice agis­sant pour le compte de la Métropole.

 

En cause, les 1 200 euros – majo­rés pour retard de paie­ment – aux­quels le col­lec­tif avait été condamné par le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble, suite à son recours infruc­tueux pour absence d’é­tudes d’im­pact concer­nant le pro­jet Cœur de ville, cœur de Métropole (CVCM). Les membres du col­lec­tif se disent ainsi amers de consta­ter « qu’une opi­nion peut coû­ter cher, qu’en plus ça ne se dis­cute pas » et s’en expliquent.

 

« La parole des citoyens doit être favorisée et non pas pénalisée »

 

Suite au juge­ment du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Grenoble débou­tant en référé le col­lec­tif dans son recours, ce der­nier s’é­tait fendu, le 24 octobre, d’une lettre adres­sée à Christophe Ferrari, pré­sident de Grenoble-Alpes Métropole. Grenoble à cœur y deman­dait en sub­stance à l’élu d’in­ter­ve­nir auprès de la Trésorerie muni­ci­pale pour qu’elle aban­donne la pro­cé­dure de recou­vre­ment.

 

Le chèque posté par Grenoble à coeur.

Le chèque posté par Grenoble à cœur.

Les argu­ments du col­lec­tif réunis­sant six unions d’habitants, qua­torze unions com­mer­ciales et quatre fédé­ra­tions pro­fes­sion­nelles ? Grenoble à cœur fait valoir « que la parole des citoyens [doit] être favo­ri­sée et non pas péna­li­sée ».

 

Et que par ailleurs « 1 200 euros ne pèsent rien en regard des 10 mil­lions d’euros du pro­jet CVCM, mais beau­coup dans le bud­get d’une asso­cia­tion por­teuse d’une expres­sion démo­cra­tique ».

 

Dans sa réponse en date du 23 novembre, la Direction finances et ges­tion de la Métropole ne laisse guère d’es­poir au col­lec­tif. « S’agissant d’une déci­sion de jus­tice, il ne revient pas à la Métropole d’en appré­cier l’op­por­tu­nité mais de l’ap­pli­quer. En consé­quence, je suis au regret de vous infor­mer que je ne serai pas en mesure de don­ner une suite favo­rable à votre demande », lui répond-elle. Fin de par­tie pour le col­lec­tif.

 

Deux poids, deux mesures face aux recours ?

 

Grenoble à cœur dénonce en l’oc­cur­rence le « deux poids deux mesures » dans les réac­tions de la Métropole face aux recours citoyens. C’est du moins l’a­vis de Dominique Grand, pré­sident de l’as­so­cia­tion. « L’équipe métro­po­li­taine a eu à faire face à de nom­breux recours d’une cer­taine per­sonne [Raymond Avrillier, ndlr] qui s’é­tait spé­cia­li­sée dans le Stade des Alpes, avec près de 80 recours, et la Métro n’a jamais réclamé le moindre cen­time », s’of­fusque-t-il.

 

Quel impact a le nouveau plan de circulation sur le flux de véhicules en ville ? © Patricia Cerinsek

Quel impact a le nou­veau plan de cir­cu­la­tion sur le flux de véhi­cules en ville ? © Patricia Cerinsek

« Il y a cette lettre que nous avons reçue mais il y a aussi celles que nous ne rece­vons pas », pour­suit le secré­taire du col­lec­tif. Notamment le rap­port de l’ob­ser­va­toire Cœur de ville, cœur de métro­pole, demandé aux élus de la Métropole et en par­ti­cu­lier à Christophe Ferrari.

 

« Non seule­ment nous n’a­vons jamais reçu ce rap­port, qui semble d’ailleurs ne pas trop exis­ter, mais nous appre­nons [lors d’une réunion publique, ndlr] que la cir­cu­la­tion aurait baissé de 17 % rue Hoche, dixit Antoine Back, l’élu de sec­teur. D’où ça sort ? », s’é­tonne-t-il. Un chiffre par ailleurs contesté par les rive­rains de la rue Hoche et l’u­nion de quar­tier Championnet (CBCH), indique le col­lec­tif. Toujours au sujet de cette baisse, Grenoble à cœur met éga­le­ment en cause les résul­tats obte­nus par la boucle de comp­tage « mise en œuvre une semaine après le début de CVCM ».

 

« Je pense qu’en matière d’ex­pres­sion citoyenne les pra­tiques de la Ville de Grenoble et de la Métropole sont scan­da­leuses. Elles entrent en contra­dic­tion avec toutes leurs affir­ma­tions. Plus on vous tient de beaux dis­cours sur la co-construc­tion et la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, plus on cherche à cacher une réa­lité de pra­tiques de plus en plus auto­ri­taires et dis­cri­mi­na­toires par rap­port aux opi­nions qui ne sont pas dans leur ligne », conclut Dominique Grand.

 

 

Joël Kermabon

 

 

commentez lire les commentaires
3132 visites | 4 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 4
  1. Ping : E.PIOLLE ÉTRANGLE FINANCIÉREMENT « GRENOBLE à COEUR » – Grenoble Le Changement !

  2. La loi c’est la loi. Certains spé­cia­listes du droit ici vien­dront-ils dire le contraire ? En choi­sis­sant d’al­ler au tri­bu­nal, c’é­tait le risque, il faut désor­mais assu­mer.
    Les oppo­sants à Neyrpic ont payé leur 2 000 € suite à leur recours perdu même si ils n’é­taient pas vrai­ment contents.

    Et on m’ac­cu­sera encore une fois d’être un sous-marin de la muni­ci­pa­lité. Je le redis à l’at­ten­tion de ceux qui se recon­naî­tront ici : non, je ne suis pas un pote à Piolle ou autre. Je sou­haite la réa­li­sa­tion de ce pro­jet, comme beau­coup dans la Métropole. Que ceux qui m’ac­cusent pré­sentent des argu­ments et pré­cisent leur pen­sée, et nous pour­rons dis­cu­ter, comme j’ai eu l’oc­ca­sion de le faire avec la rédac­tion quand leurs articles m’ont inter­pellé. Mais les « croyances » ne rem­placent pas la réa­lité.

    sep article
    • Vous vous disiez urba­niste il y a quelques jours et vous voilà juriste main­te­nant. A vous seul vous savez tout. Impressionnant. Donc vous sau­rez sur­ement expli­quer aussi com­ment la muni­ci­pa­lité fait pour annon­cer des chiffres de cir­cu­la­tion en baisse là où il n’y avait rien pour les mesu­rer au départ.

      sep article
      • Je ne suis pas juriste mais il me semble que la loi doive s’ap­pli­quer par­tout et pour tous.

        Je ne juge pas les chiffres de tra­fic ici, et je ne crois pas non plus la Métropole sur des don­nées non véri­fiées (chiffres de cir­cu­la­tion, mais aussi fré­quen­ta­tion et conges­tion que j’ai­me­rais voir par­ta­gés pour les juger par moi même). Je vois bien que la rue Hoche est beau­coup trop uti­li­sée par le tran­sit alors que le tra­jet devrait être fait par les bou­le­vards Foch et Joffre.

        sep article