Près de 1 200 arbres de plus qu’en 2014 à Grenoble : de quoi faire taire les polémiques ?

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EN BREF – La municipalité de Grenoble, qui vient de dresser le bilan de son patrimoine arboricole, met en avant un ratio positif entre coupes et plantations d’arbres depuis 2014. Ce sont en effet près de 1 200 nouveaux arbres qui ont rejoint le paysage urbain, avec la volonté réaffirmée de réintroduire de la nature en ville mais aussi de diversifier les espèces.

 

 

« Une nouvelle façon de penser la ville, au service du bien-vivre ». C’est ainsi que le maire de Grenoble Éric Piolle réaffirme sa volonté d’accorder plus de place à la nature en ville. Et celui-ci de prendre pour preuve les chiffres des coupes et des plantations d’arbres sur Grenoble depuis le début de son mandat, en 2014.

 

Rangée d'arbres le long du cours Alsace-Lorraine © Florent Mathieu - Place Gre'net

Rangée d’arbres le long du cours Alsace-Lorraine © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

La Ville indique ainsi un “solde” positif de 1 199 arbres depuis trois ans. Si 390 arbres ont été abattus sur la période 2014-2015, 860 autres ont alors été plantés, soit 470 arbres supplémentaires. Sur la période 2015-2016, 815 ont été abattus mais 953 plantés, soit 138 de plus. Enfin, pour 2016-2017, il y a eu 288 coupes contre 879 arbres plantations, soit 591 arbres supplémentaires.

 

 

Plus de 500 espèces d’arbres différentes

 

Des chiffres à mettre en relation avec les vingt dernières années, loin de présenter une tendance similaire. À l’exception des saisons 1996-1997 (65 arbres supplémentaires), 2006-2007 (56 arbres de plus) et 2009-2010 (201 arbres de plus), tous les exercices présentent en effet des soldes négatifs. Avec même un pic de 1 842 arbres en moins en 2003-2004.

 

Quand les arbres du Jardin des Dauphins surplombant la ville prennent des teintes automnales © Florent Mathieu - Place Gre'net

Quand les arbres du Jardin des Dauphins surplombant la ville prennent des teintes automnales © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Un déficit hérité de l’esprit des Trente glorieuses, juge Éric Piolle, lorsque l’arbre et plus généralement la nature en ville étaient perçus comme « quelque chose qui consomme de l’espace et des ressources sans rien produire ». Le maire de Grenoble l’affirme : il veut en finir avec l’image d’une “ville-béton” et renverser la tendance. « Là où la nature a été la grande absente, elle est devenue la seconde nature de l’urbain », plaide-t-il.

 

À la volonté de redonner de la place à la nature en ville s’ajoute celle de diversifier les espèces. Déjà les 36 000 arbres de Grenoble, Bastille incluse, comptent plus de 500 espèces différentes. Mais une attention toute particulière va être portée aux arbres fruitiers dans les jardins partagés. « Cela génère des interactions avec les habitants, c’est un outil social intéressant », vante le maire.

 

 

Des bienfaits physiologiques et psychologiques

 

Lucille Lheureux, adjointe déléguée aux Espaces publics et à la Nature en ville, rappelle pour sa part l’intérêt d’avoir ces grands végétaux sur le territoire urbain. « L’arbre en ville n’est pas la moindre chose pour améliorer notre santé : les arbres captent les poussières et participent à la lutte contre les chaleurs très importantes en dégageant de l’humidité, et évidemment de l’ombre. » Ainsi, le projet de végétalisation du cours Jean-Jaurès affiche-t-il clairement pour objectif de lutter contre les îlots de chaleur.

 

Le maire de Grenoble Éric Piolle, l'adjointe Lucille Lheureux et le responsable du Centre horticole de la Ville Claude Merle © Florent Mathieu - Place Gre'net

Le maire de Grenoble Éric Piolle, l’adjointe Lucille Lheureux et le responsable du Centre horticole de la Ville, Claude Merle © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Mais ce n’est pas l’unique bienfait attendu de ces plantations. « L’état de santé, c’est aussi l’état de bien-être, rappelle Lucille Lheureux. Et l’on sait combien le végétal participe à l’état de bien-être psychologique des habitants. L’arbre a toute sa place, à la fois pour lutter contre la chaleur, mais aussi donner le sourire à chacun ! », s’enthousiasme-t-elle.

 

 

Polémiques autour des coupes

 

Le sourire se fait plus crispé quand il s’agit de revenir sur les polémiques autour de certains abattages. Les Républicains de Grenoble s’étaient en particulier emparés de la coupe de marronniers centenaires place Victor-Hugo, en 2016. Quant au site des “carignonnistes” Grenoble le changement, il commente à l’envi les abattages pratiqués par la municipalité, allant jusqu’à parler d’une « haine grenobloise ».

 

Chargement d'arbres destinés à être plantés en ville © Florent Mathieu - Place Gre'net

Chargement d’arbres destinés à être plantés en ville © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Maladies, travaux, incivilités… les raisons de pratiquer des coupes annuelles ne manquent pourtant pas. Sachant que les arbres en ville ont une moyenne de vie de quarante ans, le renouvellement du patrimoine arboricole n’est pas une mince affaire. D’autant que Grenoble fait face aux conséquences d’un pic de plantations dans les années 70 lié à l’engouement de l’équipe Dubedout pour les peupliers, des arbres poussant vite mais à la durée de vie limitée.

 

« C’est toujours un crève-cœur de voir un arbre coupé », confie volontiers Éric Piolle. Mais au-delà des polémiques, l’édile veut surtout croire en un consensus de la population grenobloise autour du besoin de retour de la nature en ville. Opération Jardinons nos rues, incitation à végétaliser les façades et, bientôt, création d’un parcours pédagogique au Centre horticole de la Ville. Le maire le clame : « C’est une de nos priorités et cela correspond aux priorités des Grenoblois ! »

 

FM

 

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