© Joël Kermabon - Place Gre'net

Venu soutenir les salariés de GE Hydro, Jean-Luc Mélenchon « adjure » le gouvernement d’intervenir

Venu soutenir les salariés de GE Hydro, Jean-Luc Mélenchon « adjure » le gouvernement d’intervenir

REPORTAGE VIDÉO – Après Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon le chef de file de La France insoumise (LFI) s’est déplacé ce 11 octobre à Grenoble pour apporter son soutien aux salariés de GE Hydro. Un soutien politique de poids mais aussi une aubaine médiatique pour les grévistes qui occupent le site et demandent toujours la suspension du plan social qui les frappe. Jean-Luc Mélenchon a « adjuré » Emmanuel Macron et Bruno Le Maire d’intervenir et de prendre leurs responsabilités. 

 

 

Les salariés de GE Hydro reconnaissables à leur casquette GE - 345. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les salariés de GE Hydro reconnaissables à leur casquette GE – 345. © Joël Kermabon – Place Gre’net

C’est sur l’air de « On lâche rien » que près de 300 personnes – salariés de GE Renewable Energy (GE Hydro), pour certains en famille, militants de la France insoumise et un parterre de politiques – ont accueilli Jean-Luc Mélenchon.

 

Le leader de La France insoumise (LFI), en déplacement à Grenoble ce mercredi 11 octobre, est venu apporter son soutien aux grévistes de General Electric qui occupent leur usine depuis plus d’une semaine.

 

Après un discours au cours duquel le tribun a sévèrement étrillé Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom, il a demandé à Emmanuel Macron et à Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, de prendre leurs responsabilités. Notamment pour que l’État fasse jouer l’option d’achat de 20 % des actions de Bouygues au sein d’Alstom, qui arrive à échéance le 17 octobre. Tout comme Arnaud Montebourg l’avait fait une dizaine de jours plus tôt lors d’une rencontre à Grenoble avec les salariés en lutte.

 

 


Reportage Joël Kermabon

 

 

Jean-Luc Mélenchon « adjure » l’État d’intervenir

 

 

« S’il ne le font pas c’est qu’ils ne veulent pas le faire ! Voilà la vérité ! L’État a 20 %, l’État pourrait les racheter. Il ferait une bonne affaire financière et la France continuerait à disposer de son appareil de production », fulmine Jean-Luc Mélenchon, juché sur la tribune qui fait face aux salariés. « C’est de la politique, ce sont des dirigeants politiques qui ne veulent pas faire ce qui est nécessaire pour l’intérêt général du pays », martèle encore le député des Bouches-du-Rhône.

 

Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« J’adjure le président Macron et le ministre Le Maire de comprendre ce qui est en jeu, il ne s’agit pas seulement d’un montage financier, il s’agit d’une question technique et de qualification professionnelle », a déclaré solennellement Jean-Luc Mélenchon. Qui considère qu’il est primordial de conserver des unités de production en France.

 

« On parle ici de postes de travail uniques dans leur genre et à très haut niveau de qualification », souligne le chef de file des Insoumis. Des postes de travail dont il fera d’ailleurs une description détaillée et empathique, un peu à la Zola, dans la première partie de son discours. Une manière de conquérir un peu plus un auditoire pourtant déjà acquis.

 

 

« Des incapables, des mendiants de subventions publiques ! »

 

 

L’occasion était trop belle pour le leader de la France insoumise d’écorner au passage Henri Poupart-Lafarge, le président directeur général d’Alstom, s’étonnant ironiquement de se retrouver à la tribune à sa place. « C’est lui le chef d’entreprise ! […] Il n’y a pas de respect humain ! Il pourrait venir vous dire qu’il ne peut pas faire autrement, mais il ne vient pas le faire ! », lance-t-il à la petite foule. Et d’extrapoler l’attitude du PDG. On reconnaîtra le style qui ne fait pas dans la dentelle.

 

Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Voilà ce que c’est ! Des incapables, des mendiants de subventions publiques, des gens cupides qui passent leur temps à vouloir toujours plus », assène Jean-Luc Mélenchon. Applaudissements.

 

Et puisqu’il est question des dirigeants, à Paris, dans le même temps où Jean-Luc Mélenchon discourait, Henri Poupart-Lafarge était auditionné par les commissions des affaires économiques de l’Assemblée nationale et du Sénat à propos de la fusion d’Alstom avec Siemens. Raison pour laquelle une délégation d’une cinquantaine de salariés de GE Hydro, faisant feu de tout bois, sont montés à la capitale pour protester devant les deux assemblées.

 

 

« Le gouvernement suit la situation de très près »

 

 

Pour autant, il semble que, du côté du gouvernement, les lignes commencent à bouger. Mais pas vraiment là où l’attendent les grévistes de GE Hydro, à savoir sa position sur le rachat des fameuses actions. Lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale ce mercredi 11 octobre, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement a assuré que « le gouvernement suit la situation de très près » et « qu’il sera extrêmement attentif à ce que General Electric respecte tous ses engagements et notamment la création nette de 1 000 emplois ». Une promesse faite par le groupe lors de son rachat de la branche énergie d’Alstom. Faute de quoi le groupe risque d’être lourdement frappé par une « pénalité financière de 50 000 euros pour chaque poste non créé », prévoit le gouvernement.

 

 

Émilie Chalas dénonce des « récupérations politiques »

 

 

Par ailleurs, les représentants des salariés de GE Hydro sont reçus ce jeudi 12 octobre à Bercy, suite à une démarche initiée par Émilie Chalas, la députée La République en marche (LREM) de la troisième circonscription de l’Isère.

 

Qui se désespère « des récupérations politiques faites depuis la semaine dernière. Ce ne sont pas messieurs Mélenchon et Montebourg qui proposeront des solutions constructives », a-t-elle déclaré sur l’antenne de nos confrère de France bleu Isère. « Jean-Luc Mélenchon n’est pas président. Nous le remercions pour ses idées, mais elles n’ont pas été retenues par les Français », tacle Émilie Chalas.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Enfin, Christophe Castaner a fait l’annonce de la tenue d’une nouvelle réunion à Bercy le 16 octobre, laquelle réunirait « l’ensemble des acteurs » concernés par la restructuration du site grenoblois de GE Hydro. Toujours est-il que si les salariés en grève se plaignaient que leur lutte soit peu médiatisée et manque de visibilité, la venue de Jean-Luc Mélenchon les aura au moins rassurés sur ce point. À défaut – regrettent certains d’entre eux – d’autres assurances peut-être plus compliquées à obtenir.

 

 

Joël Kermabon

 

Gardez un œil sur l'actu ! 👋

Les récap‘ actu de la grande région grenobloise deux fois par semaine. 👉
Gratuit et sans engagement !

Vous pouvez vous désinscrire à tout instant d'un simple clic.

Joël Kermabon

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi sur Place Gre'net

Les syndicats appellent à la mobilisation contre les sanctions disciplinaires proposées pour deux inspecteurs du travail grenoblois
Sanctions disciplinaires proposées pour deux inspecteurs du travail grenoblois : les syndicats appellent à la mobilisation

DROIT DE SUITE - Convoqués devant une commission administrative paritaire le 15 septembre 2026, deux inspecteurs du travail grenoblois mis en cause par leur hiérarchie Lire plus

Le Village 2 Santé d'Échirolles fête ses 10 ans, sur fond d'incertitudes pour l'avenir des centres de santé communautaires
Le Village 2 Santé d’Échirolles fête ses 10 ans, sur fond d’incertitudes pour l’avenir des centres de santé communautaires

FLASH INFO - Le Village 2 Santé d'Échirolles fête ses dix ans d'existence les vendredi 25 et samedi 26 septembre 2026. Au programme, un plateau-radio Lire plus

Métropole de Grenoble : Réconcilier Grenoble appelle à des économies structurelles, au nom de la défense des contribuables
La Métropole de Grenoble « au pied du mur »: l’opposition de droite appelle d’urgence à des économies structurelles

FOCUS - Alors qu'un nouveau conseil métropolitain se tient le 25 septembre 2026, les élus d'opposition du groupe Réconcilier Grenoble appellent l'intercommunalité à réaliser des Lire plus

L'hélistation sur le toit de la clinique Belledonne à Saint-Martin-d'Hères est désormais opérationnelle; © Elsan
Saint-Martin-d’Hères : l’hélistation de la clinique Belledonne destinée aux urgences enfin opérationnelle

EN BREF - Inaugurée mardi 22 septembre 2026 à la clinique Belledonne de Saint-Martin-d’Hères, la nouvelle hélistation accueille des hélicoptères notamment destinés aux urgences cardiologiques. Un Lire plus

Fin de l'occupation de la Métropole de Grenoble : les occupants célèbrent une victoire, mais assurent que le combat continue
Fin de l’occupation de la Métropole de Grenoble : les occupants et le Dal victorieux… préviennent que le combat continue

FOCUS - La journée du 22 septembre 2026 a marqué la fin de l'occupation du siège de la Métropole de Grenoble. En novembre 2025, 150 Lire plus

Grenoble Art Up ! à Alpexpo. © Maxime Sibue
La foire d’art contemporain Grenoble Art Up! revient à Alpexpo avec près de 250 artistes

ÉVÉNEMENT – La foire d’art contemporain Grenoble Art Up! revient du jeudi 24 au dimanche 27 septembre 2026 à Alpexpo pour une troisième édition. Quarante Lire plus

Flash Info

|

22/09

20h17

|

|

22/09

12h48

|

|

22/09

12h29

|

|

15/09

16h14

|

|

14/09

23h32

|

|

08/09

15h50

|

|

03/09

23h54

|

|

03/09

23h26

|

|

31/08

17h25

|

|

28/08

13h09

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : La fameuse baignade dans l’Isère… remise à plus tard

Société| Cité du Rabot à Grenoble : trois projets en lice et des « avancées concrètes » pour la restauration et la voirie du site

Économie| Dossier Piolle-Martin en déshérence à Valence : le parquet national financier appelé à se saisir de l’affaire

Agenda

Je partage !