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Interdiction de Dieudonné à Grenoble pour risque de troubles à l’ordre public : le FN s’insurge

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EN BREF – Éric Piolle, a annoncé prendre un arrêté pour interdire à l’humoriste Dieudonné de se produire à Grenoble. Ses motifs ? « Incompatibilité » de valeurs, et « respect de l’ordre public ». Le maire de Grenoble se réfère ainsi aux échauffourées ayant accompagné un meeting du Front national en mai dernier. Une comparaison qui passe mal au FN…

 

 

Le négationniste Robert Faurisson porte la Kippa et moque les enfants de déportés Juifs dans ce sketch en compagnie de Dieudonné. (capture YouTube)

Le négationniste Robert Faurisson porte la kippa et moque les enfants de déportés Juifs dans ce sketch de Dieudonné. (capture YouTube)

« En tant que maire de la Ville de Grenoble, ma responsabilité est de protéger toutes les Grenobloises et tous les Grenoblois. » Tels sont les mots d’Éric Piolle pour expliquer sa décision de prendre un arrêté interdisant la tenue d’un spectacle de Dieudonné sur le territoire de la Ville.

 

Une décision qui pourra toutefois être contestée par le principal intéressé. En 2009, c’est en effet un arrêté préfectoral lui interdisant de se produire en Isère que Dieudonné avait porté devant la justice.

 

Le tribunal administratif de Grenoble lui avait alors donné raison, et avait suspendu l’arrêté, en invoquant une « atteinte grave et illégale à une liberté fondamentale ».

 

 

La venue de Dieudonné « incompatible » avec les valeurs de Grenoble ?

 

 

Annoncée par le Dauphiné libéré, la nouvelle venue de l’humoriste polémique, le 28 octobre prochain, est en tout cas, de l’avis d’Eric Piolle « incompatible » avec « les valeurs fondamentales de Grenoble, ville ouverte sur le monde et Compagnon de la Libération ».

 

Dieudonné multiplie depuis plusieurs années les provocations antisémites, sans cacher notamment sa proximité avec Robert Faurisson, figure du négationnisme.

 

Un « tumulte soudain » lors du meeting du Front National le 20 mai 2017. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Un « tumulte soudain » lors du meeting du FN le 20 mai 2017. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Valeurs toujours, Éric Piolle évoque encore la « sensibilité particulière » de Grenoble. Avant de rappeler le « tumulte soudain qui s’était rapidement étendu à travers tout le centre-ville » le 20 mai 2017* lorsque des opposants à la tenue d’un meeting du Front national s’étaient confrontés aux forces de l’ordre. « En tant que maire, mon rôle est de garantir le respect de l’ordre public », conclut-il.

 

 

« Comparaison malhabile » et « certaine forme de lâcheté », juge le FN

 

 

Une position loin de convenir… au FN. « Proprement scandaleux ! », lance le secrétaire départemental du Front national en Isère. « Comparer une structure politique et un événement politique en pleine campagne électorale à un spectacle de Dieudonné, c’est extrêmement mal placé. Nous sommes quand même un rouage de la démocratie ! », plaide ainsi Thibaut Monnier.

 

Thibaut Monnier, secrétaire départemental du Front national de l’Isère. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Thibaut Monnier, secrétaire départemental du FN de l’Isère. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Le Front national ne manque pas au passage d’égratigner le maire de Grenoble, accusé « d’abandonner en amont les responsabilités qui lui incombent, avant même qu’un spectacle ait lieu, au motif de l’ordre public ».

 

Pour Thibaut Monnier, Éric Piolle fait tout simplement preuve d’une « certaine forme de lâcheté ».

 

Concernant l’interdiction du spectacle à proprement parler, le représentant isérois du FN s’interroge, sans vouloir « rentrer dans le fond ».

 

« Si l’artiste est autorisé et peut se produire dans d’autres villes, je ne vois pas pourquoi à Grenoble on l’interdirait. J’ai toujours un peu de mal avec les interdictions : on est dans un pays de libertés ! », juge-t-il.

 

Et Thibaut Monnier de dénoncer encore ce qu’il estime une inégalité de traitement. « On n’empêche jamais l’extrême gauche de se réunir, de faire des raouts. Il y a un “deux poids deux mesures” qui est insupportable, et je trouve cela très dommageable pour la démocratie et la liberté de chacun », conclut le secrétaire départemental du Front national.

 

 

Florent Mathieu

 

 

  • * Et non en juin, comme le mentionne la Ville dans son communiqué.

 

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