Éric Piolle prédit la perte de 160 emplois à Grenoble avant la fin 2017

sep article



À Grenoble, ce sont principalement les secteurs sanitaire, social et culturel qui seront touchés par la diminution drastique des emplois aidés annoncée cet été par le gouvernement. C’est du moins ce qu’a déclaré Éric Piolle, le maire de Grenoble, après s’être rendu en signe de solidarité dans les locaux des Restaurants du cœur de Grenoble qui se disaient contraints de devoir supprimer un emploi de cuisinier en contrat aidé.

 

 

Un rude coup pour l’as­so­cia­tion qui avait, dès lors, décidé de ne plus dis­tri­buer de repas chauds « avant d’être gra­ciée par le Premier ministre ce week-end », iro­nise Éric Piolle par voie de com­mu­ni­qué. L’élu fait ainsi réfé­rence à la récente volte-face du gou­ver­ne­ment. Un rétro­pé­da­lage qui devrait assez rapi­de­ment per­mettre aux Restos du cœur de recon­duire l’emploi de cui­si­nier auquel ils ont failli devoir renon­cer.

 

Éric Piolle, maire de Grenoble, prédit la perte de 160 emplois en contrats aidés suite à la décision gouvernementale d'en diminuer le nombre d'ici 2018.Éric Piolle dans les locaux des Restaurants du cœur. © Ville de Grenoble

Éric Piolle dans les locaux des Restaurants du cœur. © Ville de Grenoble

« Plus de 160 personnes vont perdre leur emploi à Grenoble »

 

Si l’é­dile se réjouit de cet heu­reux revi­re­ment, il n’en expose pas moins ses craintes sur les consé­quences de la dimi­nu­tion des emplois aidés sur Grenoble. « Au-delà de cette bonne nou­velle, plus de 160 per­sonnes vont perdre leur emploi à Grenoble avant la fin de l’année 2017, prin­ci­pa­le­ment dans le sec­teur sani­taire et social, qui vient en aide aux plus dému­nis d’entre nous, et dans la culture, qui ren­force notre vivre ensemble », fus­tige l’élu. Qui, remonté comme un cou­cou, inter­roge le gou­ver­ne­ment : « Combien de sau­ve­tages indi­vi­duels Monsieur le Premier ministre va-t-il devoir effec­tuer avant de réa­li­ser que sa poli­tique fait fausse route ? Va-t-il se mobi­li­ser de la même façon pour les 160 emplois aidés à Grenoble ? Combien de grâces  gou­ver­ne­men­tales avant d’aller de l’avant ? », ques­tionne-t-il.

 

 

Retrouver les chemins de l’insertion professionnelle

 

Éric Piolle ne tarit pas de mots sur l’u­ti­lité, la per­ti­nence des contrats aidés. « Partout dans notre pays, les emplois aidés font vivre la soli­da­rité et l’émancipation, notam­ment au ser­vice des per­sonnes les plus fra­giles, des petits aux ainés, plaide-t-il. De plus, ils per­mettent à celles et  ceux qui en béné­fi­cient de retrou­ver les che­mins de l’insertion pro­fes­sion­nelle. »

 

Puis, uti­li­sant la méta­phore d’une pos­ture trom­peuse, Éric Piolle fait feu de tout bois, taclant l’exé­cu­tif. « Bas les masques : en sup­pri­mant l’impôt sur les grandes for­tunes, le gou­ver­ne­ment faci­lite la vie des plus puis­sants. En bais­sant les APL, les dota­tions aux col­lec­ti­vi­tés, en sup­pri­mant les emplois aidés, il plonge dans la détresse une part tou­jours plus grande de nos conci­toyens », affirme-t-il sans ambages. « Être moderne, c’est aussi ne pas attendre la catas­trophe pour faire un pas de côté. Il est encore temps », finit par conclure Éric Piolle.

 

 

JK

 

MC2 - La morsure de l
commentez lire les commentaires
2929 visites | 3 réactions
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.

Commentaires 3
  1. Pour répondre à GAM, je connais plein d’as­so­cia­tions (dont celle où je suis béné­vole) qui ne pour­ront plus avoir de sala­riés en contrat aidé et ces postes ne sont pas des emplois muni­ci­paux.
    Il est impen­sable de les pas­ser en contrats « nor­maux », beau­coup trop cher pour des asso­cia­tions qui fonc­tionnent pres­qu’u­ni­que­ment avec des béné­voles et des sub­ven­tions. Ce n’est pas un sec­teur mar­chand, E. Piolle a rai­son de sou­li­gner que ce sont le sec­teur sani­taire et social qui est le plus tou­ché.
    Contrairement à ce qu’af­firme le gouv, les béné­fi­ciaires de ces contrats ont beau­coup plus de faci­li­tés après leur contrat aidé pour trou­ver un emploi, car ils ont acquis de l’ex­pé­rience.

    sep article
  2. sep article
  3. Comme c’est bizarre ; 160 emplois, c’est exac­te­ment le même nombre que ceux prévu dans le « plan de sau­ve­garde des ser­vices publics »… Etonnant non ?
    Comme quoi Macron a aussi bon dos, d’au­tant qu’on ne connait pas la baisse de la DGF et qu’on ne la connaî­tra pas avant Juin-Juillet 2018, annui­tés obligent…
    Nous pren­drait-on pour des buses ?

    sep article