Alerte sécheresse : dans le département de l’Isère, l’eau ne coule plus à flots

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EN BREF – Ce n’est pas tant désormais la fréquence et l’intensité des périodes de sécheresse qui inquiète que leur précocité. En ce début d’été, faute de précipitations hivernales suffisantes, et en raison des fortes chaleurs, le département de l’Isère a été placé en alerte sécheresse avec son lot de restrictions d’eau…

 

 

Trois mois après avoir été placé en vigilance sécheresse, le département vient de passer en état d’alerte. En Isère, les niveaux dans les cours d’eau comme les nappes phréatiques sont au plus bas. La situation n’a rien d’exceptionnel. Elle a même tendance à se répéter. Mais ce qui inquiète, ce n’est pas tant la fréquence ni même l’intensité des épisodes de sécheresse que leur précocité…

 

© Patricia Cerinsek

 

Avant que le préfet ne prenne cet arrêté, la Frapna s’en était inquiétée et avait tiré la sonnette d’alarme. Pour la fédération Rhône-Alpes de protection de la nature, sur la région, « le niveau des nappes est en ce début d’été comparable à celui enregistré fin août 1976, lors de la dernière grande sécheresse, souligne-t-elle dans un communiqué. Or nous n’en sommes qu’au début du mois de juillet. »

 

 

Très peu de précipitations depuis neuf mois

 

 

Car, depuis l’automne dernier, il n’a quasiment pas plus dans le département. Pas de quoi en tout cas recharger les nappes souterraines, dont les niveaux ne cessent de baisser depuis le printemps. Les prévisions météorologiques n’annonçant rien de bon dans les jours à venir – comprendre que les fortes chaleurs vont se maintenir – le préfet a donc décidé de passer une vitesse et de placer l’ensemble du département en alerte comme le réclamaient plusieurs associations.

 

Conséquence des fortes chaleurs, l'évapotranspiration vient s'ajouter au déficit pluviométrique. DR

Conséquence des fortes chaleurs, l’évapotranspiration vient s’ajouter au déficit pluviométrique. DR

Un dispositif qui permet de mettre en œuvre diverses mesures de restrictions d’eau, qui vont de la baisse de 15 % des prélèvements agricoles à l’interdiction de lavage des voitures hors stations professionnelles. Sont également interdits le remplissage des piscines ou l’arrosage des pelouses, golfs et stades en journée.

 

Ces mesures seront-elles suffisantes ? Comme d’ordinaire, elles suffisent à traverser un mauvais épisode. Mais elles deviennent récurrentes. D’autant que certains secteurs sont plus touchés que d’autres. Le Nord Isère souffre ainsi davantage de la sécheresse, tout comme les plaines et vallées. Le bassin de la Bourbe, les Chambarans, la partie drômoise encaissent de plein fouet le déficit pluviométrique combiné à la hausse des températures.

 

« Ce peut être trompeur : tous les dix, quinze jours, quelques pluies viennent maintenir les cours d’eau à peu près à niveau. Mais les nappes, elles, ne se rechargent pas », souligne Jacques Pulou de la Frapna. « Qui plus est, la baisse des débits est accentuée par l’évapotranspiration, mettant en danger la faune et la flore des cours d’eau, très sensible à la température de l’eau. »

 

 

La puissance des réacteurs du Tricastin a été réduite mardi 18 juillet

 

 

Mardi 18 juillet, alors que se réunissait autour du préfet le comité départemental de l’eau, EDF baissait la puissance de deux de ses réacteurs de la centrale nucléaire de Tricastin afin de moins rejeter d’eau chaude* dans le Rhône et le canal de Denzère-Mondragon et tenter de pallier les fortes chaleurs et le moindre débit du cours d’eau.

 

Autant de mesures qui ne sont pas exceptionnelles. Et qui le seront vraisemblablement de moins en moins. Au cours des trente dernières années, la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur sont allées en augmentant. D’après Météo France, ces périodes sont même deux fois plus nombreuses entre 1981 et 2014 qu’entre 1947 et 1980. Et la tendance devrait se poursuivre.

 

 

Patricia Cerinsek

 

 

* L’eau pompée dans le lit de la rivière sert à refroidir les réacteurs avant d’être rejetée, chaude, dans son milieu d’origine.

 

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