Placée en redressement judiciaire, l'auto-école PermiGo est reprise par Arcan. La holding parisienne s'engage à reprendre les élèves et les moniteurs.

La société low cost PermiGo, à Grenoble depuis 2016, reprise par la hol­ding pari­sienne Arcan

La société low cost PermiGo, à Grenoble depuis 2016, reprise par la hol­ding pari­sienne Arcan

PermiGo devient Arcan. L’auto-école low cost, créée à Lyon en 2014 et ins­tal­lée à Grenoble depuis 2016, change de mains. La jeune entre­prise lyon­naise, struc­ture hybride entre auto-école tra­di­tion­nelle et pla­te­forme cent pour cent web, avait été pla­cée en redres­se­ment judi­ciaire le 5 avril dernier.

PermiGo, auto-école hybride, pas traditionnelle, pas cent pour cent web non plus, s'installe à Grenoble.Sur fonds de loi Macron et de réforme du permis de conduire… Crédit Patricia Cerinsek

PermiGo, auto-école hybride, au moment de son ins­tal­la­tion à Grenoble. © Patricia Cerinsek

Cinq repre­neurs étaient sur les rangs. Jeudi 11 mai, le tri­bu­nal de com­merce de Lyon a fait le choix d’Arcan. La hol­ding pari­sienne devrait donc, comme elle s’est enga­gée, reprendre tous les élèves en cours de for­ma­tion mais aussi la soixan­taine de moni­teurs et 59 des 91 salariés.

Fin mars, PermiGo avait dû dépo­ser le bilan. Officiellement, ses fon­da­teurs, qui n’ont pas répondu à nos demandes d’in­ter­view, invoquent le retrait d’un inves­tis­seur lors d’un tour de table des­tiné à reca­pi­ta­li­ser la société. Mais le modèle éco­no­mique, celui d’une auto-école low cost (un for­fait à 799 euros com­pre­nant le code, 20 heures de conduite et la pré­sen­ta­tion à l’exa­men du per­mis de conduire) com­biné à des frais de fonc­tion­ne­ment et de struc­ture certes limi­tés, pose question.

« Nos marges sont réduites. On gagne moins d’argent (que les auto-écoles tra­di­tion­nelles, ndlr) mais on est ren­table », assu­rait pour­tant, en mars 2016 sur Place Gre’net, un de ses fon­da­teurs, Serge Haroutiounian. PermiGo tablait sur une levée de fond d’un mil­lion d’eu­ros pour pou­voir conti­nuer son che­min. Sa route s’ar­rê­tera là. Mais le désis­te­ment d’un inves­tis­seur est-il seul en cause ?

« Une pénu­rie de moniteurs »

Quelques jours avant la déci­sion du tri­bu­nal de com­merce, deux sala­riées de PermiGo Grenoble dénon­çaient dans un cour­rier adressé à leurs élèves, et publié sur Mediapart, des plan­nings sur­char­gés. « Depuis juin 2016, nous n’a­vons eu de cesse d’a­ler­ter la direc­tion sur les besoins en recru­te­ment de moni­teurs à Grenoble, expli­quaient les deux moni­trices. Nous n’avons mal­heu­reu­se­ment été enten­dues que trop tard et avons ren­con­tré une pénu­rie de moni­teurs au moment où les embauches ont été possibles. »

Pour les 15 000 élèves de PermiGo, rien ne devrait chan­ger. C’est en tout cas ce qu’as­sure l’auto-école sur sa page Facebook. Pas ques­tion non plus de remettre en ques­tion le modèle de la société. « Nous tra­vaillons d’ores et déjà à un plan d’embauche de moni­teurs dans les pro­chains mois pour aug­men­ter l’offre de PermiGo, sou­ligne Ronan Le Boulaire, pré­sident du groupe Arcan, afin de répondre à l’intérêt crois­sant des élèves pour ce modèle hybride, qui s’appuie sur l’excellence de l’apprentissage de la conduite per­mise par nos moni­teurs et la sou­plesse des outils numériques. »

PC

Patricia Cerinsek

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