Clinatec a atteint l’objectif de dix millions d’euros de dons en six mois de campagne. De quoi impulser ses recherches pour inventer la médecine de demain.

Clinatec : dix millions d’euros de dons pour inventer la médecine de demain

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CLINATEC ÉPISODE 1 – Le défi était de taille mais ce 22 novembre, Clinatec, centre de recherche biomédicale grenoblois spécialisé dans le développement de dispositifs technologiques implantables dans le cerveau, annonce avoir atteint l’objectif visé de dix millions d’euros de dons en six mois de campagne. De quoi dynamiser sérieusement ses recherches. Focus.

 

 

 

« Sept ans séparent l’identification d’un besoin médi­cal et les essais cli­niques. En sept ans, com­bien de morts ? » Clinatec [1], centre de recherche bio­mé­di­cale gre­no­blois inau­guré en février 2012 et situé dans l’enceinte sécu­ri­sée du Commissariat à l’énergie ato­mique et aux éner­gies alter­na­tives (CEA), ne recule devant aucun argu­ment pour convaincre de géné­reux dona­teurs. Sa spé­cia­lité ? La mise au point de dis­po­si­tifs médi­caux implan­tables dans le cer­veau. Et la cause est enten­due. Il s’a­git « d’ap­por­ter plus vite les inno­va­tions tech­no­lo­giques au lit du patient », sou­ligne le pro­fes­seur Alim Louis Benabid, pré­sident de Clinatec.

 

Clinatec : 6500 m2. Au 4e, les bureaux administratifs et la cafétéria. Au 3e, étage pré-clinique avec animaux et blocs opératoires. Au 2e, les bureaux des technologues du CEA, Chuga, UGA et Inserm. Au rez de chaussée, salles de réunion, amphithéâtre et l'hôpital, doté d’un bloc opératoire high tech – avec imagerie par résonance magnétique (IRM) sur rail utilisable en cours d'intervention – et 6 chambres. © Andrea Aubert

Clinatec : 6500 m2. Troisième, étage pré-cli­nique avec ani­maux et blocs opé­ra­toires. Au deuxième, les bureaux des tech­no­logues du CEA, Chuga, UGA et Inserm. Au rez-de-chaus­sée, salles de réunion, amphi­théâtre, hôpi­tal doté de six chambres et son bloc opé­ra­toire high-tech – avec ima­ge­rie par réso­nance magné­tique sur rail uti­li­sable en cours d’in­ter­ven­tion. © Andrea Aubert

 

Dix millions d’euros de dons


 

« Un niveau excep­tion­nel en France à ce jour », est-il indi­qué dans le com­mu­ni­qué de presse publié ce 22 novembre. Officiellement lan­cée au mois de février der­nier, la cam­pagne de finan­ce­ment publique menée tam­bour bat­tant par le tout récent fonds de dota­tion de Clinatec – créé en 2014 –, a en effet relevé le défi de dix mil­lions d’euros de dons en six mois. « Cet argent va per­mettre de pro­lon­ger les pro­jets en cours et de por­ter d’autres pro­jets nés dans Clinatec et qui repré­sentent une avan­cée tech­no­lo­gique au ser­vice des patients », se féli­cite Thierry Bosc, direc­teur de cam­pagne du fonds de dota­tion de Clinatec.

 

 

Le Pr Alim Louis Benabid lors de la remise du prix de l’inventeur européen 2016 dans la catégorie « recherche ». © OEB

Le Pr Alim Louis Benabid lors de la remise du prix de l’inventeur euro­péen 2016 dans la caté­go­rie « recherche ». © OEB

Un franc suc­cès donc que cette col­lecte jume­lée avec la fon­da­tion Edmond J. Safra, qui sou­tient géné­reu­se­ment depuis de nom­breuses années les tra­vaux du pro­fes­seur Alim Louis Benabid et de ses équipes.

 

À telle enseigne que l’institut est autre­ment nommé, Centre de recherche bio­mé­di­cale Edmond J. Safra.

 

 

Cette fois-ci, Lily Safra, veuve du ban­quier liba­nais et pré­si­dente de la Fondation Edmond J. Safra, a choisi d’apporter son concours en met­tant cinq mil­lions d’euros dans la balance. « Le don jumelé, s’il est cou­rant dans le mécé­nat nord-amé­ri­cain, est encore rare en France », tient à sou­li­gner Thierry Bosc. 

 

L’appel d’air escompté n’a pour autant pas man­qué. L’ont sui­vie dans son sillage, les entre­prises Altran, ARaymond, Assystem, bioMérieux, le Crédit agri­cole Sud Rhône Alpes, les Fondations Arts et métiers, de l’Avenir, de la Chimie, EDF, Michael J Fox Foundation, France Parkinson, ainsi que la fédé­ra­tion Gefluc, le groupe Klesia, le Rotary et les Laboratoires Servier. À cela, s’a­joute de nom­breux dons per­son­nels pri­vés, dixit le com­mu­ni­qué de presse.

 

« Je n’avais pas de doute quant à la pos­si­bi­lité de réus­site de ce don jumelé ! Le Professeur Benabid et ses équipes tra­vaillent sur des pro­jets de rup­ture et por­teurs de tant d’espoir ! Clinatec a été créé il y a cinq ans mais a déjà sa place dans les grandes struc­tures inno­vantes », relève Lily Safra.

 

 

« Inventer aujourd’hui, la médecine de demain »

 

 

De fait, il faut savoir que le centre de recherche mise sur les hautes tech­no­lo­gies – puces élec­tro­niques, cir­cuits inté­grés, élec­trodes minia­tu­ri­sées, fibres optiques ou encore, micro et nano­tech­no­lo­gies – au contact ou implanté direc­te­ment dans le cer­veau, pour répondre aux besoins de com­pen­sa­tion du han­di­cap moteur causé par les lésions de la moelle épi­nière. Mais éga­le­ment pour trou­ver des solu­tions thé­ra­peu­tiques aux mala­dies neu­ro­dé­gé­né­ra­tives – Parkinson, Alzheimer –, aux can­cers céré­braux et autres affec­tions malignes.

 

Radiographie d'un patient équipé d'un implant cérébral – DR

Radiographie d’un patient équipé d’un implant céré­bral – DR

De la recherche certes, mais pas seule­ment. C’est déjà une réa­lité concrète pour plus de 200 000 patients dans le monde, por­teurs d’implants céré­braux éma­nant direc­te­ment des recherches du Pr Benabid.

 

Le cer­veau de ces der­niers qui souffrent de la mala­die de Parkinson, est ainsi équipé d’électrodes capables de stop­per les trem­ble­ments invo­lon­taires carac­té­ris­tiques de la pathologie.

 

Ce sou­tien enthou­siaste des grandes for­tunes à la recherche de solu­tions médico-tech­no­lo­giques aux dys­fonc­tion­ne­ments sévères du sys­tème ner­veux, ne pré­ci­pite-t-il pas, che­min fai­sant, l’avènement d’un monde où l’association sym­bio­tique du cer­veau de l’homme et des tech­no­lo­gies d’avant-garde, devien­dra réalité ?

 

 

Véronique Magnin

 

 

[1] Clinatec s’appuie sur le vivier scien­ti­fique local du Commissariat à l’éner­gie ato­mique et aux éner­gies alter­na­tives (CEA) de Grenoble, de l’Institut natio­nal de la santé et de la recherche médi­cale (Inserm), de l’Université Grenoble-Alpes (UGA) et sur l’expertise et le savoir-faire des neu­ro­chi­rur­giens et neu­ro­logues du Centre hos­pi­ta­lier uni­ver­si­taire Grenoble-Alpes (Chuga). Sans comp­ter les infir­miers et anes­thé­sistes mis à la dis­po­si­tion de Clinatec par le Chuga, pen­dant les périodes de bloc opératoire.

 

 

LE FONDS DE DOTATION DE CLINATEC NE COMPTE PAS S’ARRÊTER EN SI BON CHEMIN…

 

Quid de la raré­fac­tion de l’argent public ? Dans les pas du capi­ta­lisme tech­no­lo­gique, Clinatec a donc créé la pre­mière fon­da­tion du CEA en 2014.

 

Soirée caritative organisée au profit de Clinatec par le Lions club Meylan Belledonne, le 3 mars dernier. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Soirée cari­ta­tive orga­ni­sée au pro­fit de Clinatec par le Lions Club Meylan-Belledonne, le 3 mars der­nier. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Son chal­lenge ces pro­chaines années ? Lever pas moins de 30 mil­lions d’euros d’ici à 2018 pour finan­cer les déve­lop­pe­ments futurs. Un coup d’ac­cé­lé­ra­teur motivé par la devise : « Les malades n’ont pas le temps d’être patients. »

 

Ce mon­tant très élevé est en outre aux dimen­sions de la convic­tion pro­fonde des méde­cins-cher­cheurs du centre de recherche.

 

Ces der­niers sont en effet per­sua­dés qu’a­près les pro­thèses de membres, des arti­cu­la­tions, de l’appa­reil car­dio-vas­cu­laire ou encore de l’œil, même l’organe le plus sanc­tua­risé du corps humain n’y cou­pera pas. Selon eux, le pro­chain cap sera celui des neu­ro­pro­thèses – enten­dez par là, des pro­thèses du cerveau.

 

Fort des récentes avan­cées scien­ti­fiques obte­nues par les équipes de le centre de recherche autant que des prix [2] qui s’amoncellent, Thierry Bosc entend pour­suivre au plus vite la quête de nou­veaux fonds pour sou­te­nir les recherches à Clinatec. Il remo­bi­li­sera ainsi dès cet hiver le comité de cam­pagne [3] du fonds de dota­tion, aux car­nets d’adresses riche­ment dotés.

 

VM

 

 

[2] Les plus récents : l’ABNL Non-Profit Awards 2016 pour le pro­jet BCI (Brain com­pu­ter inter­face), le prix de l’inventeur euro­péen 2016 qui cou­ronne une nou­velle fois les tra­vaux du Pr Alim Louis Benabid et le Grand Prix du concours i‑Lab 2015 rem­porté par MedPrint, une start-up de Clinatec.

 

[3] Parmi les dix-sept membres du comité de cam­pagne du fonds de dota­tion de Clinatec pré­sidé par Alain Mérieux, pré­sident de l’Institut et de la Fondation Mérieux, des ban­quiers, entre­pre­neurs ou leurs léga­taires dont Lily Safra, pré­si­dente de la fon­da­tion Edmond J. Safra, et Jean-Pierre Gaillard, pré­sident du Crédit agri­cole Sud Rhône-Alpes. Mais encore… l’économiste Jacques Attali, Président de Attali & Associés et Positive PlaNet. Et, volant poli­tique, Geneviève Fioraso, dépu­tée socia­liste de la pre­mière cir­cons­crip­tion de l’Isère et ancienne ministre de l’Enseignement supé­rieur et de la Recherche du gou­ver­ne­ment Ayrault.

 

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Véronique Magnin

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