REPORTAGE – Un peu plus d’une cinquantaine de soignants se sont rassemblés mardi 15 septembre 2026 sur le parvis Belledonne du CHU Grenoble-Alpes, à l’appel de la CGT Santé Action sociale 38. Une participation modeste attribuée par les organisateurs à un déficit d’information. Mais des urgences pédiatriques à la stérilisation, en passant par la psychiatrie, les agents rencontrés sur place décrivent des difficultés persistantes d’effectifs, de conditions de travail et de reconnaissance.
Sous le barnum blanc installé au pied de l’imposante façade de l’hôpital Michallon, les chasubles rouges et jaunes de la CGT étaient clairsemées. Un peu plus de 50 personnes avaient répondu, mardi 15 septembre 2026, à l’appel de la CGT Santé Action sociale 38 sur le parvis Belledonne du CHU Grenoble-Alpes (Chuga). Bien loin de la « première forte journée de mobilisation » espérée par le syndicat, qui attribue cette faible participation à une information qui aurait mal circulé.

Mobilisation clairsemée sur le parvis Belledonne du CHU de Grenoble avec une cinquantaine d’agents des services hospitaliers de la région grenobloise. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Pourtant, à écouter les agents hospitaliers, les motifs de mécontentement ne manquent pas. Derrière les revendications nationales sur les salaires, les effectifs et le financement de la Sécurité sociale, se dessinent surtout des réalités professionnelles concrètes.
Aux urgences pédiatriques du CHU, Élodie1Tous les prénoms des personnels interrogés ont été modifiés à leur demande., infirmière depuis vingt-cinq ans, décrit ainsi un service qui travaille, selon elle, « constamment en sous-effectif ». Et pour cause. Sur la zone de soins des urgences pédiatriques, l’équipe devrait, explique-t-elle, comprendre trois infirmières et trois auxiliaires de puériculture, mais une seule auxiliaire de puériculture travaille.
CHU : « On ne peut pas être partout à la fois »
Le manque d’infirmières serait, lui aussi, récurrent. Avec des conséquences qu’Élodie juge préoccupantes : « Ça nous met les enfants en danger. La prise en charge est retardée, on ne peut pas suivre les enfants et les surveiller comme on aimerait les surveiller. »
La soignante évoque notamment des petits patients nécessitant des soins urgents et des personnels qui ne peuvent se démultiplier : « On ne peut pas se partager et on ne peut pas être partout à la fois », se défend-elle.
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