Le parasite de la toxoplasmose, particulièrement craint des femmes enceintes non immunisées à qui il fait courir le risque de malformations fœtales, aurait-il des vertus thérapeutiques ? Des chercheurs grenoblois en sont convaincus.
Les scientifiques de l’institut pour l’avancée des biosciences (Inserm/CNRS/Université Grenoble-Alpes) et du European molecular biology laboratory (EMBL) ont découvert que Toxoplasma gondii avait développé la capacité d’arrêter une réaction inflammatoire. En maintenant le système immunitaire sous contrôle, Toxoplasma permet en effet au parasite d’effectuer son cycle infectieux sans mettre en péril la survie de son hôte.
Un mécanisme ingénieux qui intéresse au plus haut point les chercheurs dont les derniers travaux ont été publiés le 23 novembre dans le journal Structure.
En ligne de mire, de nouveaux médicaments
« Nous exploitons ce mécanisme parasitaire pour le développement d’un essai in vitro pour cribler des anti-inflammatoires contre la kinase humaine p38-alpha, souligne Mohamed-Ali Hakimi, directeur de recherche à l’Inserm. Cette protéine est impliquée dans plusieurs maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, le psoriasis, la spondylarthrite ankylosante ou encore l’asthme chronique”.
L’enjeu est de taille : si les chercheurs parviennent à reproduire ce mécanisme, il pourrait permettre, à terme, de mettre au point de nouveaux candidats médicaments. En s’épargnant les effets secondaires des traitements traditionnels.
PC









