Les voies légales ayant été épuisées, les ex-salariés d'Ecopla ont décidé d'occuper illégalement l'usine de Saint-Vincent-de-Mercuze dès le 14 janvier 2017.

Ecopla : rideau sur une succession d’occasions manquées ?

Ecopla : rideau sur une succession d’occasions manquées ?

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DÉCRYPTAGE – En l’espace de trois ans, l’homme d’affaires sino-australien Jerry Ren, énième repreneur d’Ecopla France, n’a pas seulement asséché la trésorerie du dernier fabricant français de barquettes alimentaires en aluminium. Il a démantelé tout un groupe, leader sur le marché européen. Alors que les ex-salariés d’Ecopla sont suspendus à la décision du tribunal de commerce de Grenoble, rendue ce mercredi 5 octobre, après avoir fait appel de l’ordonnance du juge cédant l’entreprise au groupe italien Cuki, quelle est la part de responsabilité des pouvoirs publics dans ce dossier ? Car les signaux d’alerte clignotaient depuis au moins deux ans déjà…

 

 

 

Ecopla à Saint-Vincent-de-Mercuze : les ex-salariés contestent la décision du tribunal de commerce de Grenoble de céder l'entreprise, dernier fabricant français d'emballage alimentaire en aluminium, au groupe italien Cuki. Les politiques au chevet de l'entreprise, ici Emmanuel Macron Crédit Eric Billard

Les poli­tiques au che­vet de l’en­tre­prise. Ici, Emmanuel Macron. © Eric Billard

Ecopla est-il devenu un sym­bole ? Symbole de la lutte de sala­riés qui se battent pour sau­ver leur outil de tra­vail et leur savoir-faire ? Symbole de l’empressement de la classe poli­tique à “sou­dai­ne­ment” s’emparer d’un dos­sier enlisé depuis plus de deux ans ?

 

Les can­di­dats, pro­bables ou décla­rés, à la Présidentielle 2017, sont nom­breux à avoir fait le dépla­ce­ment jus­qu’à Saint-Vincent-de-Mercuze.

 

A avoir arpenté l’usine et ren­con­tré les ex-sala­riés du der­nier fabri­cant fran­çais de bar­quettes ali­men­taires en alu­mi­nium. Coup sur coup, dans cette ligne droite qui doit les conduire mer­credi 5 octobre 2016 devant le tri­bu­nal de com­merce – en appel de l’ordonnance du juge-com­mis­saire et du choix du repre­neur ita­lien Cuki aux dépends de leur pro­jet de Scop – les Ecopla, sou­te­nus par l’union régio­nale des Scop, ont reçu la visite de Benoît Hamon, Emmanuel Macron puis, der­nière en date, Cécile Duflot, le 3 octobre.

 

Ecopla à Saint-Vincent-de-Mercuze : les ex-salariés contestent la décision du tribunal de commerce de Grenoble de céder l'entreprise, dernier fabricant français d'emballage alimentaire en aluminium, au groupe italien Cuki. Les politiques au chevet de l'entreprise, ici Benoit Hamon Crédit Eric Billard

Benoît Hamon sur le site d’Ecopla. © Eric Billard

A Paris, ils ont serré la main de Jean-Luc Mélenchon et de Cécile Duflot (déjà). Ils y ont aussi obtenu le sou­tien d’Arnaud Montebourg, de Jean-Christophe Cambadélis et même de Michel Sapin.

 

A Grenoble, celui de Stéphane Le Fol. Celui aussi de Laurent Wauquiez qui, au titre de la Région, a mis 400 000 euros sur la table.

 

Ceux-ci viennent donc s’ajouter aux 2,4 mil­lions qu’ont réussi, avec téna­cité, à col­lec­ter les ex-sala­riés pour mon­ter leur pro­jet de Scop. Et mer­credi 5 octobre, avant l’audience d’appel au tri­bu­nal de Grenoble, Pierre Laurent, le secré­taire natio­nal du Parti com­mu­niste, fer­mera (momen­ta­né­ment ?) le ban. Certes, quelques portes sont res­tées obs­ti­né­ment closes. Comme celles du Medef, de Nicolas Sarkozy ou de l’Élysée.

 

 

 

Retour sur une succession d’occasion « manquées »

 

 

Mais tant de sou­tiens poli­tiques affi­chés sont-ils seule­ment de sai­son ? Une simple ins­tru­men­ta­li­sa­tion ? Car le dos­sier Ecopla, c’est aussi une suc­ces­sion d’occasions man­quées. Avec une constance qui pose question.

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Patricia Cerinsek

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