Action Légumes debout à Grenoble. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Légumes debout boucle sa péti­tion pour des pota­gers urbains à Grenoble

Légumes debout boucle sa péti­tion pour des pota­gers urbains à Grenoble

FOCUS – La com­mis­sion d’a­gri­cul­ture urbaine du mou­ve­ment Nuit debout s’ap­prête à remettre une péti­tion à la ville de Grenoble, ven­dredi 1er juillet. L’objectif de Légumes debout ? Pouvoir culti­ver des fruits et légumes acces­sibles et gra­tuits pour tous, dans les espaces urbains. Mais aussi créer un cir­cuit court d’a­li­men­ta­tion et « culti­ver le lien social ».

Action "légumes debout à grenoble". © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Action Légumes debout à Grenoble. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Ils sont quelques dizaines, en ce soir de mai, à rejoindre le centre-ville de Grenoble pour… plan­ter des comes­tibles dans les espaces publics. Bien que menée à la tom­bée de la nuit, l’o­pé­ra­tion n’a rien de secret.

Inhabituelle, l’action sus­cite la curio­sité des pas­sants, qui s’ar­rêtent par­fois pour poser des ques­tions, aux­quelles les par­ti­ci­pants répondent bien volon­tiers. Des pas­sants pour la plu­part enchan­tés par l’i­ni­tia­tive, l’une d’eux rejoi­gnant même le groupe pour plan­ter quelques pousses.

Le nom de cette opé­ra­tion ? Légumes debout. Une ini­tia­tive née au sein de la com­mis­sion d’a­gri­cul­ture urbaine, elle-même créée le 17 avril der­nier au cœur du mou­ve­ment Nuit debout Grenoble. Ses par­ti­ci­pants s’en­gagent à plan­ter des comes­tibles dans les espaces verts de la ville de Grenoble. Certains ont déjà une expé­rience en jar­di­nage, d’autres sont plus por­tés par les idées de par­tage et de citoyen­neté. Mais tous sont moti­vés par l’i­dée d’ac­qué­rir de nou­velles com­pé­tences en agri­cul­ture urbaine et de les appli­quer aussitôt.

Des récoltes gra­tuites, sans pesticides

Armés d’ou­tils de jar­di­nage, de graines et de pousses, ainsi que de ter­reau et de paille, une cin­quan­taine de per­sonnes ont par­ti­cipé aux dif­fé­rentes actions de plan­ta­tion de comes­tibles : tomates, cour­gettes, navets, basi­lic, salade et choux pour n’en nom­mer que quelques-uns. Certaines pousses pro­viennent de récu­pé­ra­tion auprès de maraî­chers locaux. Mais aussi de maga­sins bio qui ont encou­ragé le projet.

Action Légumes debout à Grenoble. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Action Légumes debout à Grenoble. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

En plus des quelques plan­ta­tions dans le centre-ville, “un jar­din de boue” a été ins­tallé aux pieds de la MC2, près de l’an­cien cam­pe­ment de Nuit debout. Une façon de créer un sys­tème alter­na­tif réunis­sant des per­sonnes d’ho­ri­zons très divers autour du jar­di­nage en ville. Tout en fai­sant béné­fi­cier ceux qui en ont besoin de récoltes gra­tuites sans pes­ti­cides. « On s’est rendu compte que beau­coup de gens en situa­tion de pré­ca­rité avait du mal à bou­cler les fins de mois », explique Sylvie, ini­tia­trice de la com­mis­sion d’a­gri­cul­ture urbaine ins­pi­rée du film Demain.

« Je me suis dit que si l’on plan­tait des légumes, dont la récolte serait gra­tuite pour tous, cela per­met­trait aux citoyens de ne pas dépen­ser autant pour l’a­li­men­ta­tion et, en plus, d’a­voir des pro­duits sains. En outre, l’i­dée fon­da­trice de ce pro­jet est de faire des choses ensemble, à plu­sieurs. »

Pour Olivier – qui a très vite rejoint l’i­ni­tia­tive, en phase avec ses convic­tions et enga­ge­ments per­son­nels –, le but de Légumes debout est même de créer du lien social entre dif­fé­rentes géné­ra­tions réunies autour d’une acti­vité commune.

Une péti­tion pour « culti­ver du lien social et créer un cir­cuit local »

Prochaine étape de l’é­vo­lu­tion de Légumes debout : la sol­li­ci­ta­tion de la muni­ci­pa­lité. Dans le cadre du droit d’interpellation citoyenne, les membres de la com­mis­sion d’a­gri­cul­ture urbaine ont en effet lancé une péti­tion. Leur requête ? Ils demandent à la ville de Grenoble de « mettre mas­si­ve­ment à dis­po­si­tion de la popu­la­tion des espaces qu’elle gère ou pos­sède (parcs, mas­sifs, espaces délais­sés… ) pour que cha­cun puisse y plan­ter des légumes, fruits, aro­ma­tiques, en jar­di­nant au natu­rel via les tech­niques de permaculture. »

Action "légumes debout à grenoble". © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Plantations le long du bou­le­vard Gambetta. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Autre demande : relayer cette sol­li­ci­ta­tion auprès de Grenoble-Alpes Métropole, qui gère cer­tains espaces de Grenoble, comme ceux des­ti­nés aux pié­tons ou des jar­di­nières. La gra­tuité et l’ac­ces­si­bi­lité de ces plan­ta­tions importent beau­coup aux por­teurs du pro­jet. Selon eux, ces jar­dins par­ta­gés doivent être auto-gérés par des habi­tants, « sans qu’il soit néces­saire d’ap­par­te­nir à un col­lec­tif ou une asso­cia­tion ». Le but ? « Cultiver du lien social et créer un cir­cuit local four­nis­sant aux Grenoblois une source de pro­duc­tion ali­men­taire de complément. »

Action "légumes debout à grenoble". © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

© Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Nuit debout Grenoble, qui a voté pour le texte de la péti­tion, a ini­tié le pro­jet auprès de la mai­rie avec le mou­ve­ment Grenoble Transition 2016 créé par Sylvie Jamet.

Le texte ini­tial a dû être revu plu­sieurs fois par des por­teurs du pro­jet et par leur inter­lo­cu­teur à la mai­rie pour le faire entrer dans le cadre du pro­jet des inter­pel­la­tions citoyennes. Notamment en ne dépas­sant pas le nombre de carac­tères pré­vus dans les formulaires.

« Les contraintes de temps sont éga­le­ment assez impor­tantes », constate Sylvie. Pour que la péti­tion soit sou­mise au vote en octobre, elle doit en effet être dépo­sée au conseil muni­ci­pal du 11 juillet, avec au moins 2000 signa­tures de sou­tien. Le tout au for­mat papier. « Il n’est donc pas pos­sible de la rem­plir en ligne, ce qui aurait pu accé­lé­rer sa signa­ture. Nous avons voulu récol­ter 20.000 signa­tures pour mon­trer à la mai­rie l’im­por­tance de ce pro­jet, mais j’ai peur qu’a­vec ces deux contraintes, ce ne soit pas pos­sible. On peut cepen­dant consul­ter le texte de la péti­tion et télé­char­ger le for­mu­laire en ligne afin de le signer et le dépo­ser auprès des initiateurs. »

Action "légumes debout à grenoble". © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Sylvie, ini­tia­trice de la com­mis­sion d’a­gri­cul­ture urbaine au sein de Nuit debout. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Le retour des inter­lo­cu­teurs muni­ci­paux sur le pro­jet est posi­tif, à en croire Sylvie. Pas éton­nant, car l’i­ni­tia­tive va visi­ble­ment dans le sens des actions menées par la mai­rie. Qui, rap­pe­lons-le, encou­rage la créa­tion de jar­dins par­ta­gés à tra­vers le dis­po­si­tif « Jardinons nos rues » et sou­tient des citoyens qui portent des pro­jets de plan­ta­tions col­lec­tives dans des espaces urbains. La Ville s’en­gage ainsi à « amé­na­ger des fosses de pleine terre, des jar­di­nières » et, même, à « sub­ven­tion­ner une par­tie des tra­vaux pour les plantes grim­pantes » si le pro­jet est « réa­li­sable tech­ni­que­ment ».

Pour ce qui est des détails concrets de mise en œuvre, il fau­dra tou­te­fois repas­ser… Lucille Lheureux, adjointe en charge des espaces publics et de la nature en ville, n’a en effet pas donné suite à nos mul­tiples demandes d’en­tre­tien au sujet des plan­ta­tions de comes­tibles dans les espaces urbains de Grenoble.

Yuliya Ruzhechka

YR

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