Mal-logement : nouvelle occupation pour interpeller la municipalité

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EN BREF – Squatter un bâtiment vide pour interpeller les élus grenoblois sur la question du mal-logement, tel est l’objectif des collectifs et associations à l’origine de l’occupation du 6 rue Jay à Grenoble, un bâtiment appartenant à la mairie laissé à l’abandon depuis plusieurs mois.

 

 

 

« Le cheminement d’une politique antisociale. » Élise, de la Patate chaude, n’a pas de mots assez durs pour dénoncer la politique sociale de la municipalité grenobloise. Elle compte parmi les militants présents devant le 6 rue Jay à Grenoble, occupé depuis quelques jours par “l’Assemblée des mal logés et des sans logement”.

 

« Piolle avait un programme qui allait soi-disant dans le sens d’une certaine justice sociale, mais il n’a rien mis en place. Au contraire, il a surenchéri dans la violence et les expulsions ! », accuse la jeune femme.

 

Des militants devant le bâtiment occupé du 6 rue Jay à Grenoble dénoncent le mal-logement. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Des militants devant le bâtiment occupé du 6 rue Jay à Grenoble © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

L’objectif de l’occupation de ce bâtiment, propriété de la mairie, laissé vide depuis de nombreux mois ? « Notre occupation a pour but d’obtenir une mise à disposition de tous les logements vides à Grenoble et sur son agglomération », résume Mathilde du Dal 38, autre structure partie prenante dans l’opération.

 

Une vingtaine de personnes occupent ainsi le 6 rue Jay. « Des familles, des célibataires, des personnes en voie d’expulsion », nous explique-t-on, sans nous laisser entrer dans l’immeuble pour constater les conditions dans lesquelles ces personnes sont installées.

 

 

 

Un profond désarroi ?

 

 

C’est en effet devant l’immeuble que se jouent les revendications. « Vous croyez que nous avons pour vocation d’ouvrir des squats ?, demande Yvon, de la Patate chaude. Nous le faisons parce que rien n’est fait. C’est une honte que les responsables politiques ne soient pas capables de s’unir pour mettre en place une politique sociale concertée. »

 

Quelle réaction de la municipalité face à ces interpellations ? La visite d’Antoine Back, conseiller municipal au titre de la « Coordination de la gestion urbaine et sociale de proximité » sur le secteur 2 de Grenoble, ainsi que celle d’un membre du cabinet d’Éric Piolle. Mais rien de concret pour le moment, assurent les militants. Juste des engagements oraux qui semblent susciter un certaine circonspection.

 

Table ronde sur la question du mal-logement au Jardin de Ville samedi 11 juin. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Table ronde sur la question du mal-logement au Jardin de Ville, samedi 11 juin. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Pendant ce temps, au Jardin de Ville, c’est Alain Denoyelle, adjoint à l’action sociale qui défendait la politique sociale de la municipalité, dans le cadre d’une table ronde sur la question du mal-logement, organisée samedi 11 juin par l’association Parlons-en.

 

Une rencontre au cours de laquelle la courtoisie et les sourires n’auront pas masqué la dureté des échanges, et le profond désarroi qui semble décidément étreindre une grande partie du tissu social associatif de Grenoble.

 

 

Florent Mathieu

 

 

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Commentaires 5
  1. En tant que conseiller municipal délégué au secteur 2, mais aussi comme toute personne sensible à la question du mal-logement, je suis venu constater l’occupation et établir les conditions du dialogue avec les militants ; en soit, aucun lien avec ma délégation de coordination de la GUSP. J’ai pris acte de leurs revendications, lesquelles ne s’adressent pas tant à Grenoble qu’à tous les acteurs sur cette question, en substance :
    _ création d’un dispositif de mise à disposition aux mal-logés de tous les bâtiments et logements vides sur la Métropole ;
    _ moratoire sur les expulsions locatives ;
    _ plus de conseillers en économie sociale et familiale chez les bailleurs sociaux ;
    _ contrôle et baisse des loyers…
    Quant à la prétendue « surenchère en matière de violence et d’expulsion », je met cela sur le compte d’une certaine exaltation et d’une confusion qu’une rigoureuse analyse des faits ne pourra que contredire. Le mal-logement est un sujet suffisamment grave pour que l’on évite les invectives stériles : si l’on veut trouver des solutions pérennes il nous faut réfléchir et agir ensemble. Dont acte.

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    • bonjour,
      Je pense que « surenchère en matière de violence et d’expulsion », vise plutôt La Relève ou l’ADATE qui n’hésitent pas à envoyer les huissiers pour faire peur aux hébergés pour qu’ils s’en aillent rapidement, alors qu’on ne peut pas les mettre à la porte sans leur proposer un autre hébergement. C’est la continuité prévue dans le code et qu’ils ne veulent pas respecter. Le Conseil départemental n’est pas en reste avec les familles logées dans les hôtels.
      S’il pouvait y avoir quelques réquisition de logements vides, il y aurait toujours un peu moins de personnes dormant dans la rue, même des familles avec des enfants !

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  2. « c’est le président du CCAS Alain Denoyelle »
    Non, pour être rigoureusement exact, Eric Piolle, maire, est président du CCAS, Alain Denoyelle, adjoint, est vice-président, mais il est président de « ville solidaire » … si je ne me trompe pas.
    Et personne ne parle des expulsions des hébergements de La Relève ou de l’ADATE, sous-traitant de la Préfecture ? Il y aurait moins de personnes à la rue si l’Etat ne se lavait pas les mains, tel Ponce Pilate, des problèmes d’hébergement.
    C’est bien de s’en prendre à la Mairie, les adjoints, au moins, viennent discuter, parce que les autres responsables, de la préfecture ou du conseil départemental, on ne les voit pas. C’est bien de réquisitionner des logements vides, qui ont quand même un coût en fluides (eau, électricité), je vote pour, mais ne pas oublier pourquoi tellement de personnes sont à la rue et n’arrivent pas à obtenir un hébergement pérenne.

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    • Merci, nous avons rectifié la fonction d’Alain Denoyelle.

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    • FM

      12/06/2016
      14:36

      Il s’agissait en effet d’une coquille de ma part, merci de l’avoir signalée.

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