L’Orangerie de Grenoble se cherche un avenir entre patrimoine et citoyenneté

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FOCUS – « La fête de l’Orangerie » a attiré autour de trois cents personnes, ce samedi 21 mai. Au menu de cette journée organisée par l’association L’Orangerie de Grenoble : musique, vélo, cuisine “faite maison”. Mais aussi présentation du projet de restauration et de réaménagement de l’orangerie municipale en lieu participatif et innovant. Le tout avec des citoyens et des associations grenobloises.

 

 

 

Fête de l'Orangerie. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Concert du groupe Projet Léo à la fête de l’Orangerie. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

« Le principe de notre projet, c’est l’échange des savoirs et des savoir-faire », explique Elsa Donadieu, membre de la direction collégiale de l’association L’Orangerie de Grenoble, à l’origine de la fête qui s’est tenue samedi 21 mai, boulevard Jean-Pain à Grenoble.

 

Pour l’instant, le projet se focalise sur des thématiques nature et environnement, vélo, do it yourself, culture, patrimoine et alimentation. Des choix liés aux sensibilités et aux intérêts des bénévoles actuellement engagés dans l’association.

 

La porte reste cependant ouverte à ceux qui voudront élargir le cercle et rejoindre le collectif des quinze bénévoles impliqués à ce jour dans le développement du projet de l’Orangerie.

 

 

 

Bâtiment symbole du XIXe siècle

 

 

« L’Orangerie est un bâtiment patrimonial qui se trouve dans une zone Avap [aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine, ndlr] du centre-ville de Grenoble », explique Elsa Donadieu. Un classement qui impose un certain nombre de préconisations à respecter quant aux travaux de rénovation, ce dont a bien conscience l’association. « La valorisation de ce bâtiment, qui se trouve au milieu du quartier administratif construit notamment dans les années 60-70, nous tient à cœur. Pour moi, ce bâtiment est un symbole de XIXe siècle. »

 

Fête de l'Orangerie. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

Elsa Donadieu. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Conçue pour accueillir cent arbres, l’Orangerie est toujours employée par le service Espaces verts de la ville de Grenoble pour faire hiberner ses arbres exotiques. Un espace plus grand, situé au centre horticole de Saint-Martin-d’Hères, pourra toutefois accueillir ces plantes.

 

À quoi va donc ressembler l’Orangerie après le réaménagement ? « Des architectes travaillent bénévolement sur la maîtrise d’œuvre. On réfléchit donc ensemble à des propositions d’organisation intérieure et d’aménagement du bâtiment. »

 

Les différents espaces de l’Orangerie seront notamment matérialisés par des « boîtes », organisées autour d’un espace mutualisé mis à disposition des associations. « Il y aura des espaces fixes, comme celui dédié à la médiathèque de la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI), un bar, un atelier vélo, et un atelier de réparation et de bricolage en tout genre », précise Elsa Donadieu.

 

 

 

Vers un soutien de la Ville ?

 

 

Même si l’association a recueilli des témoignages d’intérêt et de soutien pour son projet, y compris de la part d’élus de la ville de Grenoble et de la Métropole, leur implication ne va pas au-delà des retours positifs. « Ce qu’il nous manque c’est que les pouvoirs publics disent “On veut que ce projet existe dans notre territoire” », regrette Elsa. Et celle-ci d’ajouter que l’appui des collectivités pourrait aider à obtenir des financements et, donc, à faire avancer le projet.

 

Fête de l'Orangerie. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

L’atelier de sérigraphie animé par Basile, un des fondateurs du projet de l’Orangerie. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Le scénario envisageable aujourd’hui est un soutien technique de la Ville : « À la fin de l’année, la Ville lancera un appel à projets sur le bâtiment avec, peut-être à la clé, la mise à disposition gracieuse du bâtiment. Ce sera cependant à charge de la personne morale qui le récupèrera de faire les travaux de rénovation. »

 

« On s’inscrit sur le long terme. C’est pour cela que nous avons besoin de créer des évènements qui fédèrent autour de notre projet et qui permettent de donner des idées pour sa préfiguration. On a besoin d’exister pendant encore au minimum un an et demi avant que les choses se concrétisent, au moins sur la partie chantier », estime la jeune femme.

 

Pour ce qui est du chantier, la première phase des travaux sera confiée à des professionnels et la seconde à des bénévoles, sous la forme de chantier participatif. « Cela permettra de démarrer le projet Orangerie avant l’inauguration du lieu, puisqu’on sera déjà dans l’échange de savoirs et de savoir-faire dans la construction et l’aménagement intérieur. »

 

 

Retour en images sur la Fête de l’Orangerie.

 

 

 

Yuliya Ruzhechka

 

N.B. : L’article a été modifié, lundi 23 mai à 17 heures, pour actualiser le nombre de personnes venues à la Fête de l’Orangerie sur l’ensemble de la journée.

 

 

RÉAMÉNAGER L’ORANGERIE : UN VIEUX PROJET…

 

L’idée de transformer l’Orangerie en lieu associatif date d’une vingtaine d’années. Depuis 1995,  plusieurs projets d’extension dans l’Orangerie de la MNEI – qui siège aujourd’hui dans un bâtiment voisin – ont ainsi vu le jour. Tous ont cependant été abandonnés, faute de soutiens à un tel projet qui implique des investissements considérables.

 

Fête de l'Orangerie. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'Net

© Yuliya Ruzhechka – Place Gre’Net

Néanmoins, l’idée de réaménager l’Orangerie est dans l’air du temps et fédère des personnes de différentes associations grenobloises, qui se sont réunies début 2015 pour monter le projet ensemble. Un des éléments déclencheurs de cette initiative ? L’intention du collectif Vélorution et de l’association Un p’tit vélo dans la tête de créer ensemble un nouvel atelier de réparation de vélos à Grenoble.

 

Le collectif a ensuite candidaté dans le cadre du budget participatif de la ville de Grenoble. « Cela a permis de donner de la visibilité au projet de l’Orangerie », témoigne Elsa Donadieu, qui l’a elle-même rejoint à ce moment-là, comme quelques autres personnes aujourd’hui investies dans l’association.

 

Le projet de l’Orangerie n’a cependant pas été retenu car son coût, estimé par des services municipaux à 800.000 euros, représente le double de la somme limite du budget participatif. L’objectif actuel est donc de trouver les financements dans la sphère privée avec le soutien des collectivités.

 

 

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