Crise du BTP : la faute à Piolle à Grenoble ?

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ENQUÊTE – La crise du BTP a pris un tournant politique en ce début d’année 2015. Alors qu’en avril les acteurs du secteur interpellaient les élus locaux pour pallier l’urgence de la situation, Eric Piolle – qui s’est pourtant clairement positionné en faveur du mouvement – n’a pas été épargné par les critiques. Quelle est la part de responsabilité du maire grenoblois ? Le point dans ce quatrième et dernier volet.

 

 

 

Une grue au dessus d'un bâtiment en construction avec un ouvrier à Grenoble. © Sidonie Hadoux

© Sidonie Hadoux

 

Gel de la Zac Esplanade, arrêt des travaux d’élargissement de l’A480, coup de frein au prolongement de l’A51, abandon des travaux de rénovation du stade Lesdiguières… Les décisions prises ou soutenues par Éric Piolle lors de sa première année de mandat sont encore dans toutes les têtes. Le responsable de la crise du BTP serait donc tout désigné.

 

Car ces décisions sont autant de “mauvais signaux”, selon Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), qui s’est exprimé lors de la réunion-débat organisée par la Fédération du BTP de l’Isère, le 2 avril dernier à Grenoble.

 

« Dans un secteur aussi fragile, l’équilibre est primordial. Il ne faut pas d’idéologie politique », a-t-il confié, à l’issue de son débat avec Éric Piolle. L’échange avec l’édile grenoblois avait été tendu. Ce dernier – interrogé à deux reprises par le responsable national sur son soutien à l’occupation par les “zadistes” du site de la forêt de Chambaran censé héberger un Center parcs – avait éludé la question, préférant critiquer « une bulle tropicale ».

 

 

 

Une grue élévatrice charge des poutrelles au premier étage d'un bâtiment en construction à Grenoble. © Sidonie Hadoux

© Sidonie Hadoux

« C’est pas moi, c’est l’État ! »

 

 

Face à cette critique radicale d’un représentant du BTP, Eric Piolle réitérait la position qu’il avait prise lors de la manifestation du secteur, le 11 mars dernier, en renvoyant la balle au gouvernement et en dénonçant la baisse des dotations de l’État : « L’austérité et la politique récessionniste qui font diminuer les dépenses des collectivités locales – celles-là mêmes qui portent la commande publique – ont des conséquences concrètes ».

 

Pure démagogie, selon Michel Destot, député de la 3e circonscription de l’Isère qui fut maire de Grenoble durant trois mandats. « Les dotations de l’État ne sont qu’une partie des recettes des collectivités. De plus, sur de nombreux projets, il y a le concours du conseil départemental ou de l’État. » Un avis partagé par un politique local socialiste : « On a perçu comme une provoc’ la réponse d’Eric Piolle qui dit “C’est pas moi, c’est l’État”. Gouverner c’est choisir. Il faut assumer ses choix d’arrêter des projets ».

 

Jean Papadopoulo, maire de Four, dans le nord du département, et président de la communauté de commune de la Porte de l’Isère (Capi), estime quant à lui que cette situation oblige à l’inventivité : « Je prends les dotations de l’État comme la météo. Il faut s’adapter à avoir moins de marges de manœuvre. Nous devons trouver des façons d’investir autrement ».

 

 

 

La responsabilité de l’État

 

 

Parmi les opposants d’Eric Piolle à la municipalité, aucun ne conteste l’impact de la baisse des dotations de l’État sur la Ville. Difficile de faire autrement alors qu’en 2015 elle représentera près de – 5,7 millions d’euros à Grenoble et devrait nettement se poursuivre d’ici à 2017. « Dans les trois prochaines années, Grenoble va perdre 40 millions d’euros de dotations de l’État », appuyait ainsi le maire lors de la manifestation du 11 mars.

 

Panneau sur une grille d'un chantier bâtiment et travaux publics sur le chantier de la gare à Grenoble. © Sidonie Hadoux

© Sidonie Hadoux

Il trouve même, de ce côté-là, un allié plutôt inattendu en la personne d’Alain Breuil. Le conseiller municipal FN affirme que le maire de Grenoble ne pouvait pas tellement agir autrement : « La Ville est très endettée. On ne peut pas augmenter les impôts, ni tailler trop dans les dépenses. L’une des rares pistes, c’est la baisse de l’investissement. Ce qu’il faudrait, c’est une relance au niveau national ». Un point de vue que contestent les autres opposants municipaux.

 

De fait, la baisse de l’investissement pour le lancement de projets, entre autres dans le BTP, n’est pas évaluée de la même façon par tous. Et les élus grenoblois se livrent à une véritable guerre des chiffres. La question est brûlante puisque le secteur des travaux publics dépend à 70 % de la commande des collectivités. Selon le périmètre choisi, les élus locaux arrivent à différents résultats qui tendent, soit à minimiser, soit à exagérer la baisse des investissements de la Ville.

 

[…]

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Commentaires 16
  1. Mary, Antoine, il faudrait arrêter d’être borné. Evidemment que pour tout le monde, la préoccupation c’est l’emploi, mais E Piolle a-t-il dit qu’il était contre le BTP? il veut « revoir » certains projets comme l’Esplanade, accélérer les réhabilitations thermiques de logements (=emplois), favoriser l’aménagement de nouvelles infrastructures de transports en commun et de voies cyclables (=emplois), réhabiliter mistral (=emplois), embellir la ville (= emplois). Alors oui, il se positionne moins en faveur d’un certain gigantisme, mais en même temps, les recettes de Destot, et de son adjoint à l’urbanisme Longevialle était-elles exemptes de critiques? En effet Destot a récemment déclaré dans le DL que sa seule vision à la différence d’écologistes « décroissants », était de construire toujours plus pour augmenter la population et soutenir via l’impôt des dépenses de fonctionnement en perpétuelle augmentation. Or, la population de Grenoble a continué à baisser (phénomène de décohabitation), le chomâge a augmenté et les impôts se sont envolés… Cette fuite en avant, qui nous amène forcément dans le mur à un moment donné, laisse perplexe, non? Quant à la vision de Longevialle, la ville devait être « dense et compacte ». Or, arrêter l’étalement urbain, d’accord, mais la qualité de vie en ville impose des limites, et que l’on pense la ville du point de vue des habitants, non? Sous l’ancienne municipalité, les techniciens se sont complètement désinteressés de l’usage de la ville: des parcs design avec des bancs sans dossiers ou mal disposés, donc inutilisés, des amphitéâtres au bord de l’isère, qui ont coûté une fortune mais sont non utilisés… je passe sur de nombreux autres exemples. Enfin, vous n’aimez pas qu’on mette la faute sur les autres, mais il faut bien avouer que le chomâge, le désinvestissement et la crise n’est pas apparu avec l’élection de Piolle. Une preuve de plus qu’il faudrait écouter les solutions de la majorité en place, tout aussi légitimes. Et arrêter avec le déni croissanciste : le système actuel est en faillite depuis 40 ans.

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    • Je partage en partie votre analyse, mais elle masque tout de même une réalité.
      Pourquoi Chanut ou globalement le BTP critique ? parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire ?
      Ne pas entendre cela c’est irrespecteux.

      Si le BTP désigne effectivement E.Piolle explicitement il y a une raison, il n’y a quasiment rien de neuf comme projet: la refonte des projets de l’ancienne municipalité déclenchent systèmatiquement des mois de non action.
      Le mandat a démarré il y a plus d’un an, croire que l’embellissement de la ville va créer de l’emploi, c’est plutôt une redistribution des taches de employés municipaux, idem pour les « autoroutes » cyclistes.
      Ne pas confondre un projet simple avec le gigantisme, c’est ce que je critique, tout est amalgame…

      Ce que je condamne c’est la méthode qui finit par se retourner contre la municipalité elle-même. Refuser d’admettre que le projet de l’esplanade cristallise encore davantage les deux blocs « pour » et « contre », ne pas admettre que le projet ARaymond Berriat implique une vraie concertation, considérer que la refonte de Mistral fonctionne actuellement, c’est tout simplement refuser d’admettre que la méthode n’y est pas. Sous motifs de concertations ou de recours, les projets ne naissent pas.

      Je crois en la croissance personnellement, voilà ce qui nous oppose.

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  2. Caro la SCI Peugeot c’est la faute des autres, visiblement votre technique, ou bien le projet d’aménagement qui n’a pas été mené par la Municipalité ? Bizarre quand même quand on signe les autorisations d’urbanisme. Mais bon la comm Piolle c’est la faute des autres.

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    • je n’ai pas dit que c’était la faute des autres, j’ai demandé quel était son rôle que je ne connais pas. Merci de m’avoir si aimablement répondu !

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  3. Et voilà. Les personnes qui soutiennent Piolle aveuglement remettent toujours la faute aux autres.

    Ancienne mmunicipalité, l’Etat, «  » c’est pas ma faute «  » argument inconcevable lorsque l’on est majoritaire…la réalité c’est celle de l’article: recours, critique du passé, attente interminable de prises de position, …. Des recours. « Des remises à plat » dans le jargon Piolle. « Des concertations citoyennes » certes, ce que j’ai lu sur le collectif de l’esplanade doit donc faire encore réfléchir puisque malgré « les remises à plat du projet » les discussions restent fortes dans le quartier. Décider d’agir (et non d’attendre) c’est accepter de ne pas plaire à tout le monde. La concertation a une limite lorsqu’elle finit par enterrer mes projets ou tellement les différer que les problèmes finissent par se déplacer lorsqu’enfin un projet finit par aboutir.
    Le problème principal Caro c’est l’emploi.
    Vous semblez bien connaître l’équipe municipale. Je vous invite sincèrement à voir globalement la situation. En appréciant les projets, leurs apports sur les réductions de consommation, les productions vertes, l’emploi, pour espérer dans un mandat faire autre chose que de la communication sur la publicité ou la journée des tuileries. Je vous assure que la profession doute fortement. Ce qui n’était pas le cas il y a un an. Pour changer les idées des gens maintenant il va falloir changer de régime. Agir devient urgent. Agir c’est avancer et ne pas remettre la faute sur les autres ou plaider la cause de la concertation. Dans les faits il ne se passe pas grand chose à Grenoble hormis des grands coups médiatiques. Travaillant à Voiron, je ne peux pas laisser dire qu’en un an rien n’est possible même s’il y a un changement de majorité. Les choses se sont accélérées sur place et dans la CAPV.

    C’est une question de choix et de priorité.

    J’ai donc noté que la priorité à l’emploi netait pas celle du Maire de Grenoble.

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    • « J’ai donc noté que la priorité à l’emploi netait pas celle du Maire de Grenoble. »
      excusez-moi, vous avez tout faux. Je préfère une équipe qui réfléchit à l’avenir plutôt qu’une qui veut faire n’importe quoi, comme la bulle de Roybon qui, si elle se fait, fournira des emplois à 12 h / semaine ce qui est largement insuffisant pour vivre.
      J’ai noté, moi, par exemple, qu’en ce qui concerne l’Esplanade, vous vous asseyez sur la pétition qui a réuni plus de 20 000 signatures dont plus de 10 000 signatures de grenobloises et grenoblois. C’est une drôle de conception de la démocratie !
      Vous jugez de l’extérieur, vous ne connaissez pas la ville et les rapports avec la METRO en ce qui concerne la construction de l’habitat
      http://www.lametro.fr/911-les-missions-de-grenoble-alpes-metropole.htm
      Au moins, à Grenoble, la mairie n’ira pas célébrer la bataille de Camerone !
      http://grenoble.indymedia.org/2015-05-02-La-mairie-de-Voiron-entend
      Chacun son truc … 😉

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      • Caro caro…décidément vous préférez fuire les arguments grenoblois ou distraire votre contradicteur par d’autres dossiers. Je ne parle de CP je suis contre le projet tant que la question de l’eau ne sera pas réglée. Pour l’emploi je vous laisse à vos certitudes.

        Pour revenir a Grenoble, sujet de nos échanges je vous le rappelle, je faisais référence au collectif de l’esplanade après que la nouvelle municipalité a tenté de revoir le projet. Et ce qui devait arriver arriva. Le collectif s’est emu du peu de concertation sur l’îlot Peugeot. Et des contestations citoyennes apparaissent. Je suis administré de Grenoble et je suis cela avec attention. Je travaille a Voiron. Je regarde la place le soir en rentrant. Un an…un an de dialogue et de recours sans rien, voire même pire de nouvelles revendications différentes de celles avant les élections. Et toujours la même place.

        C’est bien de discuter en Conseil Municipal mais les problèmes des grenoblois sont assez proches de ceux des français. L’emploi est la clé de voûte.

        Continuez donc à réfléchir, d’autres s’impatientent et finiront par agir avec ou sans vous. Écouter le mécontentent c’est un acte digne en politique. Refuser que Piolle déçoit par un élan qui s’essouffle, ne pas entendre le BTP en crise, deux collègues viennent de perdre leur travail, nous attendions un beau projet vers l’Abbaye qui ne vient pas… si c’est assumé comme vous le suggérez alors ok, cependant que les foudres tomberont tôt ou tard.

        Écoutez simplement au lieu de croire que les gens vous veulent du mal et pensent pas comme vous. Je vous rappelle que je suis contre le CP de Roybon par exemple. Il faut savoir écouter.

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      • Antoine, je croyais qu’il y avait une SCI Peugeot … que fait-elle donc ? à quoi elle sert ?

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  4. Caro, si vous ne defendez pas l’emploi dont acte. Oui je vois des emplois en jeu. Allumez votre télé, vous verrez la première préoccupation aujourd’hui c’est l’emploi.

    Le chômage est historiquement haut. C’est comme ça. Je comprends alors le programme de Piolle: pas de ppriorité à l’emploi, de la comm, pas de projets, et de toutes façons si projet en construction alors plaider la cause environnement.

    Depuis quand construire des bâtiments BBC comme ceux qui étaient prévus pour l’esplanade ne seraient pas une bonne équation environnement emplois ? Depuis quand les sempiternels bouchons de l’A480 seraient ils moins desastreux que les travaux d’élargissement de cette meme voie ? L’argument environnement est plaidé à souhaits même pour des projets qui respectent des engagements de réduction de consommation, d’intégration de production verte (comme les panneaux photovoltaïques de feu l’esplanade), etc…alors quand il y a une place bitumée comme l’esplanade et que vous dites à des travailleurs du BTP que la renover avec un habitat durable est une aberration je vois deux choses. D’une part la comm bien huilée d’un elu non largement élu qui surfe sur des raccourcis, d’autre part le manque de considération pour des honnêtes travailleurs qui construisent l’habitation de demain…

    Là où les logements sociaux manquent hormis dans les villes comme Corenc ou Meylan c’est d’abord à Grenoble. Car dans les grandes villes de la Metro ramenées au pourcentage de population Fontaine St Martin d »Heres Echrirolles Pont de Claix font figures de bonnes élèves par rapport à Grenoble.
    Ce que dénonce l’article c’est plutôt le manque de programme de Piolle qui remet toujours à plus tard le concret et qui préfère dire que c’est la faute des autres. Comment font donc les communes que j’ai citées pour avoir des grues qui construisent ?

    Piolle fait une grave erreur en s’imposant à travers des recours. Les salariés du BTP parlent. Et les sous traitants aussi. Associer environnement contre BTP est indigne et constitue un manque profond de considération à la profession.

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    • Antoine, il faudrait que vous relisiez les 120 propositions qui ont permis à Piolle et son équipe de gagner les municipales, notamment la proposition 80 qui dit :
      « 80 Remettre à plat tous les grands projets urbains
      ZAC Esplanade, Flaubert, le projet de Presqu’île, Lesdiguières, la rénovation de la Villeneuve, autant de projets sur lesquels nous reviendrons non par immobilisme mais pour conduire une véritable concertation avec les habitants, et examiner leur conformité avec notre projet de ville : lutte contre la spéculation immobilière, habitat social, mixité sociale, équipements, services publics et activités diverses à l’échelle des quartiers, densité acceptable, sobriété énergétique, végétalisation. Nous proposerons un projet alternatif sur l’Esplanade avec de nouveaux logements et la préservation de la grande Esplanade. »

      Ce n’est pas en 1 an que la municipalité a pu instaurer la concertation avec les habitants, mais ça se fera et l’Esplanade sera construite avec un visage humain et pas le gigantisme prévu par l’ancienne municipalité.
      Pour une fois qu’on a un politique qui fait ce qu’il a promis !
      Vous pourriez regarder les propositions sur l’habitat
      http://unevillepourtous.fr/le-projet/ville-taille-humaine-des-quartiers-ou-il-fait-bon-vivre/
      Donc, il le fera. Les autres municipalités n’ont pas changé de bord et donc il leur a été facile de continuer ce qu’elles avaient commencé.

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  5. « Gouverner c’est choisir, il faut assumer ses choix d’arrêter des projets ».
    C’est exactement ça. E. Piolle a été LARGEMENT élu aussi sur les propositions, entre autres, d’arrêter le plan de construction de l’Esplanade, une vraie aberration, sur la non construction de l’A51 et autres projets ridicules qui obéreraient notre avenir.
    Les opposants s’en fichent complètement. Ce qu’ils voient ce sont des emplois … qu’importent les conséquences des constructions, une fois qu’elles auraient détruit la nature ?
    Il y a d’autres constructions à mener, notamment des logements dont des logements sociaux qui manquent dans bien des villes de la Metro. Ca ce serait une reprise du BTP utile et c’est là qu’il faut trouver des sous, alors que l’Etat se désengage.

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    • Ce ne sont pas uniquement « les opposants qui voient l’emploi », mais surtout les demandeurs d’emploi.
      Et comme dit plus haut par Antoine, attention aussi aux raccourcis « batiment alors pollueur » car bâtiment c’est aussi efficacité énergétique et production locale surtout pour le neuf.
      L’article porte spécifiquement sur BTP et les recours de la majorité municipale.

      L’argument que vous retenez du social est une autre question, notamment sur son financement car ce n’est probablement pas là que l’Etat est vraiment à critiquer sur les efforts qu’il maintient en matière de fiscalité propres au financement du logement social. La vraie question concerne l’utilisation des réserves foncières des collectivités locales, et l’application de la loi SRU très aléatoire suivant les communes. Grenoble est en effet en dessous de la barre de 25% pourtant attendus.

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    • Je ne pense pas avoir mentionné que Grenoble comblera son déficit de logements sociaux en 1 an. Je dis simplement qu’au moins un nouveau projet autres que ceux déjà discutés ou engagés aurait au moins pu voir le jour…

      Je dis aussi simplement que ce n’est pas à force de recours que l’on soldera le déficit de logements neufs au sens large dans Grenoble, car les recours ne font faire qu’accentuer les délais, font mettre des entreprises dans des situations délicates, bref, je ne suis pas sûr que le BTP soit la bonne cible de critiques surtout côté batiment (peut être plus côté travaux publics).

      Je dis enfin que le parc de logement de Grenoble est énergivore avec un parc densifié depuis les années 60 (peu d’isolation), et que le principe même de la loi ALUR (pour résumer la loi de Mme DUFLOT) était d’encourager la renouvellement du parc de logements à un rythme initial de 450 000 à 500 000 logements par an pour atteindre des objectifs de réduction des consommations. Ces chiffres ne sont pas atteints, et dans les villes où la majorité EELV pourrait à minima essayer de respecter les engagements des parlementaires d’EELV, on préfère chercher, on attend, on verra, et on ne prend aucune décision concréte, donnez m’en une nouvelle car j’ai cherché en vain…

      Ne me dites pas qu’en un an il n’était pas possible de réétudier des zones de 300 à 600 logements pour les rendre compatibles avec les engagements politiques. Une étude prend en gros 2 à 3 mois, après avoir décidé de la lancer…bref…

      Avez vous regardé le rapport de l’INSEE sur la précarité en Isère ? vous réaliserez que les logements neufs économes dans la ville centre permettraient de réduire la double peine des gens condamnés à habiter loin de Grenoble à cause de loyers élevés (rappelons que la loi Pinel permet de plafonner les loyers), et à cause de trajets aussi longs qu’encombrés (d’où des surconsommations) avec des véhicules pas toujours économes.

      Et je ne dis pas que c’est facile, mais tout de même, rien de nouveau, alors même que vous faites référence effectivement à des engagements de campagne (de la communication…) sans réaliser que rien n’a vraiment avancé. Je vous invite à relire quelques post échangés, je vous avez indiqué que le BTP commençait à grogner, mais cette fois c’est nettement plus fort. Il faut bien relire les arguments mentionnés, notamment ceux de Chanut (qui a de nombreux réseaux…je pense que vous le savez).

      Les compétences de la Métro en matière de logement: mais arrêter, une nouvelle fois vous remettez la faute ailleurs.

      Alors je vais vous expliquer pour que vous alliez vérifier auprès de vos camarades avant de dire des contre-vérités : L’instruction des certificats d’urbanisme restera du domaine communal in fine, la métropole ne les instruira pas, elle conservera la vision des schémas directeurs (PLUi notamment), à date les communes fonctionnent par conventionnement et conserveront en propre l’instruction du AU et CU. Les élus sont en conséquence responsables de leur trajectoire dans le nombre de CU et AU accordés, alors qu’attendent-ils ?

      Je n’ai rien d’autre à rajouter, vos arguments se sont écartés de l’article:
      – Les arguments mentionnés dans l’article pointent clairement des doutes autour des recours et des délais associés,
      – l’emploi peu délocalisable du secteur est maintenant en sursis.
      – Faire la transition énergétique, donner un toit, introduire des énergies vertes, se ferra en premier lieu sur le bâti…c’est un fait.
      Vous comprendrez naturellement que sur ces points précis, la Municipalité aura du mal à se justifier derrière des recours ou la consultation citoyenne quand on fera la bilan de la production nouvelle installée, des solution d’efficacité énergétique, de la précarité énergétique…

      Refuser d’entendre cette grogne, c’est faire ce que vous reprochez aux autres, de ne pas vous entendre. On ne peut pas toujours se soustraire à ses responsabilités.

      Il est vrai que le BTP a un pouvoir de conviction à travers ses réseaux, mais aussi un pouvoir de nuisance que le Maire devrait entendre, je rejoins Antoine sur ce point.

      Sincérement je suis sûre que le Maire ne veut pas mettre des salariés du BTP en difficulté mais dans les faits c’est pourtant ce qui arrive. Alors même que les leviers sont possibles, vous le réalisez j’espère ?!

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  6. Ce qui dévait arriver arriva. La grogne du BTP couvait dans les couloirs de Grenoble, aujourd’hui elle est affirmée, et c’est vrai que les recours et les délais qui s’allongent inquiétent.
    Ces signaux inquiétent les salariés, il y a beaucoup de PME, d’artisans, ces gens qui travaillent dans la cuvette, les emplois sont ici…

    Comme je le mentionnais dans un autre commentaire, le vrai problème est évidemment le risque sur l’emploi, un emploi nombreux et connecté à des nombreux autres secteurs, car le BTP fait vivre le fabricants de matériaux, les comptoirs locaux, les organismes bancaires, prépare la transition énergétique avec le renouvellement du bâti, prépare l’accroissement démographique etc…

    Certains marchés ont même été attribués, mais non opérés ! les entreprises attributaires ont embauché du personnel sauf que sans date pour l’execution du marché, sans réalisation concrète comment vont-elles pouvoir conserver leurs salariés ?
    L’exemple de l’éclairage public de Grenoble attribuait à Citéos est suffisamment illustratif: Opéré pendant 6 mois par GEG suite à un énième recours, il a finalement été confié à Citéos (même si je ne cautionne pas le choix de le donner à Citéos), ce marché a nécessité des embauches chez Citéos, les recours ont pris 6 mois depuis octobre dernier, pour rien si ce n’est donner le marché rigoureusement le même que 6 mois avant en avril 2015 ; entre temps Citéos a du gérer l’activité de ses salariés. Et en parallèle, GEG conserve heureusement ses salariés, Piolle crée une régie de contrôle de l’exercice de l’éclaira public, et personne ne sait concrétement comment payer ces surcouts…

    Je crois finalement que cette approche pourrait être mieux organisée, moins traitée dans l’amateurisme et donner un plan d’investissement clair pour le mandat avec de vraies analyses couts bénéfices qui intégre l’emploi, la fiscalité, l’impact environnemental, les productions renouvelables, les réductions des consommations avec des meilleures isolations…

    Cet appel du BTP doit effectivement être entendu, même je suis certaine que la municipalité ne veut pas détruire de l’emploi, la forme d’instruire ses propres dossier est une vraie source d’inquiétude car les recours sont effectivement trop nombreux (je n’ai jamais vu ça personnellement en 20 ans d’engagement politique et ceci peu importe les courants) conduisent au final à l’inverse de ce qui est recherché et met comme le souligne l’article le BTP en vraie difficulté.

    Espérons que le pragmatisme pourtant cher à Piolle dans sa comm se concrétise dans les faits.

    Au pire, la Métropole pourra peut être l’aider. Mais c’est une autre histoire.

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  7. Article effectivement bien réel avec des grincements forts dans le BTP mais aussi du côté des investisseurs prêts à s’engager dans des PPP. Les arguments de comm sont maintenant derrière nous, les recours trop nombreux pour gagner du temps, c’est trop il y a des emplois en jeu, les salariés du BTP sont plutôt des populations ouvrières et la trajectoire politique de la Municipalité angoisse.

    Ce qui se sentait devient effectivement une critique relayée au quotidien de nombreuses catégories professionnelles dans BTP. Rappelons au passage que ces emplois sont peu delocalisables.

    Entendre ce raz le bol, c’est renouer avec certains électeurs aujourd’hui en plein questionnement sur la politique de Piolle.

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