Grenoble : une journée avec les Roms au coeur du bidonville

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REPORTAGE – Avenue Edmond-Esmonin, à Grenoble, plus de 300 personnes vivent dans des cabanes de bric et de broc, à proximité de la friche industrielle Allibert, tout près d’Échirolles. Parmi cette population d’exclus, une grande majorité de Roms. Focus sur cette micro-société qui s’est organisée dans la précarité.

 

 

 

Bidonville avenue Edmond Esmonin à Grenoble avec des cabanes dans un camp abritant des Roms et des sans abris © Joël Kermabon - placegrenet.fr

© Joël Kermabon – placegrenet.fr

 

Première chose qui frappe aux abords du camp, visible depuis le rond-point Pierre et Marie Curie : l’odeur. Alors que le soleil montre tout juste ses rayons, un épais nuage de pol­lu­tion flotte au-des­sus des habi­ta­tions de for­tune. Des tentes, mais aussi des cabanes construites avec des objets hété­ro­clites de seconde main…

 

 

 

Bidonville avenue Edmond Esmonin à Grenoble avec des cabanes en palettes de bois et des cheminées bricolées dans un camp abritant des Roms et des sans abris © Joël Kermabon - placegrenet.fr

© Delphine Chappaz – placegrenet.fr

Au milieu des toits plats, entre bâches plas­tique et planches en bois, de la fumée noire s’é­chappe de tubes métal­liques et d’anciennes gout­tières recon­ver­ties en conduits de che­mi­nées ban­cales. A l’arrière-plan, un homme conso­lide son abri avec le des­sus d’une vieille table, tel un équi­li­briste sur une poutre.

 

 

Un talus en terre d’un mètre de haut sépare le cam­pe­ment infor­mel du flot des auto­mo­biles. De quoi offrir un sem­blant d’intimité, dans ce camp où le quo­ti­dien se déroule à la vue de tous. Juché sur une pierre, un petit gar­çon guette les va-et-vient en man­geant un bout de pain, les doigts cou­verts de suie. Ici, les enfants comme lui sont légion. Une joyeuse four­mi­lière qui s’amuse avec des bal­lons, des vélos, grimpe et cha­hute au milieu des ordures, nom­breuses.

 

 

 

 

« Ça devient vite un vrai bidonville ! »

 

 

 

Au fond d’une impasse, deux blocs de béton marquent le début de la zone gérée par le Centre com­mu­nal d’ac­tion sociale (CCAS) de Grenoble. Autrement dit, les familles prises en charge par la ville. En décembre 2013, le centre com­mu­nal a en effet décidé d’hé­ber­ger les per­sonnes mises à la rue, suite à la fer­me­ture de foyers ou de centres auto­gé­rés, comme le squat de l’ancien res­tau­rant Moulissimo à Saint-Martin‑d’Hères.

 

Des enfants jouent sur un parking devant le camps du CCAS à Grenoble qui héberge des Roms et des sans-abris.

Blocs de béton mar­quant le début de la zone gérée par le Centre com­mu­nal d’ac­tion sociale (CCAS) de Grenoble avec, au fond, les sani­taires. DR

 

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