Premier tour des élections : le FN perce en Isère

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DÉCRYPTAGE – Ce dimanche 22 mars, avait lieu le premier tour des élections départementales. En Isère, cette journée électorale a réservé son lot de surprises avec notamment l’élimination, dès le premier tour, à Bourgoin-Jallieu, d’Alain Cottalorda, le président du Conseil général. A l’image de la tendance nationale, la droite et le Front national ont connu une forte augmentation. Le point sur les principaux résultats dans le département et, plus précisément, dans l’agglomération grenobloise.

 

 

 

Des électeurs choisissent leur bulletin dans un bureau de vote dans Grenoble à l'occasion des élections départementales 2015 © Muriel Beaudoing - placegrenet.fr

Des élec­teurs choi­sissent leur bul­le­tin dans un bureau de vote de Grenoble au pre­mier tour des élec­tions dépar­te­men­tales. © Muriel Beaudoing – placegrenet.fr

Ce dimanche 22 mars, les élec­teurs étaient appe­lés aux urnes pour élire leurs conseillers dépar­te­men­taux. En Isère, le scru­tin a été mar­qué par un taux de par­ti­ci­pa­tion en hausse (38,85 % à 17 heures) par rap­port aux der­nières élec­tions de 2011 (33,32 %), mais infé­rieur à la moyenne natio­nale (42,98 %).

 

Autre ten­dance, le Front natio­nal enre­gistre une forte pous­sée dans le dépar­te­ment. Le parti de Marine Le Pen sera ainsi pré­sent au deuxième tour dans 18 can­tons sur 29 et est aussi qua­li­fié dans tous ceux du Nord-Isère. Mais le coup de théâtre de cette soi­rée élec­to­rale reste sans aucun doute l’élimination, dès le pre­mier tour, d’Alain Cottalorda.

 

Le pré­sident du Conseil géné­ral de l’Isère, qui se pré­sen­tait aux côtés de Meryem Yilmaz dans le can­ton de Bourgoin-Jallieu, arrive en troi­sième posi­tion (avec 22,7% des suf­frages). Le duo UMP Vincent Chriqui – Evelyne Michaud arrive, lui, en tête avec 33 %, juste devant le binôme du Front natio­nal, mené par Robert Arlaud et Michèle Greck (27 %). Un bien mau­vais signal pour le PS isé­rois qui a aussi connu quelques dif­fi­cul­tés dans l’agglomération gre­no­bloise.

 

André Vallini secrétaire d'état à la réforme territoriale et Frédéric Cottalorda président du conseil général de l'Isère

André Vallini et Frédéric Cottalorda. (archive) © Frédéric Pattou – CG38

 

 

 

André Vallini en ballottage à Tullins

 

 

L’autre can­ton à sur­veiller était celui de Tullins, où se pré­sen­tait André Vallini, pré­sident pen­dant treize ans du Conseil géné­ral de l’Isère. Le binôme d’Union de la gauche, mené par l’actuel secré­taire d’État à la Réforme ter­ri­to­riale et Amélie Girerd, est arrivé en tête avec 40,87 % des voix. Il sera opposé au second tour au duo du Front natio­nal formé par Bruno Desies et François Jacqueline qui recueille 24,65 % des suf­frages.

 

Ballottage aussi dans le can­ton de Voiron, où le maire Julien Polat (UMP) et son binôme Anne Gérin (UDI) arrivent en tête de ce pre­mier tour avec 38,9 % des voix, juste devant le binôme PS – Divers gauche de Jean-François Gaujour et Johanne Vial (27,2 %).

 

 

 

 

Grenoble : un vote majoritairement à gauche

 

 

 

Début du dépouillement des bulletins de vote dans un bureau de vote dans Grenoble à l'occasion des élections départementales 2015 © Muriel Beaudoing - placegrenet.fr

Début du dépouille­ment des bul­le­tins de vote dans un bureau de vote de Grenoble, dimanche 22 mars 2015. © Muriel Beaudoing – placegrenet.fr

A Grenoble, sans sur­prise, les élec­teurs ont majo­ri­tai­re­ment voté à gauche. C’est notam­ment le cas du can­ton de Grenoble 1, où le duo Divers gauche formé par Nadia Kirat et Benjamin Trocmé arrive en tête avec 31,49 % des voix, juste devant l’Union de la gauche, menée par Pascal Garcia et Hakima Necib (23,32 %).

 

Même constat dans le can­ton de Grenoble 2, où le binôme de l’Union de la gauche, mené par la can­di­date sor­tante Christine Crifo et Pierre Ribeaud (29,55 %), sera opposé dimanche pro­chain à celui de l’Union de la droite de Nathalie Béranger et Stéphane Dupont-Ferrier (26 %).

 

Dans le can­ton Grenoble 3, le binôme Divers gauche, mené par le can­di­dat sor­tant Olivier Bertrand (EELV) et Véronique Vermorel (Divers), arrive en tête (28,89 %), devant l’Union de la gauche (23,34 %) de Pierre Arnaud et Laure Masson.

 

Dans le der­nier can­ton de Grenoble, le numéro 4, Amandine Germain, can­di­date sor­tante qui forme le duo d’Union de la gauche avec Jean-Loup Macé (27,26 %) retrou­vera au pro­chain tour Salima Djidel et Alain Dontaine du Rassemblement des citoyens (24,61%).

 

A Meylan, fief de l’UMP, la droite menée par Agnès Menuel et Jean-Claude Peyrin, pré­sident de l’UMP Isère, arrive en tête avec 39,6 % des voix, sui­vie du binôme Divers gauche – PS d’Agnès Rolin et Olivier Véran (député de la pre­mière cir­cons­crip­tion de l’Isère) qui recueille 29,7 % des suf­frages.

 

 

 

 

Agglo grenobloise : des bastions communistes menacés ?

 

 

 

Échirolles, bas­tion com­mu­niste, a voté sans sur­prise majo­ri­tai­re­ment à gauche. Le binôme d’Union de la gauche mené par Daniel Bessiron et Sylvette Rochas (35,28 %) sera opposé au second tour au binôme Front natio­nal (27,37 %), repré­senté par Alexis Jolly et Marie-Agnès Vouriot.

 

Urne avec des bulletins de vote dans un bureau de vote dans Grenoble à l'occasion des élections départementales 2015 © Muriel Beaudoing - placegrenet.fr

© Muriel Beaudoing – placegrenet.fr

Dans le can­ton de Saint-Martin‑d’Hères, autre fief de la gauche, le second tour oppo­sera la gauche au Front natio­nal. Le binôme d’Union de la gauche, mené par Françoise Gerbier et David Queiros (maire de Saint-Martin‑d’Hères), arrive en tête au soir de ce pre­mier tour (35,3 %). Plus de 10 points der­rières, le binôme FN mené par Béatrix Bolvin et Patrice Collomb-Muret est aussi qua­li­fié pour le scru­tin du 29 mars.

 

En revanche, le can­ton de Pont-de-Claix n’a pas résisté à la pous­sée du Front natio­nal. Amandine Mounsif et Etienne Zolfaghar (FN) arrivent en tête avec 26,94 % des voix devant l’Union de la droite de Pierre Gimel et Sandrine Martin-Grand (25,67 %). L’Union de la gauche, repré­sen­tée par Sam Toscano et Pascale Virot, arrive en troi­sième posi­tion (21,31 %).

 

 

 

 

Des scénarios gauche – FN ou gauche – droite dans le reste de l’agglo

 

 

Pas de sur­prise dans le can­ton Fontaine-Seyssinet où l’Union de la gauche de Khadra Gaillard et Guilaume Lissy arrive en tête avec 36,50 % des voix. L’Union de la droite repré­sen­tée par François Gilabert et Marie-Noëlle Strecker arrive en deuxième posi­tion (26,29 %).

 

Christian Coigné quitte l'UDI

© Nils Louna / placegrenet.fr

Dans le can­ton numéro 7, celui de Fontaine-Vercors, le duo Divers Droite/UDI mené par Chantal Carlioz et Christian Coigné, arrive en tête avec 37,41 % des voix, juste devant le binôme PS/Divers gauche de Yannick Belle et Jackie Bonnieu-Devaluez (24,45 %).

 

A contre-cou­rant, les élec­teurs du can­ton de l’Oisans Romanche ont majo­ri­tai­re­ment voté à gauche. En effet, le binôme PS mené par Laure Quignard et Gilles Strappazzon arrive en tête (33,98 %), devant Grégory Manoukian et Véronique Pianina, can­di­dats du Front natio­nal qui recueillent 25,93 % des voix.

 

Même constat dans le Moyen Grésivaudan, où l’Union de la gauche (Bernard Michon et Flavie Rebotier) arrive en tête avec 28,70 % des voix, devant l’Union de la droite (Lucile Ferradou et Maxime Le Pendeven) qui recueille 23,32 % des voix et le Front natio­nal (19,15 %).

 

Le second tour des élec­tions dépar­te­men­tales aura lieu ce dimanche 29 mars. L’Isère pour­rait alors bas­cu­ler à droite.

 

 

Maïlys Medjadj

 

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 3
  1. sep article
  2. Aucune objec­tion à oppo­ser à ces obser­va­tions, qui ont une por­tée natio­nale.

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  3. Le résul­tat du pre­mier tour était pré­vi­sible.

    La droite a su jouer l’u­nion, là où la gauche n’a pas su com­po­ser dans le ras­sem­ble­ment.

    Le réveil n’est pas facile avec la pré­sence du Front National au 2ème tour dans des can­tons « de gauche » his­to­rique.

    J’ai en tête la divi­sion :
    – j’ai vu le PCF tan­tôt uni avec le PS, tan­tôt en face à face, j’é­tais par­ti­sane à une fusion des listes de gauche, je regrette ces divi­sions, même si elles limitent la casse, le PCF n’ayant pas joué l’ar­bitre du second tour dans l’im­mense majo­rité du dépar­te­ment,
    – j’ai vu des can­di­dats du PS sor­tants non inves­tis deve­nus dis­si­dents face à d’autres can­di­dats du PS « réfor­miste » « éco­los com­pa­tibles » comme dans le can­ton du Président de la Métro Ferrari où le can­di­dat du PS aurait pu ras­sem­bler, et où il y a eu pour­tant 3 listes de gauche et une liste du ras­sem­ble­ment citoyen, résul­tat un duel droite FN au second tour,
    – j’ai en tête le soit disant « effet piolle au niveau du dépar­te­ment » avec des can­di­dats dans 25 can­tons, résul­tat, au final peut être 2 ou 3 can­tons en bal­lo­tage favo­rable pour EELV, le reste a fina­le­ment condamné la posi­tion du parti, le pla­çant d’un rôle déli­cat à expli­quer face à des listes de l’u­nion de la gauche qui ont perdu toute chance d’ac­cè­der à un second tour bien que lar­ge­ment devant le ras­sem­ble­ment citoyen, entrai­nant de facto la pré­sence du FN au second tour dans cer­tains cantons…résulat, l’ef­fet Piolle n’existe donc pas en dehors de Grenoble.

    Ces éle­ments sont fac­tuels, je m’é­tais expri­mée il y a quelques jours par ailleurs, je ne peux qu’être pro­fon­dé­ment attris­tée de voir que la droite a tiré les leçons du passé avec des unions solides, et que la gauche conti­nue des guerres de tran­chée aussi mal­adroites qu’ir­res­pon­sables face à une mon­tée du FN.

    Certains ne regardent d’ailleurs que le passé à gauche pour argu­men­ter la divi­sion, au lieu de regar­der com­ment tra­vailler en ensemble car l’a­ve­nir est incer­tain au niveau local ou natio­nal.

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