Initials B.B. : conversation avec Bertrand Belin

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Entretien – Le chanteur, compositeur et auteur Bertrand Belin nous parle de son concert à La Source de Fontaine (le vendredi 13 mars), de la manière dont il écrit ses chansons, de son premier roman Requin, paru aux éditions P.O.L…

 

 

 

Bertrand Belin  © Ph. Lebruman

Bertrand Belin © Ph. Lebruman

Chanteur, com­po­si­teur et… auteur

 

 

 

Au moment où nous conver­sons, le lundi 16 février, celui qui est sur­tout connu en tant que chan­teur com­po­si­teur est sur le point de rece­voir son pre­mier roman, Requin, dont la paru­tion est pro­gram­mée le 5 mars 2015. Pas vrai­ment éton­nant que Bertrand Belin se soit lancé dans l’écriture d’un récit de cette enver­gure. Et pas sur­pre­nant non plus qu’une mai­son d’édition de la trempe de P.O.L ait accueilli le désor­mais écri­vain.

 

« C’est une mai­son d’édition pres­ti­gieuse, c’est vrai, qui édite des auteurs, qui pour être assez éclec­tiques, ont tou­jours un souci très fort de la langue. Pour moi, la publi­ca­tion d’un livre n’est pas une chose anec­do­tique. C’est extrê­me­ment impor­tant dans ma vie. Il y a des années que j’écris et j’espérais un beau jour pou­voir publier un livre et plu­sieurs d’ailleurs, puisque que j’ai d’autres textes en cours. Je me bats depuis tout petit avec la langue fran­çaise. Je me bats pour la gra­vir, pour l’arpenter. Pour moi, la langue est un ter­ri­toire de conquête », confie Bertrand Belin, de son timbre grave si sin­gu­lier.

 

 

 

Le sens des mots

 

 

 

« Pour moi, il y a le monde, les arbres, les mai­sons, bref, la vie solide et il y a un autre monde, celui des mots, des livres, de la lit­té­ra­ture, de la poé­sie. Cet autre monde est comme un élé­ment : comme l’eau, le feu… J’y avance comme dans une jungle en essayant de connaître chaque coléo­ptère, chaque feuille, chaque méde­cine. Sans cela, je me noie­rais. »

 

À écou­ter ses chan­sons, on n’est guère étonné de la manière sen­suelle dont Bertrand Belin envi­sage l’écriture. Ses textes sonnent ainsi. On les devine façon­nés avec minu­tie. Il les dit le résul­tat d’une pous­sée. Une pous­sée simul­ta­née à celle de la mélo­die.

« Je ne vais pas me mettre à une table pour écrire un texte de chan­son. J’écris une chan­son avec une gui­tare sur les genoux, dans un pro­ces­sus de traque (au sens de chasse). C’est la chan­son qui s’écrit. Ce n’est pas la musique d’un côté et les paroles de l’autre. J’essaie d’être dans un mou­ve­ment un peu conjoint. »

 

 

 

Spontanéité et fantaisie

 

 

 

© Ph. Lebruman

© Ph. Lebruman

Le sieur chan­teur ne reven­dique donc aucune méthode – tant pis pour les appren­tis chan­son­niers – mais se réclame plu­tôt de la spon­ta­néité, jusque dans les inter­ven­tions qui ponc­tuent ses titres en concert. Car Bertrand Belin, sur la scène, peut se mon­trer fort drôle mais de cet humour nuancé qui emprunte à l’absurde et à la fan­tai­sie. Il parle quant à lui de « poli­tesse du déses­poir » avant de ras­su­rer, rieur, sur son état psy­chique : « Je ne vou­drais pas vous faire peur, tout va bien ! ».

 

Et d’ajouter, méfiant et un brin pince sans rire : « Mais ce sont des choses qui se passent en plus du concert. Ce n’est pas mon pro­pos. Je ne vais pas dire aux gens : “venez, je vais faire des blagues entre les chan­sons”. Parce qu’il se peut très bien que je n’en raconte pas. Par exemple, si c’est un mer­credi où il a fait trop chaud ou trop froid, je n’aurai peut-être pas envie… »

 

 

 

Un vendredi 13 à la Source

 

 

 

Avec un peu de veine, à la Source – la date (un ven­dredi 13) nous sera peut-être favo­rable –, l’homme sera d’humeur joviale, d’autant qu’il s’agira de la der­nière date de sa tour­née !

En tout cas, il jouera les mor­ceaux de son qua­trième opus Parcs, mais pas exclu­si­ve­ment. Quelques titres des trois pré­cé­dents albums feront quelques trouées dans la set­list. Et les musi­ciens qui l’ont accom­pa­gné sur l’enregistrement de Parcs seront là : la cha­ris­ma­tique bat­teuse Tatiana Mladenovitch (dont le timbre clair se marie si bien à celui du chan­teur), l’excellent cla­vier Olivier Daviaud (com­parse de longue date de Bertrand Belin) et, à la basse, le non moins doué Thibault Frisoni. N’oublions pas le chan­teur lui-même à la gui­tare. Il existe, indé­nia­ble­ment, une patte Bertrand Belin dans le jeu, d’une sub­ti­lité et d’un tou­cher que bien des gui­ta­ristes lui envient.

 

 

 

Adèle Duminy

 

 

 

Bertrand Belin, à La Source de Fontaine

Vendredi 13 mars, 20 heures

Concert de Bertrand Belin – 1ère par­tie : Yoanna

Plus d’infos sur le site de la Source.

Si vous vou­lez écou­ter quelques titres de l’album Parcs, ren­dez-vous sur le site de Bertrand Belin.

 

Requin, premier roman de Bertrand Belin

Éditions P.O.L

Parution le 5 mars 2015

 

 

 

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