FOCUS – Avant la présentation du programme de sa liste, Jérôme Safar, le candidat PS aux élections municipales, a présenté ce samedi 8 février un rapport commandé à Jean-Paul Angot, directeur de la MC2, et à Patrick Levy, président de l’université Joseph Fourier, intitulé « Pour une Ville forte de ses innovations, ses mobilités et sa diversité ». Objectif : être à l’écoute de la société civile.
Ils ont planché durant deux mois, à l’aide d’une dizaine de personnalités de tous bords, pour « émettre des recommandations concernant le futur Grenoble » à destination de Jérôme Safar et de sa liste. « Ce n’est pas un programme clé en main », explique Jérôme Safar, mais plutôt un travail visant à « enrichir l’aspect programmatique de la liste ».
Leur copie finale a été présentée ce samedi 8 février. Celle-ci contient trois « alertes », un terme qu’affectionne la tête de liste. « Ce terme d’alerte nous convient parfaitement, car même si un travail important a été fait depuis dix-huit ans, nous ne sommes pas dans la posture d’une liste qui aborderait les municipales de façon statique. Il s’agit bien au contraire de voir ce qui mérite d’être approfondi, parfois d’être travaillé, parce que ça ne l’a pas été suffisamment, ou éventuellement d’être modifié. »
Jérôme Safar parle d’un « contrat social qu’ils (les rédacteurs, ndlr) appellent de leurs vœux ». Pour Patrick Levy, le président de l’université Joseph Fourier, ces alertes sont, avant tout, des « pistes de réflexion ». La première d’entre elles est consacrée à l’innovation sociale. Patrick Levy met en garde : « l’innovation et la recherche, c’est un combat ».
Puis celui-ci de préciser sa pensée : « Il n’y a pas de fatalité aujourd’hui à ce que Grenoble soit un leader dans le domaine de l’innovation technologique, dans le domaine de la recherche scientifique ». Pour le président de l’UJF, l’innovation sociale « doit donner aux élus la capacité d’impulser, de faire en sorte que les habitants soient acteurs de l’innovation ». Donner au plus grand nombre la capacité de participer à l’émergence de l’innovation, c’est le challenge que souhaite voir relever cette première alerte.
Décloisonner Grenoble
La deuxième alerte s’attache à améliorer ce que le rapport nomme le « bien-être urbain ». Pour cela, Jean-Paul Angot, directeur de la MC2, souhaite « décloisonner » la ville. Autrement dit, « relier les quartiers les uns aux autres, de manière à ce qu’il n’y ait pas le centre-ville d’un côté et les quartiers excentrés de l’autre ».
Pour améliorer la vie à Grenoble, le rapport appelle aussi à la réalisation d’une « vélorution » et d’une politique culturelle d’envergure. Afin de développer le déplacement à vélo, le rapport note qu’ « il reste néanmoins un gros travail à faire sur l’aménagement de la voirie et sur le plan de la circulation, comme sur la diffusion des règles de sécurité et de cohabitation harmonieuse entre piétons, cyclistes, voitures, tram et bus ».
Concernant la culture, il s’agit encore de « décloisonner », « en connectant les grands établissements culturels » explique le directeur de la MC2. En partant du constat que « Grenoble dispose de beaucoup d’actions en matière culturelle mais n’est pas vraiment connue pour cet enjeu-là », Jean-Paul Angot souhaiterait aussi voir s’organiser un évènement culturel fort à Grenoble et à résonance nationale.
Enfin, le rapport souligne dans cette alerte que « le sport est une force de Grenoble ». Une force qu’il convient d’entretenir. « On peut encore plus mettre en avant ce qui a été fait dans le domaine du sport. Et on a la possibilité à Grenoble de coupler le sport professionnel avec le sport associatif et le sport universitaire, d’en faire un élément du lien social, un élément de l’identité de Grenoble » propose Patrick Levy. Concrètement, le président de l’UJF propose de « faire peut être de certains équipements sportifs des lieux de vie. Des lieux où le sport notamment de haut niveau serait un lieu de rencontre pour les habitants, un lieu d’échange. Un lieu où l’on viendrait pour voir un sport spectacle mais aussi pour échanger ».

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La méthode Safar
Jérôme Safar souhaite inscrire ce rapport dans le cadre d’une méthode qui privilégie le recours à la société civile aux querelles partisanes. « Les élus ne sont pas les seuls dépositaires de l’intérêt public » a ainsi rappelé Patrick Levy. Un constat que veulent partager Jérôme Safar et son équipe. Ce rapport en est une illustration. « Nous avons voulu recueillir la parole des Grenoblois, la parole de personnalités qui ne sont pas engagées sur la liste, ne sont pas colistiers mais qui sont bien évidemment attentifs à la vie municipale et au développement de notre ville » a expliqué Jérôme Safar. Pour cela, la tête de liste du Parti socialiste déclare avoir laissé carte blanche aux auteurs du rapport. « J’ai souhaité vraiment les laisser travailler. Je n’ai imposé ni un plan, ni des thèmes, ni les personnalités vers lesquelles ils se sont tournés ».
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